Jeudi 20 Novembre 2008

COL'TENDANCE

Papa Zoé à cœur ouvert sur Cameroun-Online : les débuts, les femmes, « Eva » son single de fin d’année 2006

Papa Zoé était récemment au Moon Light à Yaoundé pour un spectacle, et il s’apprête pour une tournée en Afrique et en France. En ce moment, le père de « Batobayé » est en pleine promotion de son dernier album « le feu c’est le feu », en attendant le single qu’il réserve à ses fans pour décembre prochain et qu’il a donné en exclusivité pour Cameroun-Online. Nous l’avons rencontré. Il nous raconte l’histoire de Patrick Ebanda qui est devenu Papa Zoé à la suite d’un passage du célèbre musicien congolais Pépé Kallé au Cameroun.
Cameroun-online/août 2006

COL : Papa Zoé peux-tu d’abord te présenter aux Internautes de Cameroun-Online?

Papa Zoé : Je suis Papa Zoé, de mon vrai nom Patrick Ebanda, c’est vrai beaucoup de gens croient que je suis Congolais mais je suis Camerounais (rires).

COL : COL : Je t’ai entendu parler de quelque chose au téléphone tout à l’heure qui n’était pas très loin du Lingala, c’est pour cela que je te pose cette question.

PZ : Je suis un Camerounais, Bassa de Yabassi mais né à Deido. J’ai cette culture de Deido qui m’emmène un peu partout, je suis un Deido (rires). J’ai commencé la musique comme tous les jeunes, en écouter maman chanter, après c’était à l’école avec la musique scolaire. Ensuite je me suis retrouvé dans les studios et cabarets.

COL : COL : Le premier contact avec un instrument c’était à quel moment ?

PZ : La première fois que j’ai touché à un instrument c’était en 1983.

COL : COL : Tu avais quel âge ?

PZ : J’avais entre douze et treize ans. J’ai commencé par le piano, j’aimais beaucoup le piano de par ses mélodies, après le piano c’était la guitare, la Bass, la Batterie et maintenant je suis sur le sax ténor que j’adore beaucoup.

COL : COL : Pourquoi cet amour pour le sax ténor, Manu Dibango sans doute est passé par là ?

PZ : Oui Manu pour prendre déjà l’élégance du saxo et la portée de la voix, c’est vrai que le saxo fait travailler les cordes vocales, ça fait travailler la technique, les appogiatures et je veux comprendre certaines choses dans les instruments, qu’est-ce qu’il y a de spécial dans un saxo, j’essaye de lier cet amour qu’il y a entre mon saxo et moi.

COL : COL : Le premier album c’est celui qui met le feu aux poudres dans ta carrière, « Batobayé »c’était dans quelles écuries ?

PZ : Dans les écuries « Ngando Tchomé Boy », c’était une production Ngando Tchomé et Préya Music était le distributeur.

COL : COL : Qui est ce Ngando Tchomé Boy ?

PZ : C’était mon tout premier producteur, c’est celui là qui a cru en moi, mais malheureusement il n’est plus avec nous, il était trop malade et puis la maladie a triomphé, il en est mort.

COL : COL : C’était en quelle année ?

PZ : C’était en 2000 – 2001. C’est lui qui a produit « Batobayé », il m’a fait confiance et on a fait cette aventure ensemble.

COL : COL : ça a coûté combien la production et combien l’album t’a rapporté, les recettes du produit et tous les spectacles ?

PZ : Je sais qu’au niveau de la production jusqu’au studio c’est moi-même qui ai tout géré, pour le studio on a dépensé 90.000 francs français, soit 9 millions de FCFA à Paris, le reste ce n’était pas à mon niveau. Les pochettes, les posters ça ne me concernait pas. J’étais parmi les maigres camerounais qu’on affiche en France, mon producteur avait payé l’affichage ce qui est rare. On a été officiellement affiché dans toute la France.

COL : COL : Alors Préya Music de Ndédi Eyango arrive juste pour la distribution ?

PZ : Il y avait un sérieux problème, l’album on l’écoutait, on le dansait dans les boîtes mais il ne se vendait pas, on ne savait pas où l’acheter, parce qu’il était tellement mal distribué, et quand Préya est arrivé au Cameroun, il a vu mon producteur, ils ont discuté et lui a dit que l’album l’intéressait. Il lui a dit que si ton artiste me signe les éditions, moi je prends la distribution et on s’entend. Et voilà ils se sont entendus, les choses sont allées comme vous le remarquez.

