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Actualité

Cameroun - Politique - Anniversaire : La France accusée de génocide au Cameroun

Des Camerounais ont choisi la célébration du cinquantenaire de l’assassinat du leader politique Ruben Um Nyobé, pour dénoncer "le génocide français », a appris APA auprès des responsables politiques de l’Union des Populations du Cameroun (UPC).

APA / Samedi 13 septembre

"Le moment est venu pour que la France reconnaisse son génocide au Cameroun, et qu’elle répare le lourd tribut qu’elle a causé aux Camerounais", a déclaré le responsable local de l’UPC à Douala, le combattant Mboua Massock..

Le cinquantenaire de l’assassinat, par l’armée coloniale française, de Ruben Um Nyobé, ex secrétaire général de l’Union des populations du Cameroun (UPC), la plus vieille formation politique du pays créée en 1948, a été marqué samedi à travers le pays, par des conférences-débats, pour magnifier l’œuvre du nationaliste et revisiter la mémoire des leaders « upécistes ».

Ces militants nationalistes ont été physiquement éliminés par l’armée française également accusée de « massacres de populations camerounaise ». .

A travers des slogans, chants de ralliement et messages appelant "la France et ses suppôts à un devoir de mémoire", ces commémorations ont connu une réussite populaire à travers le pays.

D’après les organisateurs, "ce serait une erreur d’oublier le génocide français au Cameroun, car si l’on parle du génocide rwandais avec une forte implication de la France, la situation est identique au Cameroun, sinon plus", ont déclaré les leaders de l’UPC.

Cinquante ans après sa mort, Um Nyobé constitue, pour l’immense majorité des Camerounais, une icône de courage contre le pouvoir colonial, un "nationaliste pur teint", qui s’est opposé à la double colonisation britannique et française. C’est lui, qui avait, dès 1952, demandé l’indépendance du Cameroun, lors d’une intervention mémorable à l’ONU, prélude au soulèvement contre les forces d’occupation..

Le « charismatique et emblématique dirigeant politique » avait notamment déclaré que à la tribune des Nations Unies, que l’accession de son pays à la souveraineté internationale permettrait de « réaliser un programme politique pour l’émancipation du standard de vie des populations exploitées par des trusts coloniaux ».

Le massage avait été mal accueilli par la France qui lança dès lors, une chasse à l’homme, destinée à liquider les principaux leaders politiques de l’UPC, suivie de massacres de populations, principalement dans les régions du Littoral, de l’Ouest et une partie du Sud.

Traqué par les forces d’occupation, Ruben Um Nyobé fut abattu le 13 septembre 1958 à Libel li Ngoï, dans la région de la Sanaga-Maritime, localité située entre la capitale Yaoundé et Douala, la métropole économique.

Apparenté à l’idéologie communiste proche de la Chine et de l’Union soviétique, l’UPC fut également membre du Rassemblement démocratique africain (RDA), un regroupement "démocratique" des familles politiques se recrutant dans les ex colonies françaises.

Malgré la suspension du multipartisme au Cameroun en 1966 et la naissance du parti unique, l’UPC avait continué clandestinement ses activités, avant de reprendre une vie normale suite à la restauration du multipartisme au Cameroun en 1991.

Le parti de Ruben Um Nyobe est, aujourd’hui encore, présenté comme « l’âme immortelle du peuple camerounais », même si ses résultats électoraux le maintiennent dans l’opposition.

MBOG/ib/APA

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