COL'TENDANCE
Viviane Etienne chante les "Mélodies d'Amour "
"Eriko" doit être évacué: Coup de gueule, infos ou intox; l'artiste engagée parle de son enfance, sa famille, son métier. ses actions humanitaires, tout y passe ; comme elle le dit elle même, elle n'a rien à cacher. Exclusif!
Cameroun-online / Lundi 1 septembre
Cameroun-online.com : Bonjour Viviane Etienne
Viviane Etienne : Bonjour
Cameroun-online.com : C’est un plaisir pour nous aujourd’hui de vous avoir à Cameroun-online.
Viviane Etienne : Le plaisir est partagé. Ça faisait un moment que j’attendais rencontrée l’équipe de Cameroun-online.com ; déjà pour apprécier ce que vous faites. J’ai regardé au niveau de votre vitrine. Non seulement, elle est toujours à jour, vous avez des informations clés et nous qui vivons à l’hexagone, nous avons souvent besoin de vous, pour être au courant de ce qui se passe dans notre pays, dans notre continent, même dans le monde entier. Et surtout pour la grande famille artistique. Parce qu’il faut reconnaître que vous défendez beaucoup la cause des musiciens, vous nous aidez dans la promotion de nos produits. Vous nous aidez dans la promotion des évènements. Donc pour moi c’est un honneur d’être avec vous aujourd’hui dans vos locaux.
Cameroun-online.com: Merci Viviane. Est-ce que ça vaut encore la peine aujourd’hui de présenter Viviane Etienne ?
Viviane Etienne : Bien. Pour ce qui ne me connaisse pas. Je suis une jeune camerounaise, chanteuse, vivant à Montpellier. Je suis artiste musicienne et gestionnaire d’entreprise. Jeune mère, j’ai une fille qui a douze ans. J’ai des enfants adoptifs. Je suis divorcée, mais fiancée.
Cameroun-online.com : Nous allons maintenant parler de votre métier. Artiste musicienne. Comment êtes vous entrez dans la musique ?
Viviane Etienne : je suis entrez dans la musique par plaisir. Je fais la musique pour me faire plaisir, pour m’épanouir. Je l’ai souvent dit, je ne vis pas de la musique. En d’autres termes, la musique ne me nourrit pas ; Mais je ne peux pas vivre sans la musique. J’ai commencé jeune dans les chorales. J’ai chanté dans une chorale dans une église à Mfou. J’ai chanté au collège avec Patou Bass qui était le Bassiste de l’orchestre du collège. Ensuite j’ai intégré le groupe « zangaléwa » où j’ai pris quelques cours de musique par le biais de mon ami Zé bella qui a généreusement voulu me donner quelques cours de musique. Ensuite je suis allé en Europe suivre une formation de marketing. Après mes études je suis entré au studio, non dans l’intention de mettre un album sur le marché ; Mais par simple curiosité pour voir comment ça se passe dans les studios. C’est comme çà que je finance l’album, et il devient mon album de chevet. Et un jour quelqu’un qui écoutait l’album par hasard me dis : « écoutes Viviane, il n’est pas mal, tu peux le sortir, mais il faut que tu le re-travail ». C’est comme ça que je me retrouve de nouveau en studio à Paris.
En 2004 l’album « tendresse » voit le jour.
En 2005, je sors le single « lèves-toi » qui est un mélange de sonorisation « makossa » avec des animations et « coupé-décallé » ce qui a amené certaines personne à dire que je faisais maintenant du coupé décallé. En réalité il n’en est rien. A la base, il on a un squelette, une structure, ce qui donne la latitude à chacun de faire de ça ce qu’il veut.
Fin 2007, il y a « mélodies d’amour » que je mets sur le marché. En réalité, je commence la promotion par un single et l’album sort officiellement au Cameroun en 2007 et à l’international en 2008.
Voilà le parcours de Viviane Etienne.
Cameroun-online.com : Est-ce cette promotion qui justifie votre présence au Cameroun en ce moment ?
Viviane Etienne : En effet, étant donné que l’album a eu un petit retard au niveau de la sortie, je ne l’avais pas encore dédicacé au Cameroun. Ce qui a été fait vendredi dernier (NDLR : vendredi 29 Août 2008). Ça c’est super bien passé, j’étais très contente. Les gens connaissaient déjà gigolo, le titre phare. Mais il s’agit bien d’un album de 10 titres à faire découvrir aux mélomanes. Il faut bien faire découvrir les autres chansons aux fans, au public. On avait « bonam », « Maman », « nnem wem » que les camerounais connaissent déjà, « children », « terraga », « reve ». Il fallait faire découvrir cette « galette » au public. Raison pour laquelle j’ai dédicacé l’album ce vendredi.
