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Education : Que sont devenus les centres multimédia de Paul Biya ?
Enquête au lycée général Leclerc et au lycée bilingue de Yaoundé.
Mutations / Mercredi 1 octobre
Le centre ressource multimédia du lycée bilingue d'Essos et celui du lycée général Leclerc ont été inaugurés par le chef de l'Etat, Paul Biya, le 30 novembre 2001. A l'issue de cette inauguration, plusieurs équipements informatique avaient également été mis à la disposition des élèves et du personnel enseignant du lycée bilingue d'Essos, à Yaoundé. Le lot de matériel comportait, apprend-on des responsables de cet établissement d'enseignement secondaire de la capitale, 3 serveurs, 74 ordinateurs connectés à Internet, 3 imprimantes en réseau, 8 imprimantes couleurs, 2 scanners et des logiciels tels que : OfficeXp, Word Excel, Powerpoint, Outlook, Omnipage. Idem au lycée général Leclerc.
L'action présidentielle visait, entre autres objectifs, à initier et à former les élèves aux nouvelles technologies, de leur permettre d'avoir accès à des logiciels éducatifs avec des enseignants adaptés à ce style d'enseignement, d'avoir accès à Internet pour approfondir leur recherche sur différents matières scolaires, de bénéficier d'une ouverture sur le monde sans le contrôle des enseignants, de leur donner un lien de production et d'apprentissage, de donner à l'élève les éléments qui lui permettront de compléter son cours et de mieux l'assimiler…
Sept ans après leur création, les responsables de ces structures démentent les informations qui ont circulé il y a quelques temps, et faisant état de la fermeture desdits centres. "Le centre multimédia du lycée bilingue d'Essos fonctionne normalement à 90%. Toutes les machines sont bien entretenues et marchent très bien, parce que c'est un outil pédagogique du ministère de l'enseignement secondaire, et l'établissement se doit d'assurer la maintenance et le fonctionnement maximal et correct de cet outil. Cependant, nous avons 19 autres ordinateurs qui sont en panne de disques dur. D'ailleurs, l'année dernière, nous avons reçu un don de 15 ordinateurs de la part de l'Etat pour suppléer notre parc qui datait de 7 ans. Et à chaque poste de travail, il y a deux élèves, tout dépend de l'effectif de la classe et du nombre d'élèves présent au cours", affirme le chef du centre des ressources multimédia du lycée bilingue de Yaoundé.
Un tour dans ledit centre permet d'ailleurs de vérifier la véracité des propos du responsable. Ambassa et Abiba, tous élèves en classe de 4ème au lycée bilingue ont leurs habitudes dans cette structure et apprécient les retombées de cette structure. "Nous trouvons ce centre très performant vu l'amélioration qu'il nous apporte dans nos recherches. Depuis que ce centre multimédia est ouvert dans notre établissement, nous avons acquis de très bonnes notes non seulement en informatique, mais aussi dans beaucoup d'autres matières. Nous avons de bons moniteurs dans ce centre qui nous orientent sur des recherches dans divers domaines hors mis celui de l'informatique", confie Ambassa.
La situation est identique au lycée général Leclerc où la plupart des ordinateurs ont encore l'air neuf. Preuve que non seulement la maintenance suit (laquelle incombe aux établissements scolaires qui abritent lesdits centres), mais aussi qu'au moins une partie du parc a été renouvelé au moins une fois depuis sept ans. L'un des responsables du centre, confortablement installé dans une salle climatisée (comme l'ensemble du centre par ailleurs) doté d'un ordinateur à partir duquel il supervise les travaux des élèves sur internet, soutient qu'il n'y a jamais eu le moindre vol d'ordinateurs dans cette structure, contrairement à une information qui avait circulé dan la capitale il y un an.
Mais comme au lycée bilingue de Yaoundé, le parc informatique du centre des ressources multimédia du lycée le plus célèbre du Cameroun est insuffisant pour optimiser le dessein d'initier les élèves à l'informatique et ses dérivés : à peine 60 ordinateurs pour quelque 6.000 élèves. Soit un ratio de 100 élèves par ordinateur. Une équation difficile que s'efforcent de résoudre les moniteurs et autres fonctionnaires affectés à l'animation de ces centres. A ce jour, le personnel enseignant de ces centres de ressources multimédia (Crm) relève entièrement, apprend-on, de la Fonction publique. Donc, point de vacataires. Cependant, force est de constater que depuis le lancement de ces structures au lycée Leclerc et bilingue de Yaoundé, aucun autre établissement de la capitale n'a plus jamais bénéficié de cette initiative, malgré la promesse gouvernementale de multiplier les Crm dans les lycées du pays.
Carine Marthe Guiliyack (Stagiaire).
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