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Actualité

La chronique de Pem : Bataille des dames

Ah, si Aubry et Royal m'étaient contées! ... C'est, probablement, le soupir de regret que vont pousser, demain, tous ceux et toutes celles qui, en France et ailleurs, se souviendront des mille et une turpitudes dont le parti socialiste français se couvre aujourd'hui.

Le Jour / mercredi 26 novembre

Aubry et Royal...Voilà deux femmes qui, à elles deux, il y a une semaine tout juste, représentaient encore la France dans ce qu'elle a de bien, en matière d'égalité des sexes, de reussite intellectuelle et sociale, de bien-vivre français.

Enarques, femmes politiques chevronnées, anciens ministres, cadres influents et courtisés au sein du même parti socialiste français, ces deux vénérables dames constituaient des références sûres sur lesquelles une grande partie de la société française s'employait à prendre modèle. Sur le plan politique, la droite française avait des raisons sérieuses de craindre, à tout moment, que tout moment que l'une ou l'autre de ces deux femmes, aussi talentueuses qu'intelligentes, ne vienne définitivement troubler son breuvage. En tout cas, la France entière n'est pas encore prête à oublier le tabac que Mme Royal a fait lors de la dernière présidentielle.

S'il ne s'agissait que d'un simple espace geographique ou humain où asseoir son commandement, toutes ces deux femmes resteraient bien tranquilles là où elles sont. Aubry est, il faut le rappeler, le maire de Lille. A quelles délices du pouvoir ne pourrait pas goûter le premier magistrat de cette immense, historique et industrielle capitale du Nord, l'une des toutes premières villes de France, avec Paris, Marseille, Lyun, Strasbourg et Boreaux? De son côté, Royal n'est guère moins bien lotie, dans son Poitou-Charentes. La présidente pourrait jamais chômer, pour peu qu'elle veuille s'impliquer, de tout son génie et de tout son talent de gestionnaire et d'administrateur, dans le seul service de cette région aux quatre départements et aux ressources peu abondantes.

Mais voilà!...Aubry et Royal sont toutes deux très ambitieuses. Les demi-mesures n'allument manifestement plus leurs envies démésurées. Aux yeux de l'une et de l'autre, une mairie, fût-elle celle de l'une des plus importantes villes de France, n'est finalement pas grand'chose. Une région administrative,essentiellement rurale comme le Poitou-Charentes, apparaît comme une vraie misère, surtout quand on se rappelle que, une quinzaine de mois en arrière, on a failli être élue présidente de la République.

Pourquoi Aubry et Royal se battent-elles ainsi comme des chiennes enragées? Est-ce toujours pour assurer au PS français de meilleures assises? L'une et l'autre tendent de nous le faire croire. Malheureusement, la vérioté que nous avons sous les yeux dément formellement une pareille hypothèse. Quand deux personnes défendent une cause commune qui leur tient à coeur, elles ne se crêpent pas le chignon; elles ne se haissent pas. Au contraire, elles rassemblent leurs efforts; elles puisent dans leurs forces unies tout le courage qu'il faut pour surmonter l'obstacle et vaincre, éventuellement,l'ennemi commun.

Croyez-moi, ça ne me déplaît pas du tout d'assister à cette bataille des dames. Grâce à Aubry et à Royal, je connais, enfin, l'autre France: celle qui triche copieusement aux élections, pire qu'en Afrique; celle dont les partis dits d'opposition sont intégralement nuls.

Patrice Etoundi Mballa

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