Mercredi 19 Novembre 2008

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Douala : Le Dg par intérim du Chantier naval séquestré

Antoine Bikoro a été retenu dans son bureau par des employés temporaires qui réclament trois mois d'arriérés de salaire. Le Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) a de nouveau été le théâtre d'un mouvement d'humeur.

Le Jour /lundi 6 octobre

Vendredi dernier, près d'un millier d'employés temporaires ont manifesté bruyamment dans l'enceinte de l'entreprise. Ils exigeaient le paiement de trois mois d'arriérés de salaire. Dans la foulée, ils ont bloqué l'entrée principale du Cnic, à l'aide des verrous et des barricades. Et, ont séquestré dans leurs bureaux, le directeur général par intérim, Antoine Bikoro Alo'o, les cadres et tous les agents. Ces derniers n'ont pu regagner leur domicile qu'autour de 3h, au petit matin de samedi. Les manifestants n'ont consenti à lever le piquet de grève qu'après l'assurance qu'un mois de salaire allait leur être payé. Ce qui a été fait samedi matin. Dans le rôle du médiateur, il y avait le sous préfet de Douala 1er. Pascal Mbozo'o, a dû transpirer pour ramener toutes les parties à la raison. La direction justifiait le retard accusé dans le paiement des salaires, par des problèmes de trésorerie, auxquels le Chantier naval fait face.

De fait, c'est depuis le mois d'août que les employés temporaires du Cnic étaient sans salaire. Promesse leur avait été faite de la part de la hiérarchie, qu'ils rentreraient en possession de ces arriérés de salaire le 26 septembre. Ce jour-là, ils ont plutôt pris connaissance d'une note renvoyant l'échéance au 3 octobre, au motif que le directeur général était en mission à l'étranger. Une fois de plus, vendredi dernier, les salaires n'étaient pas disponibles. Aucune explication n'a été donnée cette fois-là. En plus, ils ont fait face à l'arrogance du Dg. Antoine Bikoro Alo'o a exigé qu'ils soient conduits hors de l'enceinte de l'entreprise, menaçant de licencier ceux qui refuseraient de s'exécuter. Autour de 12h30, la tension est montée d'un cran. Les temporaires ont alors bloqué les entrées et exigé d'être payés sur le champ. Les forces du maintien de l'ordre arrivées sur les lieux sont restées à l'extérieur et n'ont rien fait. Aux revendications salariales se sont ajoutées celles sur les conditions de travail. "Nous n'avons plus droit à la ration alimentaire, ni aux indemnités d'hébergement et de transport. Les travaux effectués les jours fériés", explique Ngaguep Cerone, 29 ans, mécanicien, depuis 7 ans. "Nous sommes traités comme des esclaves. Nous ne sommes pas affiliés à la Cnps, nous ne bénéficions pas de prise en charge médicale. En cas d'accident de travail on se débrouille soi-même. On peut tout au plus recevoir du Paracétamol à l'infirmerie", témoigne Francis Ngameni, 31 ans, soudeur depuis 09 ans.

Le Chantier naval emploie environ 2500 employés temporaires. Certains y exercent depuis près de 10 ans. Ce qui, selon des spécialistes du droit, est en violation de la législation du travail. Les temporaires constituent le gros des effectifs de l'entreprise, environ 80 %. Pour la plupart, ils ont été recrutés à l'âge de l'adolescence dans les établissements secondaires techniques, après l'obtention de leurs diplômes. Ils sont payés à l'heure. Ainsi, le titulaire du Cap gagne 650 Fcfa de l'heure, 750 Fcfa pour le détenteur du probatoire et 900 Fcfa pour le bachelier, soit un total de160 heures de travail par mois, pour des salaires qui se situent entre 80.000 Fcfa et 150.000 Fcfa. La nomination d'un nouveau directeur général au Chantier naval, le 7 mai dernier, avait été applaudie par ces jeunes gens. Ils caressaient ainsi l'espoir de se voir définitivement recruté par le Cnic. L'image de Antoine Bikoro Alo'o, porté à bout de bras par milliers de jeunes avait fait la "Une" de tous les journaux.

Patient Ebwele

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Réaction de Pytha
Le 2008-10-07 12:28:30

Quel honte pour une entreprise de l'état. Elle devrait montrer l'exemple. Les pauvres cameroun qui n'arrivent pas à toucher leur miette




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