Lundi 01 Décembre 2008

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63e session de l’Assemblée générale de l’ONU : l’Afrique dans le jeu

Le président Paul Biya a pris part hier à la réunion de haut niveau sur le développement de l’Afrique.

Cameroon-tribune / Mardi 23 septembre

Voilà longtemps que l’Afrique n’avait pas été à pareille fête. Il n’y a pourtant pas de mystère à comprendre l’opportunité pour les Nations Unies de consacrer une réunion de « haut niveau » aux besoins et aux défis du continent le plus pauvre de la planète. Les tables rondes organisées hier dans la majestueuse salle de l’Assemblée générale situent clairement les enjeux et devraient permettre aux Africains et à tous les partenaires au développement d’esquisser un « agenda » pour demain. Représenté au plus haut niveau à ce rendez-vous d’éveil et de remobilisation des consciences, le Cameroun relève d’emblée, pour s’en féliciter, que les grands axes de sa politique économique et sociale, tels que définis par le président Paul Biya, sont largement en phase avec le diagnostic des experts internationaux. Morceaux choisis : « le manque d’infrastructures modernes est un défi d’importance pour le développement de l’Afrique et constitue un obstacle de taille à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et d’autres objectifs vitaux comme la revitalisation de l’agriculture ».

Les besoins, souligne-t-on, sont énormes : réseau routier rural, voies ferrées, ports, systèmes d’irrigation, télécommunications, eau potable, assainissement, sans oublier des services sociaux aussi fondamentaux que la santé, l’éducation, des services bancaires et commerciaux et bien d’autres équipements qui font défaut à des centaines de millions d’Africains .C’est particulièrement vrai en zones rurales où vit la majorité des 920 millions d’habitants du continent . Ces carences, relève la Division de la communication stratégique des Nations Unies, sont particulièrement ressenties par les femmes qui, en l’absence d’électricité, passent souvent des heures à la recherche du bois de cuisine et peuvent faire en moyenne six kilomètres à pied au quotidien pour s’approvisionner en eau de rivière.

Selon une série d’évaluations des infrastructures africaines effectuées en 2006 par la Banque africaine de développement (BAD) et le consortium pour les infrastructures en Afrique (ICA) : moins d’un tiers des habitants de l’Afrique subsaharienne ont l’électricité ;56% seulement ont accès à l’eau potable ; à peine un tiers des populations rurales vivent à proximité d’une route ; 4% des terres agricoles africaines sont irriguées ; plus de 60% de la population est privée d’équipements sanitaires de base ; l’Afrique a moins du quart des kilomètres de routes revêtues des autres régions en développement…C’est donc à juste titre que le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon a noté hier dans son rapport à la réunion de « haut niveau » sur le développement de l’Afrique que, malgré l’abondance de ses ressources naturelles, « le potentiel de l’Afrique n’est pas complètement exploité ». Qui plus est, l’Afrique est bien mal partie pour atteindre les OMD d’ici 2015, date butoir pour leur réalisation ;elle qui compte 12% de la population mondiale et ne contribue que pour environ 1% au produit national brut de la planète et 2% aux échanges internationaux .Le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), qui fait la promotion de la bonne gouvernance et de politiques économiques génératrices de croissance rapide et durable, de diminution de la pauvreté et d’une meilleure intégration dans l’économie mondiale, dispose d’un plan d’action à court terme, d’un montant de 8 milliards de dollars pour 20 projets prioritaires à financer.

Mais tout n’est pas sombre pour cette Afrique qui continue à séduire. En réalisant pour la troisième année d’affilée une croissance au-dessus de 5% en 2006, l’Afrique s’installe dans un cycle de développement prolongé et inédit. Sauf que la forte hausse des prix du pétrole et du gaz y est pour beaucoup ; permettant à des pays dotés par la nature d’hydrocarbures d’afficher une croissance insolente, à l’image de l’Angola , du Soudan ou de la Guinée équatoriale. Certains comme l’Algérie ou le Nigéria en ont sagement profité pour rembourser une partie de leur dette . On n’oublie pas bien sûr la donne chinoise qui fait aujourd’hui de l’Empire du milieu à la fois le premier fournisseur de l’Afrique devant la France et l’Allemagne et son deuxième client derrière les Etats-Unis ; pratiquant des prêts avantageux et sans condition, vendant des produits bon marché adaptés au pouvoir d’achat africain.

En se regardant dans le miroir,, le Cameroun se reconnaît parfaitement dans cette Afrique des hauts et des bas, ce continent des ombres et des lumières. Dans son message de Nouvel An 2007, Paul Biya schématise : « Aussi longtemps qu’une partie de notre population souffrira de la pauvreté, que l’égalité des chances ne sera pas garantie pour tous, que l’avenir de notre jeunesse sera incertain, notre tâche ne sera pas terminée ».Et comme par anticipation en écho au diagnostic établi à New York, le Chef de l’Etat s’interroge : « comment se fait-il que notre pays, richement doté par la nature et le climat, qui dispose de ressources humaines reconnues, qui jouit de la paix et de la stabilité, tarde à assurer son décollage économique ? » Il y a bien longtemps que les Camerounais ont , en interne, des éléments de réponse à cette grave question.

Autant le dire, le Cameroun, dont l’indice de développement humain se situe autour de 0,506 (plus il se rapproche de 1, plus le niveau de développement est élevé), ne vient pas aux rencontres de New-York les mains vides. Très courtisé par des personnalités de tous bords qui aimeraient en savoir plus sur l’expérience camerounaise, Paul Biya recevra mercredi , si son agenda lui en laisse le temps, celles ayant sollicité des audiences. Mais surtout , le Chef de l’Etat interviendra jeudi, en 7e position au cours du débat général de la 63e session de l’Assemblée générale de l’ONU , entre 16H30 et 17H (heure locale) et fera le même jour, dans la matinée, une Déclaration à la table ronde N°2 sur l’Education et la Santé.

ABUI MAMA

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