Cameroun-online.com : Comment- est ce que le public a accueillit l’album ? Avez-vous déjà un retour ?
Viviane Etienne : Je vais répondre par l’affirmative. Oui, au cours le même soirée certains m’ont dit : « dis donc il y a de très bons titre dans l’album qu’on ne connaissait pas … ». Les gens ont beaucoup appréciés le titre « maman ». Cette chanson où je dis merci à nos mamans, les mamans du monde. Chacun doit savoir dire merci à sa propre mère, car c’est elle qui nous porte pendant 9 mois, c’est elle qui nous aide à faire nos premiers pas, c’est elle qui nous emmène à l’hôpital quand nous sommes malade, c’est elle qui nous accompagne à l’école le premier jour. C’est maman, c’est maman, … Même aujourd’hui, quand nous sommes émus, quand nous avons du chagrin c’est d’abord maman qu’on appelle. Donc, chaque jour, il faut dire merci à sa maman. Vous comprenez pourquoi cette chanson a beaucoup touché les gens. Il s’agit également du titre « bonam ». Vous savez, les gens sont méchants et je pense que ça ne sert à rien de l’être ; « on est né poussière et on retournera à la poussière. C’est possible qu’il ait des gens qui ont eu la chance de naître avec une cuillère dorée dans la bouche. Est-ce pour autant qu’on va piétiner les autres. Nous sommes tous pareil. Pauvres et riches, nous retournerons à la poussière. C’est le message que je passe dans la chanson « bonam ».
Quand Viviane Etienne chante « gigolo » et qu’on les gens se retrouve dans ce genre de message, il faut qu’ils prennent conscience. Je suis généreuse et j’invite les gens à faire de même. Il faut savoir partager, il faut savoir écouter. Il faut essayer de comprendre.
Cameroun-online.com : On a souvent vu Viviane Etienne dans l’humanitaire. Qu’est ce qui peut justifier votre présence dans ce domaine, un peu inhabituel chez les artistes. Est-ce l’appât du gain ?
Viviane Etienne : Non. Pas du tout. Je le fais par simple plaisir. Vous savez qu’il y a beaucoup d’enfants qui souffrent. Le contraste en Afrique c’est que nous avons des pauvres, très pauvres et des riches, très riches. La misère y est exacerbé c’est pourquoi j’ai décidé d’aider ces enfants. J’ai été confronté à des enfants qui n’avaient pas de quoi manger le matin, de quoi s’habiller. Ils ne peuvent même pas aller à l’école. Par contre, moi par exemple, aujourd’hui je mange à ma faim. J’ai un enfant, j’en ai que j’ai adopté, je m’en occupe. Les gens savent que Viviane Etienne aime boire le champagne, une bouteille de champagne au Cameroun coûte 30 000 FCFA (46 euros). Vous ne pouvez pas savoir quel bonheur ces 30 000 FCFA peuvent procurer à ces enfants ; alors que je mets 30 minutes pour consommer cette somme. C’est pourquoi j’ai décidé de faire un sacrifice. Je réduis mon nombre de bouteilles de champagne, je réduis ce que je dépense pour m’habiller et j’apporte un peu de bonheur à ces enfants. Je n’attends rien de personne. Aujourd’hui, j’ai des âmes de bonne volonté qui veulent bien m’aider, et ça me permet certes de faire grandir mon association qui a une pluralité d’activités. Je m’occupe des enfants de la rue, je m’occupe des enfants donc les parents ont été incarcérés, je m’occupe des enfants dans des fondations, je m’occupe des malades. Comme je vous l’ai dit précédemment, je n’attends rien de personne. Mais ce ne sera pas refus si ça vient. Malgré que certaines personnes mal intentionnées utilisent l’humanitaire dans un but lucratif ce qui nous donne une mauvaise image, moi je ne me décourage car je crois en ce que je fais et pour arriver au niveau où je suis aujourd’hui, il a fallu que je bosse et du temps. Je suis encouragé dans ce sens. En France par exemple, au niveau des conseils généraux. Je n’ai pas besoin de ça pour vivre. Mais pour aider les autres à vivre au quotidien.
Cameroun - online.com: Avec tout ce que vous faites, nous ne serons pas surpris de voir Viviane Etienne ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF par exemple ?
Viviane Etienne : Je le suis depuis 2 ans.
Cameroun-online.com: c’est plutôt une information intéressante, parce que beaucoup de camerounais ne le savent pas…
Viviane Etienne : En effet depuis 2 ans j’ai été élevé au rang d’ambassadeur pour les œuvres humanitaires. Mais je n’ai pas besoin de faire de la publicité pour ça parce que je le fais de gaieté de cœur. D’ailleurs j’ai été surprise par cette distinction. Je ne savais même pas qu’ils étaient au courant de ce que je faisais.
