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ActualitéLe camp Royal lance un ultimatum, et menace de manifesterLes partisans de Ségolène Royal ont lancé un ultimatum au camp Aubry, réclamant la prise en compte immédiate de leurs contestations sur le scrutin qui a conduit à l'élection d'extrême justesse de la maire de Lille à la tête du PS. Reuters / Mardi 25 novembre Dans un communiqué, le maire de Dijon, François Rebsamen, demande que l'on examine les contestations venant de Lille avant mardi 14h00, "faute de quoi nous saisirons la justice et appellerons à une manifestation devant le siège du Parti socialiste, rue de Solférino". "Il ne peut y avoir de passage en force sur un vote dont la sincérité est mise en cause", ajoute l'ancien directeur de la campagne présidentielle de Ségolène Royal en 2007. Une commission chargée d'examiner les contestations fédération par fédération a travaillé pendant six heures lundi sans trouver de sortie de crise. Selon les résultats diffusés samedi par la direction du PS, Martine Aubry l'a emporté sur Ségolène Royal avec 42 voix d'avance. La "commission de récolement" doit se réunir à nouveau mardi après-midi au siège du PS avant le Conseil national chargé de proclamer les résultats officiels, mardi soir. Selon plusieurs dirigeants socialistes interrogés par Reuters, les litiges examinés jusque-là ne sont pas de nature à changer le résultat annoncé samedi, à savoir l'élection de Martine Aubry même d'un cheveu. Toute la journée, Ségolène Royal a répété que la seule issue possible était à ses yeux l'organisation d'un nouveau tour de scrutin "clair et incontestable", une option rejetée par quasiment tout le monde à l'exception de ses proches. "Qui a peur du vote des militants ?", s'est-elle interrogée sur France Inter. "Je pense que je suis majoritaire dans les urnes", a-t-elle renchéri dans la soirée sur Canal+. Selon un sondage BVA pour France Inter rendu public lundi, 71% des Français, et 66% des sympathisants socialistes, estiment que la présidente de la région Poitou-Charentes a tort de ne pas reconnaître sa défaite. Les partisans de la maire de Lille, restée lundi dans son fief pour cause d'obligation municipale, affichent quant à eux leur certitude de remporter le bras de fer. 70% CONTRE ROYAL ? Malgré cette "sérénité exceptionnelle" du camp Aubry, selon les mots de Claude Bartolone, des voix se sont élevées pour dire que l'étroitesse du score n'offrirait de légitimité à aucune des deux prétendantes à la direction du parti. Pierre Moscovici, lui-même candidat au poste de premier secrétaire jusqu'en septembre, a suggéré la constitution d'une "direction collective, resserrée, associant tous les courants". Même constat pour Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, le premier secrétaire sortant qui quitte ses fonctions après onze ans à la tête du PS. "Il faut une direction rassemblant tout le monde à la proportionnelle des courants", estime le député européen. Deux adjoints du maire socialiste de Metz, Dominique Gros, ont proposé de leur côté que Martine Aubry et Ségolène Royal soient désignées "co-secrétaires nationales". Mais le camp Aubry refuse d'entendre parler de ce partage du pouvoir, persuadé de l'emporter au final. Mettre en place une direction collective, "ce serait totalement artificiel. Ce qu'il nous faut désormais, c'est une majorité de gouvernement, rassemblée derrière Martine Aubry dans la clarté", explique Claude Bartolone. Deux logiques institutionnelles cohabitent au PS - parlementaire et présidentielle -, ce qui risque de compliquer la suite des événements. L'élection du premier secrétaire au suffrage direct des militants - une nouveauté instaurée en 1995 - a débouché quasiment sur un match nul samedi matin mais le Conseil national, "parlement" du PS, et son Bureau national, l'exécutif, sont composés à la proportionnelle des courants internes. Le 6 novembre, les militants ont réparti leurs voix en quatre blocs quasi-équivalents incarnés par Martine Aubry, Bertrand Delanoë, Benoît Hamon et Ségolène Royal. Les trois premiers, a priori hostiles à la présidente de la région Poitou-Charentes, totalisent à eux trois 70% des suffrages au sein du Conseil national appelé mardi à se prononcer sur le résultat de vendredi dernier. Laure Bretton Edité par Gérard Bon
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