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Commerce : Profil bas du porno sur les étals

Depuis la note préfectorale, il est difficile d'en trouver exposé sur les trottoirs même si la vente se poursuit discrètement.

Mutations / Mardi 18 novembre

Il y a près de deux mois, le 23 septembre dernier, le préfet du Mfoundi, Joseph Beti Assomo signait un arrêté interdisant la reproduction et la diffusion des écrits et images à caractères érotiques et pornographiques. En ce moment, les effets de cette décision peuvent être effectivement constatés sur les lieux où se déroulaient ce type de commerce. Il est 17 heures, ce vendredi 14 novembre 2008. Au centre ville, notamment devant l'immeuble Camtel et celui de la Société nationale d'investissement (Sni), c'est le train-train quotidien, les commerçants ont disposé sur les étals différentes revues, toutefois, l'absence de l'une d'elles est manifeste.

Depuis quelques temps en effet, les passagers qui circulent sur les trottoirs de la poste centrale on dû remarquer l'absence d'une marchandise qui, il y a quelques mois encore, frappait l'œil du plus discret. Difficile aujourd'hui d'apercevoir sur les trottoirs des revues érotiques et des films pornographiques. Le changement est là et plus de doute sur la mise en application effective de l'arrêté du préfet.

Des dispositions sont prises pour que la mesure préfectorale soit toujours respectée. "Les effets de l'arrêté ne sont pas limités dans le temps. A tout moment, les saisies peuvent êtres effectuées. Depuis la première descente, le commissariat central N°1 a eu à saisir quelques Dvd pornographiques. En outre, tout policier peut également saisir ces vidéos si jamais il les trouve exposés", souligne Emmanuel Djikdent, le 1er adjoint au préfet du Mfoundi.

A la préfecture du Mfoundi, on est conscient du grand changement même si toutefois, on reconnaît que la vente se poursuit de manière discrète. "Nous sommes conscients que certains vendeurs dissimulent ces vidéos érotiques mais la guerre continue. La satisfaction que nous avons, c'est que la salubrité visuelle est préservée", reconnaît Emmanuel Djikdent. Selon ce dernier, le préfet aurait reçu des lettres de félicitations de grandes personnalités morales et aussi des parents qui ont salué son initiative.

Même si les revues et écrits à caractère érotiques ne sont plus exposés sur les trottoirs, ils se vendent toujours comme l'affirme ici ce vendeur de livres installé à la poste centrale : "il y a toujours les vidéos pornographiques. Ils ne sont pas exposés mais ils continuent de circuler et il y a également des vendeurs ambulants qui les proposent aux passants" Ce commerçant poursuit en expliquant qu'il est difficile de mettre la main sur les fournisseurs parce qu'ils ne font jamais 15 minutes au même endroit de peur d'être découvert.

Pour Christian Bios Nelem, sociologue et chargé de cours à l'université de Yaoundé I, la prolifération des revues et vidéos à caractères érotiques s'inscrit dans la logique de la liberté. "Plus on va vers la liberté, moins il y a une forme de condamnation des pratiques comme celles-là. Plus les gens ont tendance à laisser libre cours à leurs sentiments et également à aller vers la monstration de ce qui était jusque là caché", indique-t-il. Le sociologue ajoute par ailleurs que la décision du préfet ne saurait mettre fin à la vente de ces "instruments d'épanouissements corporels" car il s'agit d'un commerce où seuls les acteurs maîtrisent les techniques. "A un moment donné, on va retrouver ces vendeurs avec des clients plus ou moins fidèles, qui sauront comment s'approvisionner en marchandise", explique t-il.

Les vidéos et autres revues érotiques ne sont plus exposées, c'est un fait. Maintenant, reste à savoir comment stopper leur vente qui connaît un succès sur le marché.

Josiane Tchakounté (Stagiaire)

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