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ActualitéOpération Epervier : le PM a-t-il menti à l’enquête ?Contrairement à ce que son entourage a laissé entendre et à une certaine opinion policière, le Premier Ministre Ephraïm Inoni a effectivement flirté avec la mafia de la société APM. Le Front / mardi 28 octobre D’après des informations de la direction de la police judiciaire, le Premier ministre, Ephraïm Inoni, entendu il y a quelques temps à l’immeuble étoile par les limiers de la police sur son implication éventuelle dans la mafia camerounaise du cabinet Assets Portfolio Management (APM) n’a pas varié de ligne de défense. Il n’aurait pas été formellement engagé dans la création de cette nébuleuse londonienne qui, en quelques mois, a mis la présidence de la République en coupe réglée - société créée le 1er août 2002 par devant Maître Béatrice Rufine Assena, notaire à Yaoundé. Il n’en aurait eu qu’une information approximative, toute chose l’ayant d’ailleurs poussé à y garder un œil stratégique. Dotée au départ d’un capital de 140 millions de francs Cfa, la société APM S.A se proposait de faire du trading pétrolier et aéronautique, en l’occurrence l’achat et la vente du pétrole brut et des produits pétroliers de la sous-région, avec, en prime, la proverbiale restructuration de la compagnie aérienne nationale, Camair, et, enfin, le négoce international. Parmi ses actionnaires déclarés, on compte alors la maison-mère londonienne APM ; le Camerounais Hubert-Patrick Otélé Essomba - neveu de feu René Owona, aujourd’hui incarcéré à la prison centrale de Yaoundé ; un certain Philippe Tomazewski ; et Antoine Atangana Essomba... Plus important, figure à la tête du conseil d’administration un certain Ephraïm Inoni, alors secrétaire général adjoint de la présidence. Il est juge et partie d’entrée de jeu. Autres éléments de l’exécutif : l’anglais Kwin Walls, (parent de Kevin J. Walls), au poste de directeur général, et à nouveau Hubert Otélé Essomba, directeur général adjoint, avec comme commissaires aux comptes le cabinet PriceWaterHouseCoopers et le cabinet C. B. Messy. L’enquête préliminaire ne l’a pas mentionné. Un certain Elongue Johnson Lifange apparaît discrètement dans l’actionnariat. Il ne s’agirait ni plus ni moins que du frère du Premier ministre Ephraïm Inoni. Mailles du filet. Problème, dans l’enquête subséquente dont les enjeux ont beaucoup évolué avec le temps, le Premier Ministre essaie de passer par les mailles du filet, jonglant avec une image de sphinx ou d’homme de réserve. D’après une affirmation relayée par des proches au sérail, il n’aurait jamais signé les textes constitutifs de la société APM... Mais, la vérité dans cette supercherie est impertinente. Une partie se trouve dans les archives du cabinet Béatrice Assena à Yaoundé. Un procès-verbal des décisions du premier conseil d’administration de la société APM S.A. tenu le 12 août 2002 à Yaoundé révèle. En présence des représentants de APM Ltd. Iles Caïmans, Ephraïm Inoni a été « nommé président du conseil pour une durée de deux années ». Ledit document est signé, entre autres, d’un Ephraïm Inoni, « non actionnaire ». En fait, il y a plus accablant dans ce club qui, en quelques mois, a charrié plusieurs millions de dollars US sur le dos du contribuable. Et qui avait poussé l’outrecuidance au point de proposer au Palais matériels de guerre et avion présidentiel avec le soutien actif du secrétaire général de la présidence d’alors, Jean Marie Atangana Mebara. Le 20 février 2004, Ephraïm Inoni introduit, en effet, dans le dossier notarial un élément clé. Il écrit à tous les actionnaires de APM pour notifier sa démission de l’association du délit d’initié. « Par la présente lettre, écrit-il, j’ai le regret de vous annoncer ma démission du poste de président du conseil d’administration de la société APM et ceci pour des raisons personnelles. Vous voudrez bien m’en excuser et trouver un remplaçant à ma modeste personne pour les fonctions exaltantes à assumer à ce poste de responsabilité ». Le texte a été rédigé à l’aide d’un clavier anglo-saxon. Le futur Premier Ministre a-t-il senti le roussi ? L’homme politique qui sera nommé quelques mois plus tard (le 08 décembre 2004) à la plus haute fonction gouvernementale a-t-il été consulté entre-temps par le chef de l’Etat, Paul Biya qui lui a alors conseillé de faire le ménage dans ses « affaires » ? Toujours est-il que l’affaire APM défraie la chronique. Certains médias accusent la nébuleuse anglo-camerounaise de faire du pillage au profit d’une oligarchie de « pouvoiristes pressés » tapis à la présidence. Conseil d’administration. Une autre correspondance non datée confirme la démission. « Je voudrais par la présente vous remercier pour l’honneur et la confiance que vous me faites en me désignant à titre personnel, président du conseil d’administration de l’APM. Je voudrais néanmoins vous informer que mes fonctions actuelles ne me permettent pas de disposer de temps suffisant pour me consacrer à une autre fonction aussi exaltante que celle d’un président de conseil ». En tout cas, APM a déjà fait du chemin. De source exclusive, le Premier ministre n’a plus jamais assumé cette pirouette. Officiellement, lesdites correspondances n’existent pas. Des indications au cabinet Assena font même état de menaces qui auraient, en leur temps, empêché de rendre publique une démission contenue pourtant dans le dossier officiel de la société APM. Non sans raison. A elle seule, APM a déjà fait tant de détenus célèbres à la prison centrale de Yaoundé. Peter William Mandio
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