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ActualitéBarack Obama parle à Françoise FoningA-t-on fini de s'extasier sur le joli coup que vient de réussir Barack Obama, en devenant le 44e président de la nation la plus puissante du monde et, surtout, le premier président noir, marié à une femme noire, avec des enfants noirs à entrer à la Maison Blanche ? Mutations / lundi 10 novembre Depuis bientôt une semaine, chaque image de cette petite famille apparaissant quelques minutes après l'annonce officielle des résultats, sous les yeux pleins de larmes du révérend Jesse Jackson, qui est pourtant diffusée plusieurs fois par jour sur toutes les chaînes de télévision du monde, provoque les mêmes émotions, la même chair de poule. Rappelant à la face du monde que toute l'histoire de l'humanité, souvent basée sur l'infériorité atavique de la race noire, mérite au moins d'être revisitée. Surtout au moment où d'autres nations occidentale, se proclamant pourtant comme des parangons de la diversité des intelligences, ont quand même inventé la notion de " discrimination positive ", pour bien montrer aux minorités, et notamment aux Noirs, qu'ils n'avaient pas le bon niveau mais que la société était quand même soucieuse de les intégrer par l'escalier de service là où les autres, pourtant pas forcément meilleurs, devaient gravir les marches sur un tapis rouge. L'élection de Barack Obama à la tête d'un pays où, il y a à peine 50 ans, les Noirs ne pouvaient même pas voter et où, aujourd'hui encore, des groupes de Blancs se sont clairement affichés pour dire qu'ils n'accepteraient jamais un Noir comme président des Etats-Unis d'Amérique permet, indubitablement, de décomplexer le comportement de certaines communautés, de leur donner davantage confiance en elles afin d'imposer leurs idées et leurs parcours. Mais, comme votre journal s'interrogeait déjà vendredi dernier, " l'odyssée d'Obama (…) aurait-elle été possible dans cette Afrique où le premier est célébré du Nord au Sud de l'Est à l'Ouest ? Cette Afrique où les textes n'engagent que ceux qui y croient et où même la loi fondamentale est plus malléable que la pâte à modeler quand il faut veiller sur des intérêts fondamentalement égoïstes? Cette Afrique qui peine à voir émerger de nouveaux leaders capables, au sacrifice de leurs vies, de garantir un avenir meilleur aux générations futures ? On en doute très sincèrement. Il est donc impératif pour les Africains de cesser de voir dans l'élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis un quelconque changement de la politique américaine vis-à-vis du continent avec un assouplissement des conditions d'immigration et une démultiplication de l'aide publique au développement. Cette dernière ne permettra jamais dans le contexte du moment même si elle était multipliée par dix à l'Afrique de se développer. " Parce qu'il ne faudra jamais perdre de vue que Barack Obama est avant tout un Américain qui aura à cœur de défendre les intérêts des Etats-Unis d'Amérique, toujours soucieuse de rester la nation la plus forte et la plus crainte de la planète, en dépit de l'émergence des nouvelles forces en Asie. Et que chaque fois qu'on devra faire référence à lui en Afrique, ce sera bien pour indiquer la voie à suivre sur le chemin du changement. C'est en cela que la victoire de Barack Obama mercredi dernier est un signal à nos politiciens africains, habitués à toutes sortes d'artifices, mais parfois aussi de sacrifices pour préserver leurs postes, au détriment de l'intérêt général, du projet de société, des éléments concrets de développement. C'est en cela que la victoire de Barack Obama est un message clair à Françoise Foning, égérie du système politique du président Paul Biya, dont les élections, plus que dans les autres circonscriptions administratives, ont toujours été contestées et qui, depuis bientôt une semaine, défie à nouveau à la foi les lois de la République et l'autorité de tutelle, en refusant de se soumettre au seul exercice qui permet de départager deux candidats : l'élection à la mairie de Douala 5. L'on devine bien que Barack Obama, la coqueluche des populations pour qui tout rêve est désormais permis, sera rapidement transformé en cauchemar des dictateurs et de la vielle garde politique africaine. Il sera la mauvaise conscience de tous ceux qui veulent s'accrocher au pouvoir et qui bloquent un changement devenu inéluctable. L'histoire est en marche. Alain B. Batongué
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