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Déguerpissement : Maffia au nom des handicapés
Les responsables de leur association ont mis sur pied un système de rente.
Le Messager / Lundi 8 septembre
Samedi 06 septembre dernier, à la Rue Flatters au quartier Bonanjo à Douala, la porte principale d’entrée du siège de la Coopérative des personnes handicapées du Cameroun (Coophacam) est grande ouverte. Des membres de cette association devisent par groupes. Le sol de la cour est jonché de nombreux débris de bois, contre plaqués et autres sculptures. La preuve d’une altercation qui s’y est produite 48 heures plutôt, entre les forces de l’ordre et le président national de Coophacam, Sylvanus Bâ. Comment en est-on arrivé là ? “ Il s’agit d’un problème de gestion des propriétés de l’Etat, à mettre en rapport avec la politique du gouvernement de lutte contre l’exclusion sociale et spécifiquement la protection de la personne handicapée. ”, explique Samuel Ndjock, délégué provincial des Affaires sociales dans le Littoral.
Il est descendu sur le terrain jeudi 04 septembre, en compagnie de son collègue des Domaines et des affaires foncières, pour constater l’occupation illégale de l’immeuble. “ Depuis trois mois, nous avons demandé à Coophacam de se conformer à la législation en vigueur, en se constituant en une association et en formulant une demande d’obtention des pièces justificatives de l’occupation des lieux. En vain. A partir de ce moment, je ne pouvais pas plaider en faveur de Coophacam ”, explique le délégué. Si Jean-Pierre Nkounou, le délégué provincial des Domaines et des affaires foncières dans le Littoral, a fait appel à son homologue des Affaires sociales, c’est dans l’optique d’une action concertée. Sachant que si cette coopérative occupait légalement les lieux, ses membres bénéficieraient désormais de la protection des Affaires sociales.
Sous-location
Du côté de Coophacam, on se défend d’occuper de manière illégale les bâtiments querellés. Pourtant une ultime correspondance du maire de Douala 1er, il y a un an et demi (19 juin 2007 ndlr) pense le contraire. “ Je viens d’être saisi par Monsieur le Premier ministre chef du gouvernement qui me demande de vous reloger dans un autre immeuble aux frais de la mairie selon mes propres engagements, car celui que vous occupez actuellement est désormais attribué. Aussi je vous rappelle les termes de nos divers entretiens à savoir proposer à la mairie un autre nouveau local pouvant abriter votre coopérative dont le loyer mensuel se situe entre 100 et 150 mille francs Cfa… ” M. Bâh Sylvanus a alors adressé au délégué provincial des Domaines dans le Littoral, il y a quelques semaines, une demande de régularisation de la situation de la coopérative. Là encore sans aucun écho favorable : “ Les enquêtes faites ont permis de confirmer que, en réalité, il y a plus de gens valides que de personnes handicapées qui vivent dans cette demeure. C’est probablement pour cela que le président de Coophacam, qui est un homme parfaitement valide, n’a jamais voulu que l’association soit sous la protection des Affaires sociales ”, poursuit le délégué.
C’est que, Sylvanus Bâ a sous-loué des espaces à des commerçants : salons de coiffure, boutique informatique, restaurants…Une vraie maffia s’est ainsi instaurée sur le dos des membres de Coophacam. Ce qui cause le courroux des neuf personnes handicapées qui occupent le domaine. Il faut rappeler qu’il y a quelques années, un autre président du Coophacam, aujourd’hui en fuite aux Etats-Unis, s’est fait une fortune au nom des personnes handicapées. Le délégué provincial des Domaines et des affaires foncières a sommé Coophacam de quitter les lieux au plus tard demain mardi 09 septembre 2008.
Jean-Célestin EDJANGUE
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