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Cameroun - Guinée Equatoriale : Un colonel équato-guinéen kidnappé à Yaoundé
Il s'agirait d'un opposant au régime en place à Malabo.
Le jour / Mardi 14 octobre
Le ballet d'audiences, qui a eu cours pendant tout le weekend dernier, et qui s'est poursuivi hier pendant toute la journée au ministère des Relations extérieures du Cameroun à Yaoundé, laissait présager des lendemains de la Commission mixte Cameroun Nigéria, tenue en fin de semaine. Il en était autrement.
A peine remis des fatigues des travaux de ladite commission mixte, le ministre Henri Eyebe Ayissi a dû recevoir des personnalités, au sujet d'une affaire qui risque d'envenimer davantage les relations déjà tendues entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale. Jean Baptiste Bokam, le secrétaire d'Etat à la Gendarmerie nationale, le Haut commissaire aux réfugiés en poste à Yaoundé, des fonctionnaires de la Surêté nationale et des journalistes très introduits de la Crtv, ont successivement défilé chez le Minrex. Ces audiences étaient consécutives à une interpellation des services du Haut commissariat aux réfugiés à Yaoundé, au sujet du sort d'un réfugié politique équato-guinéen, porté disparu depuis une semaine maintenant.
L'affaire remonte à mardi dernier, lorsque deux agents de la police camerounaise, ont interpellé le sujet équato-guinéen, officiellement enregistré parmi les réfugiés politiques au Cameroun. Le nommé Ndam Ibrahim, en service à la Direction de la police judiciaire à Yaoundé, réussit à décharger une arme à feu chez son chef de service des interventions et des recherches à la Dpj, le commissaire Nyebe, aux motifs qu'il est sur la piste d'un Equato-guinéen, spécialiste des braquages et du trafic des grosses cylindrées. Aidé par un autre agent de police, le gardien de la paix Ndam Hamidou, en service quant à lui aux Renseignements généraux du Commissariat central de Yaoundé, il procède à l'arrestation du suspect, puis le convoie à l'ambassade de Guinée Equatoriale à Yaoundé, contre une prime de 15 millions de francs Cfa à eux promise par les services de renseignements de ce pays voisin.
Selon des sources bien introduites à la Dpj, il n'y aurait aucune trace d'un mandat d'arrêt contre le sujet équato-guinéen. Les fonctionnaires de la police camerounaise mis en cause dans cette affaire ont, selon toute vraisemblance, agi en marge des instructions de leur hiérarchie. Ils auraient commis l'erreur, au moment de l'interpellation du citoyen équato-guinéen, de laisser ce dernier faire usage de son téléphone portable, qui a de ce fait réussi à alerter des réseaux, dont celui du Haut commissaire aux réfugiés à Yaoundé. C'est ce dernier qui a entrepris de se mettre sur la trace du réfugié, en interpellant la Direction de la Police judiciaire, puis le ministère des Relations extérieures. Le Cameroun serait de ce fait accusé d'une violation grave de la convention sur la protection des réfugiés politiques. C'est officiellement ce qui justifie le ballet d'audiences observé chez le Minrex, qui lui-même, recevrait des pressions du président de la République, actuellement en route pour le sommet de la Francophonie au Canada. Paul Biya voudrait en effet que la lumière soit faite sur cette affaire qui ne contribuerait pas à améliorer la qualité des relations difficiles avec Obiang Nguéma Mbazogo.
Les deux fonctionnaires de police ont été mis aux arrêts et sont actuellement détenus à la Dpj de Yaoundé. Ils sont officiellement accusés "d'intelligence avec un service de renseignement étranger". Quoi qu'il en soit, des fonctionnaires de la Dpj, approchés pour nous éclairer sur la question, reconnaissent la faute professionnelle de leurs collègues, qui ont manifestement agi en marge des procédures usuelles. Même si ceux du ministère des Relations Extérieures estiment que ce sont des actes isolés de fonctionnaires de police, ils affirment que les actes des mis en cause ne sauraient engager l'Etat du Cameroun tout entier. Toujours est-il que le délégué général à la Sûreté nationale, de retour au Cameroun depuis hier soir, d'après nos sources, devrait prendre des mesures disciplinaires à l'endroit de ses collaborateurs impliqués dans cette affaire. Pour l'instant, un mystère plane sur le sort réservé à ce colonel équato guinéen. Est-il séquestré dans les locaux de l'ambassade de Guinée Equatoriale à Yaoundé ? A-t-il été rapatrié dans son pays ? Il faudra attente les résultats des recherches en cours.
Jacques Bessala Manga
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le palestinien en fait est perdu ds un sujet qu'il croit peut etre etre connaitre