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Les Canadiens ont-ils trompé le gouvernement ?
La journée mondiale de la poste s’est célébrée hier, jeudi 9 octobre 2008.
Le Messager / vendredi 10 octobre
Au Cameroun, cette célébration se produit alors que ce secteur d’activités est dans la tourmente. Personnel peu accueillant, délais de transfert des courriers très longs, épargne en décrépitude. Une occasion de s’interroger sur la pertinence de la gestion actuelle de la Cameroon Postal Services. C’est en principe dans moins de trois semaines que le contrat signé entre le gouvernement du Cameroun et les canadiens de Tecsult International Limited arrive à son terme. Pour mémoire, c’est le 28 octobre 2006 que Polycarpe Abah Abah, alors ministre de l’Economie et des Finances et Jean Guy Bernier, vice président régional de Tecsult signe un contrat pour la gestion de Campost. Il est question pour le nouveau repreneur de viabiliser, crédibiliser et moderniser la Cameroon Postal Services (Campost). Tecsult devait « mettre en place la filiale des services financiers postaux de même qu’un système de suivi et de traitement des réclamations ; accroître le chiffre d’affaires ; développer et élargir l’offre de services ; augmenter les nouveaux dépôts en comptes d’épargne ; améliorer les délais d’acheminement des courriers accélérés et ordinaires. L’amélioration en besoin de fonds de roulement » A ces missions, le gouvernement prescrit au nouveau gestionnaire de Campost de préparer dans un délai de quatre mois un agrément bancaire en vue de procéder au démarrage effectif de la filiale financière de la Campost. Vingt quatre mois après, peu, sinon rien, n’a été fait. L’on cherche en vain la filiale financière, les épargnants continuent d’attendre leurs fonds, le calcul des intérêts sur les dépôts de la clientèle est gelé depuis plusieurs mois, les délais d’acheminement du courrier n’ont guère évolué. Mieux les clients continuentde se plaindre de la perte ou du dépouillement de leur courrier…Et ce n’est pas innocent si le 18 juin 2008, le ministre des finances lance un avis d’appel d’offres pour l’évaluation de la gestion de la Campost par Tecsult.
Il ne fait point de doute que l’expert choisi va dans son rapport final ressortir toutes ses obligations de la partie canadienne qui n’ont pas été respectées. Selon les chiffres issus du ministère des finances, au 28 Octobre 2008, le gouvernement avait déjà validé un plan de recapitalisation de la Campost. Et sur les 87 milliards de FCFA nécessaires, le ministère des finances avaient déjà virée dans les caisses de la Campost la somme de 31 milliards. Comment ce pactole a-t-il été géré ? Seul le consultant recruté par le ministère des finances pourra donner des éléments de réponse à cette question.
Du côté des gestionnaires de Campost, l’on exhibe quelques résultats engrangés depuis Octobre 2OO6. L’accroissement des recettes de l’ordre de 22 %, les services des transferts de fonds en hausse de 21 %, et l’épargne qui s’est accru de 23% aussi. Toute chose qui a poussé le directeur général de la Campost a déclaré dans une interview à Cameroon Tribune le 10 juillet dernier que « la poste dans ses composantes essentielles (…) est en train de faire sa mue… »
Plus curieux est le mutisme du comité de suivi de l’équipe de gestion présidée par Charles Tawamba. Il a été pendant 30 mois l’administrateur provisoire de la Campost. Que fait cette instance ?
Au ministère des télécommunications et des postes, tutelle de la Campost, les langues se délient. L’on accuse vertement Tecsult de mauvaise gestion. Même si nombre d’observateurs soutiennent que les accusateurs sont d’anciens privilégiés de la Campost renvoyés à leur administration d’origine.
Léopold Chendjou
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