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Actualité

La chronique de Pem : Sans l’Afrique

Dans deux jours, dans les faubourgs de la capitale administrative des Etats-Unis d’Amérique, Washington, va se tenir un grand sommet international. Avant même sa tenue, il a déjà reçu son nom de baptême, par lequel les générations de demain pourront le désigner, pour pouvoir l’exhumer plus facilement des poussières de l’Histoire : le « G 20 ».

Le jour / vendredi 14 novembre

Cette appellation ne tire rien d’un code secret. Le sommet a été baptisé ainsi parce qu’il va regrouper vingt invités officiels : les pays auxquels l’habitude des choses accorde généreusement le préjugé favorable d’être les plus riches de la terre et quelques autres pays, une douzaine environ, dont on dit qu’ils sont désormais émergents, parce qu’ils donnent les signes d’un développement soutenu et prometteur, parce que leur croissance suscite de l’optimisme.

Vingt pays seulement qui se réuniront samedi prochain dans la banlieue de Washington ! A première vue, cela paraît trop juste. Cela ne paraît pas seulement ; c’est effectivement trop juste, à l’échelle du monde d’aujourd’hui où des pays, les plus divers et les plus opposés, dans leurs systèmes politiques comme dans leurs intérêts économiques, brandissent jalousement les quelque deux centaines de drapeaux, symboles fiers de leurs indépendances et de leurs souverainetés inaliénables.

De quoi vont donc parler nos vingt élus et appelés à ce fameux sommet de Washington ? Secret de Polichinelle : Ils vont parler du sort à réserver à tous les pays de la terre, en matière de Finance Internationale. Bien entendu, ils prendront prétexte, pour ce faire, de la crise monétaire qui sévit en ce moment aux quatre coins de la planète. Ils parleront d’abord pour eux-mêmes, pour la sauvegarde de leurs propres intérêts ; puis, s’il leur reste un peu de temps, ils prendront des décisions unilatérales qui vont engager tous les autres pays absents…Tous les riches de la terre, des individus comme des nations, ont les mêmes défauts de suffisance et de fatuité ; ils croient qu’ils ont, avec l’argent, le monopole de la science infuse et qu’ils peuvent et doivent, même quand personne ne les a mandatés, parler eu nom des autres et prendre toutes sortes de décisions en leurs lieu et place. Les riches se croient tout permis et, très souvent, se permettent effectivement tout.

L’Afrique – un vaste continent que les riches font exprès de continuer de réduire aux dimensions dérisoires d’un seul petit pays- n’est ni riche, ni émergente. Par conséquent, elle ne fera pas partie des heureux élus du sommet des faubourgs de Washington. En guise de consolation,, il paraît que l’Afrique du Sud fera le voyage. Elle n’y sera pas comme un participant régulièrement invité. Plutôt, sa qualité à ce Sommet du « G- 20 » est celle d’un auditeur libre. En d’autres termes, l’Afrique du Sud prendra ses notes, debout, oubliée dans un coin de la salle ; pendant le déroulement des travaux, ses interventions ne seront ni sollicitées, ni souhaitées. Dans l’esprit des riches, les choses sont parfaitement claires : quand on parle des affaires touchant à la Finance Internationale, l’Afrique, ce n’est rien du tout ; elle ne compte pas pour un sou.

De toute évidence, les soi- disant riches se trompent. Bâtir le monde aujourd’hui, sans l’Afrique- quel que soit le domaine choisi- n’est plus envisageable. L’Occident décadent, dont les systèmes de domination s’écroulent à présent, a intérêt à le comprendre. A le comprendre maintenant. Plus tard, ce sera trop tard.

Patrice Etoundi Mballa

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