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ActualitéA quand le rapatriement du corps d’Ahidjo ?Le 30 novembre 2008 marque le 19e anniversaire du décès de l’ex-chef de l’Etat du Cameroun. Le brouillard est toujours épais sur le retour de ses restes au pays. Le Messager / vendredi 28 novembre Bien que décédé le 30 novembre 1989 à Dakar au Sénégal, la mémoire de Ahmadou Ahidjo continue de hanter le pays tout entier et particulièrement le septentrion. Si aucune manifestation n’est annoncée pour commémorer le 19e anniversaire de sa disparition à Ngaoundéré, Garoua ou Maroua, il semble évident que le débat sur le rapatriement de sa dépouille mortelle va rebondir dans ces régions et au-delà. En octobre 2007, au cours d’une interview sur la chaîne de télévision française France 24, Paul Biya, son successeur a été formel : "Le problème du rapatriement de la dépouille de l’ancien président est selon moi un problème d’ordre familial (…). Si la famille de mon prédécesseur décide de faire transférer les restes du président Ahidjo, c’est une décision qui ne dépend que d’elle", déclarait-il. A l’époque, le débat avait fait rage avec en toile de fond une question : à qui appartiennent les restes de Ahmadou Ahidjo ? Pour le fils du défunt, Mohamadou Badjika Ahidjo, "c’est bien le gouvernement qui doit prendre cette initiative et nous sommes disposés à collaborer (…). J’estime que la démarche revient à l’Etat". Dans cette posture, il est rejoint par de nombreux hommes politiques du Grand nord dont Issa Tchiroma, Saïdou Maïdadi Yaya (secrétaire général de l’Association Remember Ahmadou Ahidjo). Pour ces leaders et bien d’autres, l’ex-chef de l’Etat n’appartenait plus à sa seule famille. Le rapatriement de ses restes va sceller la réconciliation nationale. Une autre frange de l’opinion pense qu’en tant que musulman, Ahidjo peut reposer où il est décédé, c'est-à-dire au Sénégal. Certains dignitaires religieux de la ville de Garoua ne cachent d’ailleurs par leur crainte de voir le retour des restes d’Ahidjo dégénérer en insurrection populaire compte tenu de la charge émotive que l’évènement va charrier. Des palais pillés La troisième voie milite pour une entente entre la famille et l’Etat pour vider ce qui apparaît comme un contentieux historique. Après les commentaires nourris consécutifs à la sortie de Paul Biya sur France 24, le débat s’est quelque peu éclipsé, jusqu’au mois d’avril 2008 lorsque l’on signale que l’ex-président du Bénin, Emile Derlin Zinsou manœuvre pour le rapatriement du corps son ami intime. A cet égard, Il se racontait que ce dernier essayait d’harmoniser les positions de Paul Biya et de Germaine Ahidjo à ce sujet. L’on annonçait alors avant la fin de cette année 2008, des obsèques officielles à Garoua et Yaoundé pour l’ex-chef d’Etat camerounais, cérémonies qui devait culminer avec la mise sous terre de ses restes dans la périphérie de la capitale régionale du Nord. Approché à Garoua à propos de ces tractations, Mohamadou Badjika Ahidjo avait avoué, tout étonné, ne pas être au courant. Toujours est-il que l’opinion publique sera de nouveau tenue en haleine pendant quelque temps et puis, peut-être, plus rien. Sinon une initiative isolée d’une association nommée Justice-Plus. Laquelle se proposait de saisir le président français Nicolas Sarkozy pour que ce dernier fasse pression sur son homologue camerounais au sujet de l’affaire. Alors que le 30 novembre 2008 approche irrémédiablement, doit-on désespérer de voir Ahmadou Ahidjo reposer sur la terre de ses ancêtres ? Faute de lire dans une boule de cristal, l’on est réduit à constater que son héritage est en ruines, notamment dans le Grand nord. Que ce soit à Mayo-Oulo, Maroua ou Garoua, son patrimoine immobilier a été pillé et abandonné. A Ngaoundéré, ses propriétés foncières ont été arrachées ou vendues aux plus offrants. Georges Alain BOYOMO
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