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Immigration : Une dizaine de Camerounais détenus au Gabon
Ils sont gardés à vue depuis près d'un mois dans les cellules du service de l'immigration de Libreville.
Le jour / jeudi 9 octobre
Une dizaine de Camerounais sont gardés à vue depuis le 10 septembre 2008, dans les cellules du service de l'immigration à Libreville au Gabon. La police gabonaise leur reproche d'avoir séjourné dans ce pays en situation irrégulière.
Ils n'ont pas droit aux visites et ne sont pas assistés par un conseil. Leurs conditions de détention préoccupent leurs proches. Ces derniers ont saisis le ministère des Relations extérieures et l'ambassade du Cameroun au Gabon, par une correspondance datée du 06 octobre. Aux dernières nouvelles, les autorités consulaires camerounaises au Gabon, ont initié des démarches pour obtenir la libération de ces jeunes gens.
Les faits remontent à juin 2007. Une centaine de techniciens en bâtiment, sont recrutés à Douala par la société Foma Enterprises, spécialisée dans le bâtiment et les travaux publics. L'entreprise doit réaliser des travaux de construction des logements d'habitations au quartier Owendo à Libreville, pour le compte du groupe Kabi. Ces jeunes gens sont embarqués à destination de Libreville, sans contrat de travail, contre la promesse qu'une fois au Gabon, ils auront des contrats suivant la législation de ce pays. Ce qui n'a pas été fait. Après plusieurs mois de travail, ils saisissent le promoteur de la société, Jean Foka, pour qu'il leur fasse signer des contrats de travail tel que promis. En plus, les employés camerounais réclament des meilleures conditions d'hébergement, une prise en charge sanitaire et leurs cartes de séjour que l'employeur détenait par devers lui, craignant que leurs propriétaires ne s'en servent pour s'enfuir, a-t-on appris.
Ces revendications n'étant pas satisfaites, un malaise s'installe dans l'entreprise, suivi d'une grève le 1er décembre 2007. A l'issue de celle-ci, le patron de Foma Enterprises qui réside depuis quelques temps au Gabon, s'engage à répondre aux exigences des employés. Ce qui une fois de plus n'est pas fait. Le malaise continue de s'installer. Les travaux prennent un sérieux coup du fait de la démotivation des employés.
L'employeur procède par des menaces et intimidations. A certains, il remet leurs cartes de séjour et pas à d'autres. Le 25 janvier 2008, le directeur technique sur ce projet, considéré comme le meneur de cette fronde est limogé. Certains employés démissionnent et regagnent le Cameroun par leurs propres moyens. Le 10 septembre, les services de l'immigration débarquent sur le chantier et interpellent une dizaine d'employés. Ceux-là, étaient considérés comme des fauteurs de trouble. Ils n'ont pas été libérés jusqu'à ce jour.
Patient Ebwele
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