Cameroun-online.com: Nous allons revenir dans votre vie artistique, car c’est ce qui fait votre actualité en ce moment. Parlons de votre dernier album : « Mélodies d’amour ». D’où vous êtes venu l’inspiration ?
Viviane Etienne : L’inspiration c’est le quotidien. Vous savez, on ne peut rien faire sur cette terre sans amour. Soyons réaliste. D’où vient la haine ? A partir de l’amour. Vous savez, la terre a été faites par amour. Quand on parle du jardin d’Eden ; c’est à partir de l’amour. Après on peut avoir les haines, les guerres. Dans ce disque, j’essaie de traiter les sujets de l’amour dans le sens large du terme. On a l’amour passion, l’amour tendresse, l’amour pour les enfants, l’amour pour les mamans, l’amour entre les Hommes. Si on fait la guerre, si on se comprends pas, c’est parce qu’on pas assez d’amour. Par exemple, quand une femme aime un homme, on fait des efforts pour comprendre. Quand une mère supporte un enfant c’est parce qu’elle l’aime cet enfant ; c’est l’enfant de ses entrailles. Donc on supporte beaucoup de chose par amour. Et sur cette terre on avait beaucoup d’amour, il y aurait moins de problème. C’est la raison pour laquelle, je parle des « mélodies d’amour » de Viviane Etienne car on a plusieurs mélodies qui tournent autour de l’amour.
Cameroun-online.com: Merci Viviane Etienne de nous inonder d’amour. Le public sera comblé. Dans ce nouvel album quels sont vos chansons préférées ?
Viviane Etienne : je n’ai pas de chanson préférée. C’est comme si vous demandez à une mère de choisir entre plusieurs enfants. Je les aime toutes.
Cameroun-online.com: c’est vrai tous les titres sont bons. Cependant, à la soirée de dédicace. Il y a un titre qui a particulièrement chauffé la salle. Tout le monde était pratiquement debout. Il d’agit de la chanson « nnem wem » qui a fait de l’ombre à « gigolo » que tout le monde connaissait et qui était très attendu. Même les pirates sont passés à côté. Parlant de piraterie ; les pirates sont-ils mal à Viviane Etienne ?
Viviane Etienne : vous savez aujourd’hui, je suis contre la piraterie. Mais on est obligé de vivre avec la piraterie. On ne peut pas arrêter la nouvelle piraterie. Les nouvelles technologies ne nous permettent plus d’arrêter la nouvelle piraterie. Les albums qui marchent aujourd’hui en Afrique, au Cameroun particulièrement c’est grâce à la piraterie. Même en Europe on a ce qu’on appelle les téléchargements ; c’est de la piraterie. Mais il n’y a pas d’alternative. Bien qu’on essaie de mettre des extraits ils finissent toujours par trouver une solution. Qu’y puis-je ? La piraterie me fait du mal tout en me rendant service car elle permet au pauvre qui ne peut acheter un CD qui coûte 3 000 FCFA ou 5 000 FCFA en Magasin à 500 FCFA ou 600 FCFA. Le pauvre … il a Viviane Etienne, il danse Viviane Etienne tout en l’appauvrissant. C’est couteau à double tranchant avec lequel on est obligé de vivre. On a plus le choix. De toutes les façons on ne peut plus rien faire.
Cameroun-online.com: Malgré tout, il y a toujours des personnes de bonnes moralités qui veulent encourager l’artiste en achetant le CD original. Où peuvent-ils trouver votre album ?
Viviane Etienne : l’album est disponible partout au Cameroun. Il est distribué par « Culture Mboa » dans tous leurs centres de distribution
Cameroun-online.com: il coûte combien ?
Viviane Etienne : 5 000 FCFA. Ça peut paraître cher pour certains. Mais il est de très bonne qualité.
Cameroun-online.com: pouvez vous dire un mot sur la SOCAM ?
