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Un an après : Inoni Ephraïm : le dernier sursis ?
Cité dans l’affaire Albatros, le Pm pourrait être réinvesti de la confiance présidentielle. Mais rien n’est sûr.
Le Messager / Lundi 8 Septembre
Sauf changement d’humeur ou de tactique, Paul Biya ne devrait pas remanier l’équipe gouvernementale avant début 2009. C’est ce que pensent certaines personnalités du sérail. Les mêmes sources indiquent que Inoni Ephraim ne devrait pas perdre son fauteuil de L’immeuble Etoile. L’actuel Premier ministre aurait encore de la cote auprès du chef de l’Etat. Toujours est-il que depuis le 7 septembre 2007, Inoni Ephraim est resté un Premier ministre … à responsabilité limitée. La formule usuelle de "Chef du gouvernement", est loin de la réalité de ses fonctions.
L’exemple des conseils de cabinet qu’il préside tous les derniers jeudis du mois est édifiant. Les usages arrêtés depuis qu’il est à l’immeuble Etoile voudraient que les intervenants lors des Conseils soient saisis avant. Cela permet ainsi aux collaborateurs du Premier ministre d’élaborer le texte qu’il va lire devant les membres du gouvernement, ainsi que le communiqué final. S’il y a souvent des débats, les ministres savent très bien que les solutions aux problèmes soulevés se trouvent plutôt à Etoudi. Du coup, certains vont jusqu’à manifester des signes d’indifférence vis-à-vis du Pm, notamment sur sa capacité à fixer le cap de la politique gouvernementale.
Fortes têtes
Au cours des douze derniers mois, Inoni Ephraim a fait face à de “ fortes têtes ” : Amadou Ali, Marafa Hamidou Yaya et dans une certaine mesure Edgar Alain Mebe Ngo’o. Le vice-Premier ministre, ministre de la Justice est le patron de l’Opération Epervier. Même si dans une interview accordée à la Bbc, le Pm prétendait qu’il la pilote sous le contrôle du chef de l’Etat. Dans l’Affaire Albatros, du nom de l’avion présidentiel acquis en 2004 dans des conditions opaques, le nom de Inoni Ephraim a été constamment, à tort ou à raison cité. Certains affirment même que le chef du gouvernement aurait été entendu.
Quant au ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, ses relations avec le Premier ministre ont toujours été tumultueuses. Depuis que certains analystes politiques ont répandu dans l’opinion l’information selon laquelle le poste de Premier ministre pourrait remonter dans le Grand nord, Marafa Hamidou Yaya ne se plierait plus en quatre devant le Premier ministre.
Enfin il y a le délégué général à la Sûreté nationale. Dans son rôle de super flic de l’Opération Epervier, Edgar Alain Mebe Ngo’o s’offre parfois des libertés qui échappent au Premier ministre. La médiatisation des différentes arrestations et autres informations judiciaires est à inscrire dans ce registre.
Nonobstant tous ces aspects qui fragilisent l’autorité de Inoni Ephraim, Paul Biya semble avoir remis en confiance son Premier ministre. La complicité affichée récemment à l’aéroport de Yaoundé Nsimalen lors du voyage du chef de l’Etat pour l’Europe plaide pour le sursis. Mais les apparences sont parfois trompeuses. Surtout avec Biya.
Jean François CHANNON
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