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Têtes d’affiche : Les stars du gouvernement Inoni III
En raison de leur forte implication dans l’Opération Epervier, Amadou Ali, Laurent Esso, Mebe Ngo’o et Etamé Massoma sont apparus comme des ministres entièrement à part au cours des douze derniers mois.
Le Messager / Lundi 8 Septembre
Réputé discret dans la campagne en cours d’assainissement des mœurs publiques, David Etamé Massoma est plus que jamais sous les feux des projecteurs depuis la semaine dernière. Le ministre délégué à la présidence chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, en sa qualité de président du Conseil de discipline budgétaire et financière, a rendu public, les conclusions des assises de ce Conseil tenues les 26, 27 et 28 août 2008 à Yaoundé. Certains hauts cadres du ministère des Enseignements secondaires convaincus d’indélicatesses financières s’en tirent avec des amendes. D’autres sont mis à la disposition de la chambre des Comptes et autres instances judiciaires. Par ce communiqué, le ministre du Contrôle supérieur de l’Etat administre la preuve qu’il joue un rôle décisif dans l’Opération Epervier.
De fait, nombre de dossiers ayant déjà connu un aboutissement judiciaire ont été cuisinés par des inspecteurs d’Etat. Ainsi, avec le déclenchement de la nouvelle campagne de lutte anti-corruption, le Contrôle supérieur de l’Etat est passé de simple gadget à un maillon essentiel de la chaîne répressive. Les dossiers traités sont, à en croire des sources concordantes, acheminés vers le ministère de la Justice. Amadou Ali, le maître des céans, passe aux yeux de l’opinion pour la cheville ouvrière de l’Opération Epervier.
Vedette de l’ombre
Réagissant à la préoccupation d’un parlementaire par rapport au ralentissement des arrestations des prédateurs de la fortune publique, Amadou Ali révélait qu’une vingtaine de dossiers étaient prêts. Le 31 mars 2008, deux anciens ministres et non des moindres, Polycarpe Abah Abah (ex-ministre de l’Economie et des finances) et Urbain Olanguena Awono (ex-Minsanté) sont interpellés et conduits dans les locaux de la Police judiciaire.
Dans le puzzle gouvernemental de lutte anti-corruption, la police joue également un rôle important. Ce sont généralement les éléments du Gso (Groupement spécial d’intervention) qui “ capturent ” les mauvais gestionnaires préalablement ciblés. Toute chose qui donne une marge de manœuvre indéniable au délégué général à la Sûreté nationale, Edgar Alain Mebe Ngo’o. Toutefois, son capital de confiance serait passablement dilapidé à cause des fuites enregistrées dans l’instruction de certaines “ affaires ”.
Le quatrième levier de l’Epervier est une vraie vedette de l’ombre. Laurent Esso, le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République choisirait, en dernier lieu, les proies du rapace. La liste qu’il glisse dans le parapheur du chef de l’Etat est en principe inspirée du fichier que le Vice-Premier ministre, ministre de la Justice lui transmet.
Georges Alain BOYOMO
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