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Actualité

Affaire Titus Edzoa : Thierry Michel Atangana embarrasse le pouvoir

Une ordonnance d’octobre 2008 renvoie l’ancien secrétaire général de la Présidence de la République devant le tribunal pour détournement de deniers publics et concussion. Elle prononce la mainlevée du mandat de dépôt contre Thierry Michel Atangana. Le ministère public a relevé appel.

Le Messager / Mardi 16 décembre

L’affaire Etat du Cameroun contre Titus Edzoa, Thierry Michel Atangana, Isaac Njiemoun et Mapouna, rebondit. Une audience de ce procès est en effet programmée aujourd’hui au tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé. Les prévenus, ou leurs conseils, y sont attendus. Ce contentieux a été remis au goût du jour par l’ordonnance de non lieu partiel et de renvoi devant le tribunal de grande instance du Mfoundi statuant en matière criminelle, rendue le 23 octobre 2008 et attaquée par une requête d’appel du ministère public le 24 novembre 2008.

Dans ce procès, deux personnes, Isaac Njiemoun et Mapouna, comparaissent libres. Ils sont respectivement inculpés de coaction de détournement de deniers publics, et de coaction de corruption et de trafic d’influence. Les deux autres, qui font d’ailleurs la célébrité de l’affaire, sont détenus dans les cellules du secrétariat d’Etat à la Défense, suivant mandat de dépôt du 03 juillet 1997. Il s’agit de Titus Edzoa et de Thierry Michel Atangana. Le premier est médecin chirurgien, ministre de la Santé au moment du déclenchement de l’affaire, inculpé de coaction de détournement de deniers publics, tentative de détournement de deniers publics, coaction de corruption et de trafic d’influence. Le second est économiste financier, inculpé de coaction de détournement de deniers publics, tentative de détournement de deniers publics, coaction de corruption et de trafic d’influence.

Les faits qui leur sont reprochés tirent leur substance dans la gestion, en 1994, 1994, 1996 et 1997, du Comité de pilotage et de suivi des projets de construction des axes routiers Yaoundé – Kribi et Ayos – Bertoua, le trafic d’influence prétendument commis lors de la signature du marché d’extension de la Société nationale de raffinage (Sonara), la tentative de détournement dans le cadre de l’organisation du 32e sommet de l’Oua, et la rétention de véhicules de l’Etat.

Non lieu partiel
Dans son ordonnance, le juge Pascal Magnaguemabe conclut un non lieu quant à la poursuite de Titus Edzoa, Michel Thierry Atangana, Isaac Njiemoun et Mapouna pour détournement de deniers publics à l’occasion de leur gestion du Comité de pilotage et de suivi des projets de construction des axes routiers Yaoundé – Kribi et Ayos – Bertoua. Le non lieu est également prononcé pour le chef de coaction de trafic d’influence, de détournement de deniers publics à l’occasion du 32e sommet de l’Oua. Par conséquent, le juge ordonne la mainlevée du mandat de dépôt décerné contre Thierry Michel Atangana s’il n’est détenu pour autre cause. La mainlevée est également prononcée au sujet du blocage ordonné dans les commissions rogatoires, des comptes bancaires de TM Atangana en France, à Monaco, en Grande-Bretagne, au Luxembourg, aux Etats-Unis, au Canada, en Afrique du Sud, en Suisse, en Irlande du nord et dans le Royaume de Belgique, tout comme ceux de Njiemoun Isaac et de Mapouna dans ces mêmes pays, à moins que ces comptes soient bloqués pour autre cause. En revanche, le juge dit y avoir lieu à suivre contre Titus Edzoa d’avoir commis le crime de détournement de deniers publics et de délit de concussion.

Si le ministère public n’avait donc pas relevé appel, Michel Thierry Atangana serait aujourd’hui en liberté. Cet appel sollicite un réexamen de sa situation puisque le ministère public insiste sur sa culpabilité en raison, entre autres, des affirmations de M. Mapouna – nous reviendrons sur son cas spécifique plus tard. C’est à ce niveau que ses proches formulent la thèse d’un mensonge d’Etat. “ Ils avaient depuis menti au président de la République sur le dos de Thierry Michel et tiennent à ce que ce mensonge d’Etat soit maintenu ”, soutiennent-ils, grosso modo. Selon cette thèse, si MT Atangana est libéré, cela mettra Biya et son entourage qui l’avait informé sur cette affaire en froid.

En effet, la procédure contentieuse est déclenchée alors que Titus Edzoa, ancien conseiller spécial de Biya et ancien secrétaire général de la présidence de la République, décide de se porter candidat à l’élection présidentielle de 1997. Thierry Michel Atangana est alors considéré comme son homme de main et l’un des cerveaux de son coup. Impossible d’interpeller donc Titus sans Thierry. Mais fil du temps, MT Atangana se démarque. L’on avance qu’il n’avait rien à voir avec le projet politique d’Edzoa et qu’il appartenait plutôt à ce dernier de le dédouaner lors des interrogatoires, ce que Edzoa n’aurait pas fait. Aujourd’hui, une partie de l’opinion pense que l’on devrait à cette étape de la procédure, voir davantage clair dans la responsabilité de chacun.

Marlyse SIBATCHEU

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