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Actualité

Deux poches de résistance subsistent à Bombay

Au surlendemain des attaques coordonnées dans Bombay, les commandos d'élite de la police indienne ont repris le contrôle d'un palace vendredi et luttaient toujours pour réduire les deux dernières poches de résistance des assaillants.

Reuters / vendredi 28 novembre

Le dernier bilan des attaques fait état d'au moins 121 morts et près de 300 blessés mais il pourrait fortement s'alourdir.

La police indienne a annoncé avoir découvert environ 75 cadavres dans les hôtels Taj Mahal et Oberoi-Trident, où des assaillants s'étaient retranchés avec des otages.

Vendredi matin, les forces spéciales ont repris le contrôle de l'Oberoi-Trident. "L'hôtel a été évacué, nous avons tué deux terroristes", a annoncé le chef de la garde nationale, le général N. Thamburaj. Vingt-quatre cadavres y ont été récupérés, a précisé le chef de la police de Bombay, Hassan Ghafoor.

Dans le Taj Mahal, l'autre palace visé par les activistes, la situation n'était pas encore totalement sous le contrôle des autorités vendredi après-midi. Un homme esseulé continuait de donner du fil à retordre aux forces spéciales.

Les autorités pensent que l'homme détient au moins deux otages, un homme et une femme. Le général Thamburaj a toutefois déclaré qu'une majorité de clients et de membres du personnel avaient été évacués et que l'opération de sécurisation de l'établissement devrait être bouclée dans les prochaines heures.

Une cinquantaine de corps sans vie ont été découverts dans l'hôtel, dont 12 à 15 cadavres dans une seule chambre, a dit le commandant d'une unité d'élite.

Sur le troisième et dernier front, des soldats d'élite ont été hélitreuillés sur le toit d'un centre communautaire juif, où l'ambassadeur d'Israël en Inde pense que six ressortissants israéliens, dont un rabbin et sa femme, sont retenus en otages.

D'autres membres des forces de sécurité ont ouvert le feu contre le bâtiment, apparemment pour couvrir le commando.

LE PAKISTAN POINTÉ DU DOIGT

Tandis que la vie reprend lentement son cours normal à Bombay, le débat se concentre sur l'identité des auteurs des attaques et de leurs commanditaires, l'Inde pointant du doigt son voisin pakistanais.

Le ministre de l'Intérieur de l'Etat du Maharashtra, dont Bombay est la capitale, a déclaré à la presse qu'au moins un des activistes était de nationalité pakistanaise.

Selon le journal indien Hindu, trois des activistes arrêtés ont avoué être des militants du mouvement Lashkar e Taiba, basé au Pakistan. Cette organisation islamiste, l'une des plus importantes d'Asie du Sud-Est, a démenti toute implication dans les attaques.

En signe de bonne volonté, le chef des renseignements militaires pakistanais (ISI), le général Ahmed Shuijaa Pasha, a accepté de venir en Inde pour partager des informations sur les attentats de Bombay.

Mais ces attaques spectaculaires risquent de provoquer un regain de tension diplomatique entre les deux puissances nucléaires rivales du sous-continent.

Le ministre indien des Affaires étrangères, Pranab Mukherjee, a demandé à Islamabad de démanteler les infrastructures sur lesquelles s'appuient les groupes d'activistes, évoquant l'implication "d'éléments ayant des liens avec le Pakistan".

En réponse, son homologue pakistanais, Shah Mehmood Qureshi, a prié New Delhi de ne pas "politiser" les attentats de Bombay. "Nous sommes confrontés à un ennemi commun et nous devrions joindre nos efforts pour vaincre cet ennemi", a-t-il dit lors d'une visite dans la ville indienne d'Ajmer.

SERVICES SECRETS PAKISTANAIS

Selon le journal Hindu, le groupe d'assaillants - estimé à 25 jeunes gens - a accosté à Bombay à bord d'un bateau avant de se disperser dans la ville par petits groupes.

Pour le Times of India, les assaillants avaient entre 18 et 25 ans. Ils étaient tous équipés d'un fusil d'assaut AK-47 avec deux chargeurs de balles, d'un pistolet et de huit à dix grenades qui pourraient avoir été produites dans une usine militaire du Pakistan.

"Le matériel, l'entrainement et le haut niveau de préparation tendent à indiquer un lien pakistanais", écrit le politologue K. Subrahmanyam dans le Times of India.

Lashkar e Taiba et une autre organisation, Jaish e Mohammed, se sont faits connaitre pour leur lutte contre la présence indienne au Cachemire. Ces deux organisations ont par le passé entretenu des contacts étroits avec les services secrets pakistanais.

Elles ont aussi été accusées d'être responsables de l'attaque contre le parlement indien en 2001, qui a mis les deux pays au bord de la guerre.

Bombay a été la cible de certains des attentats les plus meurtriers. En juillet 2006, sept bombes avaient explosé en l'espace d'un quart d'heure à bord de plusieurs trains de banlieue, à l'heure de pointe, tuant 186 personnes.

L'attentat le plus meurtrier jamais commis en Inde, en 1993, avait eu lieu également dans la ville et fait 257 morts.

Rina Chandran Avec les bureaux de New Delhi et Bombay, version française Pascal Liétout et Clément Dossin

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