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Affaire Lapiro : Désistement des Brasseries
Les Brasseries du Cameroun se deconstituent partie civile dans ce procès. La SPM a porté plainte contre X, et réclame un milliard de dommage.
la Nouvelle Expression / Vendredi 29 Août
”J’ai reçu mandat des Brasseries du Cameroun/Tangui de se deconstituer partie civile dans ce procès ” Me Zacharie Woapi répond à l’audience de ce mercredi, à la citation servie à Tangui à l’ouverture du procès. Il a annoncé quelques minutes avant, a constitution pour la société brassicole.
Un silence de mort s’installe dans la salle d’audience du tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba. Le procureur s’étonne de ce revirement, surtout qu’à la deuxième audience, Me Delphine Siewe s’était déjà constituée partie civile pour la même société. Le président de la collégialité, Michel Ntyame Ntyame, tranche : “ Les brasseries sont libres d’avoir plusieurs conseils, nous retenons le mandat de Me Zacharie Woapi ”. Une étonnante volte-face des Brasseries du Cameroun qui ont vu leur centre de Mbanga détruit par les émeutiers en février dernier. La Nouvelle Expression a tenté de joindre sans succès Me Woapi pour un éclairage. Cette déconstitution corrobore les déclarations du chef d’agence des brasseries à Mbanga lors de l’enquête préliminaire, contenues dans l’ordonnance de renvoi de cette affaire. Il avait soutenu en avril dernier, que lors de la destruction des installations de la structure brassicole, il n’avait pas vu Lapiro parmi les casseurs.
Me Makembé de la SPM relève au cours de cette même audience que la société des plantations n’a jamais porté plainte contre Lapiro, mais contre X. Me Fidèle Teppi du collège de la défense de la SPM a requis la culpabilité de l’accusé et des dommages chiffrés à un milliard.
Réquisitoires et plaidoiries
Le procureur Bifouna Ndongo ouvre le bal des réquisitoires . Il fustige “ces éminents avocats qui font des sorties médiatiques enflammées alors qu’ils ne sont pas partie prenante dans ce procès”. “Ce n’est pas un procès politique, ce sont des infractions de droit commun ” martèle-t-il. Le substitut du procureur M.Obama revient point par point sur les affirmations des témoins à charge. “ Le maire a vu Lapiro donner l’ordre aux émeutiers de brûler la mairie, Sonné Emile l’a entendu galvaniser les casseurs ; que voulez vous de plus comme preuve ” s’indigne-t-il.
Après quatre heures de réquisitoires, le ministère public demande au tribunal de déclarer l’accusé coupable pour six infractions notamment pillage et complicité de pillage en bande, obstacle à la voie publique entre autres.
Des infractions que Me Mbami s’atèle à démonter ensuite. Il revient sur la déposition du sous-préfet qui avait déclaré avoir vu des benskineurs poser des barricades, et donc pas Lapiro. Me Manfo relève à son tour que “ la curiosité de ce dossier est la poursuite d’un complice, seul, sans co-acteur, ni auteur ”. Me Lévi Deffo ressortira cinq nullités qui auraient suffi à stopper les poursuites comme la non lecture des droits à l’accusé lors de son arrestation. L’affaire est mise en délibéré pour le 24 septembre.
Lapiro de Mbanga est arrivé à l’audience ce mercredi sans chaînes, accompagné de son épouse et de deux gardiens de prison. Très décontracté, le nouveau pensionnaire de la prison de Mbanga a eu le temps d’embrasser, deviser gaiement, faire des photos avec amis et fans sur le perron de la salle d’audience. Des postures qui contrastent avec les restrictions et autres fébrilités observées dans les premiers jours de cette affaire.
Carole Yemelong à Nkongsamba
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