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Actualité

Jean Eonne : « Je n’ai pas peur de l’Opération Epervier »

Ancien directeur commercial à la Sonara, député du Nyong Ekellé et tête de liste du Rdpc aux municipales à Matomb, il parle des dernières élections dans sa circonscription.

Le jour / jeudi 6 novembre

Quelles leçons tirez-vous des élections municipales du 26 octobre dernier à Matomb où votre liste a été élue ?

La première leçon de ce scrutin c’est que chaque fois que le Rdpc reprend une élection à Matomb, il améliore toujours son score. Je pense que l’Upc devrait tirer une bonne leçon de ces résultats et éviter de nous faire reprendre les élections chaque fois.

Qu’est ce qui à votre avis a fait la différence avec les autres ?

Le premier mérite revient au comité central pour les moyens qu’il a mis à la disposition de la section départementale du Rdpc du Nyong Ekellé Est. Il y a eu beaucoup de monde, presque toutes les élites se sont retrouvées à Matomb. L’autre mérite revient à la section. Nous avons, au niveau de Matomb, organisé la campagne électorale de façon segmentée. La commission communale a été divisée en six sous commissions. Chaque sous-commission a ensuite été divisée en comités locaux de campagne autour de chaque bureau de vote. 37 au total. C’est inédit. Nous l’avions déjà expérimenté le 30 septembre et nous l’avons confirmé le 26 octobre dernier.

Est-ce qu’il est facile pour vous de vous mouvoir dans le Nyong Ekellé qui est, comme on le sait, un bastion de l’Upc ?

Je n’accepte pas que le Nyong Ekellé soit un bastion de l’Upc. C’est faux. En tout cas ce n’est plus le cas. Depuis 2002, le Rdpc, par ses résultats a commencé à occuper le terrain. En 2002 nous avions environs huit communes, en 2007, neuf communes sur 10 sont occupées par le Rdpc. Donc nous ne pouvons pas continuer à dire que le Nyong Ekellé est un bastion de l’Upc. Ça c’est le passé et la réalité est toute autre maintenant. Nous sommes sur le terrain et nous allons continuer à nous battre pour occuper le terrain. Nous avons fait environ 65% à Matomb.

Vous êtes déjà député et votre liste vient encore d’être élu à la commune de Matomb. Est-ce que vous vous contentez de vous faire élire où vous avez un véritable programme ?

Le président de section que je suis et tête de liste dans la commune de Matomb avait une idée lorsqu’il formait la liste des conseillés municipaux pour le Rdpc. J’avais pris le soin d’y associer les élites de Matomb. Le but était de faire de notre conseil municipal une espèce de conseil d’administration où la réflexion permet de trouver des solutions pour le bien être de nos populations. Nous avons donc au sein de notre équipe, plusieurs personnalités qui sont dans le privé et dans le public. Ce sont ces gens là qui vont donner l’impulsion à notre commune. Donc le programme est là. Il est question de faire passer le Pndp, parce que la commune de Matomb a été retenue pour ça. Il faut remplir toutes les conditionnalités du passage du Pndp. Chaque élite, en fonction de ses moyens et de ses relations personnelles va nous apporter les financements possibles pour les autres projets qui n’auront pas été financés par le Pndp. Ce sont des gens qui ont des amis un peu partout dans le monde et avec un plan de développement bien ficelé, ils pourront bien défendre le dossier de Matomb au près des Ong internationales pour que la ville puisse avoir un certain nombre de réalisations au cours de cette année.

Vous parlez au futur alors que vous êtes député depuis quelque temps. Qu’est ce que vous avez déjà fait concrètement ?

Je n’ai pas attendu d’être député pour commencer des réalisations à Matomb ou dans le Nyong Ekellé. Si vous voulez des détailles, je vous dirais par exemple que je suis intervenu à Makak en septembre dernier pour finaliser avec les communautés, les différents projets Pndp. A Matomb, je suis intervenu pour la construction des salles de classes, l’octroi des bancs aux écoles, etc. Avant d’être député, j’ai, à mon actif, un certain nombre de réalisations dont des puits d’eau potables, des tables bancs dans les écoles, des classes, plusieurs kilomètres de pistes rurales ouvertes, etc. j’avoue que ce sont là quelques unes des réalisations qui me viennent en tête, lesquelles ont été faites même avant que je ne sois élu député.

Le plus grand objectif que nous poursuivons maintenant est de trouver des moyens pour le désenclavement du Nyong Ekellé. Il y a également l’accession à l’eau potable qui est un grand problème dans le Nyong Ekellé et cela préoccupe toutes les élites de cette localité. Il y a également des problèmes de santé et nous les élites allons nous mettre ensemble pour constituer un fonds pour participer à la construction des centres de santé.

D’aucuns pensent que vous vous êtes réfugié à l’assemblée nationale pour échapper à une affaire de détournement de bateaux dans laquelle vous seriez impliqué à l’époque où vous travailliez à la Sonara…

Cela me fait rire. Moi aussi j’ai lu dans un journal que j’avais détourné deux navires. Cela m’a fait rire parce que l’Upc a utilisé ce mensonge pendant la campagne du 22 juillet 2007. Mais je peux vous dire que c’est faux. Il n’y a pas eu de détournement de navire à la Sonara. C’est une société organisée et le monde du pétrole est un monde internationalement connu où vous ne pouvez pas détourner deux navires pétroliers et que cela ne soit pas connu. Si cela avait été fait, ce n’est pas un journal qui paraît de façon sporadique qui viendrait faire la révélation.

L’Opération Epervier ne vous inquiète donc pas ?

Je n’ai rien à voir avec l’Opération Epervier parce que je n’ai pas eu à gérer la fortune publique en tant que tel. Le problème c’est que les gens ne savent même pas avec exactitude la fonction que j’occupais à la Sonara. J’étais juste un directeur, mais pas le directeur général. Je n’ai pas été complice d’un directeur général qui lui-même est dans les problèmes d’Epervier. Donc je n’ai absolument pas à avoir peur. Je suis tranquille et je ne sais pas pourquoi les gens de l’Upc veulent absolument me mettre dans l’Opération Epervier. Je n’ai rien à voir avec l’opération Epervier et j’encourage le chef de l’Etat à continuer dans ce sens. La population réclame cela. Nous qui sommes à la base, savons que la population réclame la justice. Je suis de ceux qui encouragent le chef de l’Etat à continuer cette action qu’il a commencé.

Jean Bruno Tagne

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