Viviane Etienne : Je sais que c’est la nouvelle société qui d’être créé au Cameroun … je n’en sais pas plus. Je ne vais pas mentir, je vais vous dire sincèrement. Je suis un peu fatigué de ces sociétés qui naissent, qui meurent, qu’on dissout. A la fin on est perdu. Ça fait un peut désordre. On est parti de la SOCINADA, la CMC Manu, la CMC SAM et aujourd’hui la SOCAM. En moins de 6 ans, on eu quatre sociétés ; il faut chaque fois recommencer. Je pense que les statuts juridiques ne se font pas à tort et travers. Moi je suis totalement perdu dans tout ce désordre. C’est bien, il y a SOCAM ; ses statuts moi je ne les connais pas ; je ne sais même pas où se trouve la SOCAM. Sincèrement, ça ne m’intéresse pas beaucoup. Ça va m’intéresser quand je saurais que c’est correct. Moi j’aime les choses bien faites. Je suis peut-être grande gueule ; mais dans la vie il faut savoir dire certaines vérités. Chaque fois qu’on va dire qu’on a créé une nouvelle société, je ne vais pas me lancer un coup à gauche, un autre à droite. C’est très pénible surtout pour nous qui vivons dans la diaspora. A partir du moment où, il y aura une structure correcte, qui va fonctionner, je serais avec eux. Je ne suis pas une femme qui s’éparpille n’importe comment. C’est vrai, je suis épicurienne, mais dans la nourriture. Pas dans des choses qui frise parfois le ridicule. Il s’agit quand même de la vie des artistes. Que fait-on pour améliorer le quotidien des artistes ?
Cameroun-online.com: justement vous anticipés la question que je voulais vous poser. Quelles sont vos relations avec les autres artistes ?
Viviane Etienne : on a des relations de collègues. Je respecte tout ce qu’ils font. Je respecte tout musicien car il s’agit d’un travail de l’esprit et partir de ce moment, je leur dois beaucoup de respects. On a de très bonnes relations, mais uniquement des relations de collègues.
Cameroun-online.com: vous avez certainement d’autres choses à ajouter ? Vous pourrez conclure par un mot pour nos internautes …
Viviane Etienne : Je prie, Dieu a souvent gardé le Cameroun sinon on aurait déjà eu une guerre ici vu le positionnement géostratégique du pays. Ou alors comment le pays est géré. Je dis aussi que aujourd’hui l’artiste camerounais a beaucoup de problème. Nous ne sommes pas reconnu à notre juste valeur. On a beaucoup de talent au cameroun. Ces talents sont en déperditions dans la nature. Je pense que ces problèmes ne peuvent être géré que par le chef de l’Etat. S’il décide aujourd’hui de solutionner le problème de l’artiste, je vous assure demain à 8h ce sera résolu. Mais tant qu’il n’a pas pris la décision de le faire, l’artiste sera toujours considéré comme un « moins que rien » dans la société et pourtant c’est nous qui vendons la culture d’un pays. Je sais de quoi je parle. Je suis une artiste internationale, je joue dans plusieurs pays. Je viens au Cameroun parce que c’est mon pays, je l’adore, j’aime mes racines. Je voyage, je voie comment ça se passe ailleurs. Dans certains pays, le tourisme seulement, l’Art fait prospérer économiquement le pays. Au Cameroun on a une diversité culturelle, artistique à travers les dix provinces qui peuvent nous aider à vendre et valoriser le pays à plusieurs niveaux. Pourquoi on ne fait rien pour l’artiste ? Et pourtant nous avons les meilleurs si je prends seulement cas des bassistes, des chanteurs, chanteuses, on a de très belle voix. Le Cameroun est dans le noir. Le ministère de la culture ne fait rien du tout. Le ministère de la culture dort. Tout récemment une perle montante de la musique camerounaise a été victime d’un accident et est en ce moment entrain de peiner sur un lit d’hôpital de la place. Je parle de « Eriko ». Vous pensez que c’est normal alors qu’on a ministère avec un budget qui est alloué. Pourquoi on ne peut pas l’évacuer ? Si s’était dans un autre pays, on l’aurait évacué. C’est quand même un messager du peuple. Je suis désolé, c’est pas « monsieur n’importe qui ». Que fait le ministère ? C’est peut-être mon coup de gueule car ça fait mal. Depuis un mois, il est entrain de souffrir et personne ne fait rien.
Cameroun-online.com: Le ministre de la culture l’a rendu visite…
Viviane Etienne : je suis d’accord, c’est notre mère. C’est la maman de la culture. Mais j’ai appris par les média à travers un des parents de « Eriko » que le ministre de la culture a remis 500 000 FCFA à sa famille. 500 000 FCFA ne peut pas l’évacuer. C’est peut-être son apport personnel ; on dot merci. Cependant, le ministère a une caisse … qu’on évacue « Eriko », qu’on lui sauve la vie. En résumé, je pense qu’au Cameroun, l’artiste vit dans la précarité et le bout du tunnel n’est pas pour demain. Parce qu’à allure où les choses vont, il faut que le gouvernement se remue un peu pour le problème de l’artiste camerounais.
Cameroun-online.com: Merci Viviane Etienne d’avoir répondus à nos questions et nous espérons que vous serez là à une prochaine occasion …
Viviane Etienne : mais oui, bien sur. Maintenant que je connais la maison, vous me verrez tous les jours.
Interview réalisé par Austin LEWIS
