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John Fru Ndi : Le chairman attend toujours son " power "
Le leader du Sdf ne s'est jamais remis de sa "victoire volée" d'octobre 1992.
Le jour / Samedi 11 octobre
Le mois d'octobre ne porte pas du tout bonheur au président national du Social democratic front (Sdf), John Fru Ndi. Le 13 octobre 2008, il sera devant le juge du Tribunal de grande instance du Mfoundi pour répondre des faits de coaction et de complicité d'assassinat de Grégoire Nzall Diboule, ancien secrétaire administratif du Sdf pour le Centre.
Le 11 octobre 2004, il a été battu à l'élection présidentielle. Il sera classé deuxième avec 17,40 % contre 70,92 pour le candidat du Rdpc, Paul Biya. Le 11 octobre 1992, au cours de la première élection présidentielle multipartiste de l'indépendance du Cameroun, le leader du Sdf avait déjà été classé second par 35,9% contre 39, 5% pour Paul Biya.
C'est au mois de mai 1990 que ce libraire de Bamenda est découvert au grand jour. Poussé au devant par un groupe d'intellectuels, presque tous originaires du Nord-ouest, (Bernard Muna, alors Bâtonnier de l'ordre des avocats, les universitaires Siga Asanga et Clement Ngwasiri, l'activiste Albert Mukong, entre autres,) qui travaillent depuis un moment à la création d'un parti politique et qui ne veulent ou ne peuvent encore se montrer à visages découvert. Convaincus qu'ils reprendront leur chose le moment venu. Erreur. Le libraire accepte la mission et encaisse les coups d'un régime qui a du mal à se faire au pluralisme politique.
A la création du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) à Bamenda en 1985, l'ancien président de Pwd de Bamenda est séduit par le discours du nouveau régime. Il entre en politique comme militant du Rdpc au pouvoir et va très vite changer de crèmerie, pour n'avoir pas su y faire son trou. Conseiller municipal Rdpc de Bamenda de 1987 à 1990, il ne parvient pas, face à Simon Achidi Achu, à se faire élire président de la section départementale de la Mezam, ni député en 1988. Tous ceux qui ont fréquenté et quitté John Fru Ndi le peignent volontiers un leader égocentrique. Tout ce qui concerne la vie du parti et parfois même celle du pays, doit tourner autour de sa personne. Ses anciens camarades lui reprochent d'aimer qu'on lui cire les bottes, de ne point supporter la contradiction et de tolérer encore moins la critique. John Fru Ndi est ainsi arrivé à se fâcher avec toutes sortes de personnes ou à les faire fuir et le Sdf en a perdu nombre de cadres.
Au lendemain de la présidentielle d'octobre 1992, certains témoins de cette élection ont affirmé que même la Cour suprême avait reconnu qu'il y avait eu des irrégularités, mais n'a pas annulé pas le scrutin. Le chairman méritait sans doute la victoire. Pendant 5 ans, il va s'épuiser dans une infructueuse revendication de sa victoire volée, oubliant de travailler davantage, pour s'ériger en une alternative crédible et incontournable. L'année 1997 achève de révéler les lacunes et le manque de vision du dirigeant. Le Sdf est écartelé entre les partisans d'une participation aux législatives (et par ricochet, aux institutions), et les tenants d'une ligne dure qui veulent continuer le combat dans la rue. Finalement, le parti entre à l'Assemblée nationale en juillet 1997. Depuis, le Sdf n'a cessé de se banaliser. John Fru Ndi aussi. Le Sdf qui était sa chose, se dérobe de plus en plus sous lui. Des cadres et des militants contestent désormais l'autorité de leur chef. Les militants d'hésitent plus à traîner le Chairman au tribunal pour contester ses décisions.
Yves Mba
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