Lundi 01 Décembre 2008

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Le couple présidentiel ovationné à New York

Le chef de l’Etat prend part dès aujourd’hui aux travaux de la 63e session ordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU.

Cameroon-tribune / Lundi 22 septembre

14h, ce samedi 20 septembre 2008,heure de New York. Soit 19H, heure de Yaoundé. L’avion ayant à son bord le président de la République et Madame Chantal Biya vient d’atterrir à l’Aéroport international John Fitzgerald Kennedy par un temps ensoleillé. Le couple présidentiel est accueilli par S.E.M Michel Tommo Monthe, représentant permanent du Cameroun auprès des Nations Unies et son épouse; S.E.M Charles Bienvenu Foe Atangana, ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis.

A peine une demi- heure pour dévorer la belle autoroute reliant l’aéroport à l’Hôtel Waldorf Astoria, résidence officielle du Chef de l’Etat, paré aux couleurs camerounaises, Paul et Chantal Biya ont droit à une chaleureuse ovation de la colonie camerounaise aux Etats-Unis, marquée par la remise de deux bouquets de fleurs,et l’exécution spontanée de la chanson patriotique « Paul Biya, notre président, père de la Nation… » bien connue des habitués du défilé du 20 MAI au Boulevard du même nom.Venu tout exprès de Washington DC, le président de la section RDPC aux Etats-Unis, Joseph Mbu a visiblement du mal à contenir l’enthousiasme de ses nombreux « camarades-militants » dont chacun veut toucher ou voir de ses propres yeux le chef de l’Etat et son épouse. Le plaisir ne fait que commencer.

Paul Biya est là à New York pour prendre part aux travaux de la 63e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, en compagnie de plus d’une centaine de « têtes couronnées » du monde entier.

Au sein de l’importante délégation officielle qui accompagne le Chef de l’Etat, l’on cite notamment le ministre des Relations Extérieures, Henri Eyebe Ayissi, le directeur du cabinet civil, Jean Baptiste Beleoken, le secrétaire Général Adjoint de la Présidence de la République, Réné Sadi, les ministres Chargés de mission à la présidence Mengot Arrey et Paul Atanga Nji,le conseiller spécial du Chef de l’Etat, Martin Belinga Eboutou, le Chef du protocole d’Etat, Dominique Awono Essama, et une présence très significative, celle du professeur Maurice Kamto, ministre délégué auprès du vice-Premier ministre chargé de la Justice et candidat aux fonctions de juge à la Cour Internationale de Justice de la Haye (aux Pays- Bas) ; élection prévue en novembre 2008 à New York. Le professeur Kamto sera alors face à trois autres candidats africains dont un somalien, un kenyan et un congolais de la RDC.

Il s’agit là d’un autre enjeu majeur de la diplomatie camerounaise après l’épilogue de l’affaire Bakassi le 14 août 2008 à Calabar. Paul Biya entend, par conséquent, mettre son poids sur la balance pour assurer l’aboutissement heureux de cette candidature.

Eu égard à l’influence grandissante qu’exerce l’environnement international sur la coopération économique avec les Etats-Unis, comment ne pas relever qu’au moment où se tient la 63e session de l’Assemblée générale de l’ONU, une grave crise financière secoue l’Amérique. Avec à la clé des bilans négatifs qui ont poussé nombre d’institutions financières à la faillite. Selon le New York Times, la faillite de Lehman Brothers et de Merryl Lynch, deux groupes bancaires de réputation, a donné l’alerte. Le 18 Septembre dernier, c’était le tournant fatal avec l’effondrement de Goldman Sachs et Morgan Standley qui a fortement perturbé les places boursières de New York, imposant au président Georges Bush de parer au plus pressé. Un plan de sauvetage estimé par le New York Times à 700 milliards de dollars a été élaboré par la Federal Reserve et soumis au Congrès pour adoption. Mais de toute évidence la crise financière aux Etats-Unis n’a pas encore livré tout ses lourds secrets.

Reste qu’au travers des réunions dites de haut niveau consacrées au développement de l’Afrique et aux objectifs du millénaire pour le développement, la 63e session de l’Assemblée générale de l’ONU paraît offrir à l’Afrique l’opportunité de faire entendre ses différences, une chance qu’il convient de ne pas laisser passer. D’autant que les politiques sociales dans les pays pauvres ne font pas partie des sujets à la mode. Le financement public des programmes d’éducation, de santé, ou des retraites s’apparente à un luxe pour nombre d’Etats confrontés à bien d’autres urgences, accablés par des taux de chômage à deux chiffres ou nantis de budgets structurellement déficitaires. New York 2008 sera donc peut-être un tournant dans l’interminable bataille du continent noir pour la survie. De toutes les stratégies proposées jusque-là pour sortir l’Afrique de la pauvreté, il n’en est aucune de bonne au point de donner tort à René Dumont, auteur incompris de « l’Afrique noire est mal partie ». On cherche la moins mauvaise. Tous les sujets qui fâchent : les crises alimentaire et énergétique, le SIDA, le chômage ou la corruption se portent bien. Vivement que l’ONU sorte de son rôle tribunitien–expression de mécontentements, voire défouloir – pour devenir une véritable force de proposition porteuse d’énergie et d’idées neuves, évitant obstinément de se déchirer dans d’insolentes querelles idéologiques.

Autre caractéristique des travaux de New York, la session baigne dans l’ambiance du show hypermédiatisé de la campagne électorale américaine 2008. Les élections locales, sénatoriales et présidentielles prévues le 4 novembre prochain à travers le pays sont en effet explorées sous toutes les coutures. Vue de New York, l’Amérique semble partagée entre deux majorités concurrentes. Les variations des sondages traduisent l’indécision des électeurs, dont certains soutiennent que la détermination de Barack Obama, son énergie, sa jeunesse et le changement dont il est porteur suscitent autant d’espoir que l’expérience et la personnalité de John McCain. Encore que sur les urgences d’aujourd’hui, rien d’essentiel ne sépare plus les deux candidats. Qui, hélas, commencent à se lancer des noms d’oiseaux sur la figure. La sérénité des débats qui s’ouvrent ce lundi au Palais de verre de Man.hattan doit en être préservée.

ABUI MAMA

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