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Journée mondiale de l’enseignant : Les enseignants boycottent leur fête
Les travailleurs des établissements scolaires privés protestent contre les mauvaises conditions de travail dans le secteur privé au Cameroun. Ils réclament leur convention collective.
Le Messager/ Lundi 6 octobre
Le Cameroun s’est joint au reste du monde pour célébrer hier, dimanche 5 octobre, la journée mondiale de l’enseignant. A Douala, la fête en elle-même et les activités connexes se sont déroulées sous fond de boycott. A la place de l’Udeac où a eu lieu le défilé, la participation était maigre et la tribune presque vide. Preuve de la désinvolture des éducateurs qui songent plus à l’amélioration de leur traitement salarial. «Cette journée n’est donc pas une journée de défilé, mais une journée de réflexion en vue de l’amélioration des conditions du personnel enseignant », affirme-t-on au Syndicat des travailleurs des établissements scolaires privés du Cameroun (Syntespric). Selon certains enseignants ayant quand même participé au défilé, les récriminations relevées dans les discours sonnent comme le refrain d’un disque déjà rayé. «Toujours les mêmes promesses, mais jamais on ne franchit le cap de leur concrétisation. Nous sommes au bord du désespoir, même si nous continuons à croire à la noblesse de ce métier», sérine une enseignante.
Parmi les récriminations, il y a la sempiternelle question de la signature de la convention collective. Un serpent de mer. Le sujet était encore au centre de la conférence de presse donnée le vendredi 3 octobre 2008 par Joseph Longo Massango qu’entouraient Etienne Kwedi, le président du syndicat des établissements scolaires privés confessionnels ; André Tchoualeu, président du syndicat des fondateurs ; M. Mbarga, le délégué départemental du Minedub pour le Wouri et la représentante du délégué provincial du Travail.
Dix ans de démarches
On apprend alors que le Syntespric a déposé depuis le 10 avril 1998 au ministère du Travail et la sécurité sociale un projet de convention collective pour l’enseignement privé au Cameroun. Jusqu’à ce jour, aucun ministre du Travail n’a encore enclenché le processus des négociations tripartites. Et depuis lors, le président du Syntespric affirme avoir multiplié les correspondances en direction des ministères de tutelle (Minedub et Minesec), du Premier ministère et même de la Présidence. En vain ! «Constatant qu’il n’y a pas de volonté politique et aucune considération pour la profession d’enseignant, en dépit de la recommandation de la conférence intergouvernementale du 5 octobre 1966 à Paris, le syndicat des travailleurs des établissements scolaires privés au Cameroun prend à témoin le peuple camerounais », déclare Joseph Longo Massango
Pourtant, les conditions de vie de l’enseignant du privé (laïc et confessionnel) sont pitoyables. Mauvais traitement salarial, non respect des droits fondamentaux de l’enseignant. « Les enseignants du privé sont méprisés par le gouvernement et la société», déplore Etienne Kwedi. Les syndicats sont aussi arrivés à la conclusion que les instituteurs sont mal payés dans le privé parce que le gouvernement aide les promoteurs d’établissement à détourner les subventions de l’Etat. «Lorsque les subventions sont toujours mis à disposition en fin d’année scolaire, cela conforte les fondateurs à s’en servir pour s’offrir des vacances de luxe», déplore Tchoualeu André, président du syndicat des fondateurs. Pourtant, Jean Jules Ebongue Ngoh, le délégué provincial des enseignements secondaires pour le Littoral, soutient que le thème de cette année « Droits et devoirs de l’enseignant pour une éducation de qualité », témoigne de l’écoute du gouvernement. Démago-gie ?
Mathieu Nathanaël NJOG et Linda MBIAPA (Stagiaire Jade/Syfia)
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