Lundi 01 Décembre 2008

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La chronique de Pem : La guerre froide ?

Nous, petits peuples coincés et écrasés entre les deux blocs de l'Est et de l'Ouest, croyions, avec grand soulagement et espoir, que nous nous étions définitivement éloignés de la guerre froide. Les temps d'aujourd'hui ne confirment plus tout à fait en nous ces raisons de nous réjouir…

Le jour / Jeudi 28 Août

La guerre froide, nous nous en souvenons toujours, c'est cette période d'inquiétudes permanentes, mi-guerre, mi-paix, qui a prévalu dès le lendemain de la Conférence de Yalta, en 1945, entre l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (Urss), d'obédience communiste, et l'Occident qui se revendiquait du système capitaliste. Près de cinquante ans de cette situation hypocrite et pleine de méfiance réciproque, où tous les coups, surtout les coups bas, étaient systématiquement permis. Les deux camps ennemis se parlaient pratiquement à coups d'espionnages et d'ultimatums. En 1962-1963, la 3 e guerre mondiale a été ainsi évitée de justesse, quand l'Urss, sous prétexte qu'elle volait au secours de ses amis " barbudos " de Cuba, fut bien mal inspirée, en prenant la lourde décision de chercher à installer à la Havane des missiles dont la portée suffisait pour atteindre le sud des Etats-Unis.

Avec Gorbatchev et la chute du Mur de Berlin, les grandes puissances et, avec elles, le monde entier, ont donné l'impression et même les garanties d'avoir recouvré un peu plus de sérénité et assez de raison pour cultiver la paix un universelle. Nous étions dans les années 90. Moins de vingt ans après, les mêmes grandes puissances, légèrement remodelées, retournent à la case départ. En effet, à bien des signes, on se rend compte qu'elles plantent à nouveau le même décor sinistre dans lequel la guerre froide avait si longtemps fleuri… A l'heure qu'il est, la Russie de Poutine, par Dimitri Medvedev interposé, rêve ouvertement de redevenir l'empire respecté et craint qu'elle avait été du temps de Staline. La plupart de ses gestes et décisions tendent à le démontrer désormais. Voyons ! Quand on est une puissance immense, à tout point de vue, de la taille de la Russie, et qu'on se donne tant de peine- jusqu'à faire la guerre - pour reconnaître comme Etats indépendants, des bouts de terre territorialement géorgiens, comme l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie qui, à elles deux, ne comptent même pas un million d'habitants et ont une superficie large comme une langue de chat… Ce n'est pas du tout innocent. Au contraire, un tel geste ressemble, en matière de diplomatie, à la fois, à une provocation, à un défi et à une riposte. C'est une sorte de pied de nez, comme il en pleurait, quand la guerre froide battait son plein.

De leur côté, les Etats-Unis d'Amérique et leurs alliés ne se laissent pas conter. Certes, pour Washington, la pleine période électorale n'est pas le bon moment de réagir du tic au tac ou de hausser le ton. Mais, les Américains, ont quand même reconnu récemment le Kosovo indépendant, faisant fi des réticences russes. Leurs bateaux de guerre rodent dans les parages des ports géorgiens ; ils s'apprêtent à installer des missiles en Pologne et cherchent à récupérer au sein de l'Otan les Etats qui furent naguère les satellites de Moscou…

La guerre froide n'est sans doute pas encore de retour. Mais, Medvedev dit que ça ne lui fait pas peur, si l'on y retournait.

Patrice Etoundi Mballa

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