COL : COL : Qu’est-ce qui amène Tchomé Boy à investir sur toi, comment se noue le contact ?

PZ : C’est aussi naturel que mystique, moi quand je suis arrivé à Paris ce n’était pas dans le but d’enregistrer un album, j’allais faire un tour et repartir. Alors, je me retrouve à Paris et je me dis que pourquoi ne pas faire un disque. Je me suis lancé, j’ai commencé à faire mes programmations avec un ami Conti Bilong, on a fait des programmations ensemble. J’étais chez moi, mon téléphone a sonné, c’était un autre jeune artiste qui m’appelait, c’était Hervé Mamoun qui était le premier artiste de Ngando, il était déjà en studio. Alors, Ngando voulait en même temps produire Charlotte Mbango et JB Mpiana. C’est ce jeune qui lui a dit que je connais quelqu’un qui fait dans le style de JB Mpiana que tu veux et qui est Camerounais. Je crois que si vous vous entendez bien, la priorité serait de produire son frère camerounais. Il a dit qu’il connaît Papa Zoé mais il n’a pas de producteur. C’est à partir de là qu’ils m’ont appelé pour qu’on discute. Je suis allé au rendez vous, on a bavardé et il était attiré par ma manière de procéder. Je lui donnais des prix exacts, parce que avant les gars le trompaient largement avec des surfacturations. Je lui ai dit que moi je suis un technicien, je peux faire un album en tel nombre de jours, voici ce qu’il me faut exactement.

« Eboa Lottin, mon idole des débuts »

COL : COL : Tu as des antécédents de programmeur musical ?

PZ : Non pas d’antécédents, je sais ce que c’est, j’ai fais des programmations, je sais ce qu’il faut du début à la fin. C’est moi qui ai arrangé et réalisé mes deux albums.

COL : COL : Je vois sur ton premier album, des featuring divers, Magic System, Johnny Halliday et Sisqo. C’était la totale ambiance?

PZ : Là j’essayais de rentrer dans la peau d’un DJ, quand je vais dans une discothèque c’est la première question que je me pose, pourquoi ces gens s’éclatent, pourquoi ils sont contents, pourquoi ils sautent. ? Et dans ma tête ça commence à tourner, j’ai donc essayé de faire une sorte de pot pourri, j’ai rassemblé ces chansons, j’ai pris celle de Sisco que j’ai mis dans un Bit un peu « Ndombolisé », pareil comme « Allumez Le Feu » et « Premier Gaou » de Magic System et ça donné et tout le monde a aimé.

COL : COL : Quand tu commençais la musique à l’âge de 13 ans, qui était ton idole à l’époque ?

PZ : Honnêtement je voulais chanter comme Eboa Lottin à l’époque, j’aimais beaucoup ses chansons, j’écoutais beaucoup parce qu’il y avait de la musique. Quand vous écoutez mes albums, il y a de la musique là dedans. Vous allez trouver des plages où il y a un chanteur plutôt mélodieux et qui a beaucoup de choses à dire. Bon les chansons d’ambiance, les gens aiment bien l’ambiance mais c’est autre chose. Quand je fais « Batobayé », je me rends compte que les Camerounais veulent danser et c’était une manière de laisser les portes ouvertes. Maintenant que ces portes sont ouvertes, j’essaye de temps en temps d’imposer mon style de musique qui est Rumba, Salsa et autres.

COL : COL : Il n y a pas de Makossa là dedans ?

PZ : Je ne sais pas ce que vous appelez Makossa, mais tous les rythmes qui ont les paroles en Douala sont un peu du Makossa (Rires).

COL : COL : Tu chantes en quelle langue Papa Zoé ?

PZ : C’est vrai que dans mon premier album il y a un titre que j’ai entièrement chanté en Lingala, « Moassi Nangaï », c’est-à-dire ma petite ami, ma femme. Mais je chante beaucoup plus en Douala, je suis quand même né à Deido (Rires).

COL : COL : Ton look, tu as des tresses, est-ce que tu peux nous dire ce que c’est ?

PZ : Ce que les gens ne comprennent pas, l’artiste ce n’est pas quelqu’un d’ordinaire, il est extraordinaire. Donc il faut de temps en temps se taper une nouvelle tête, revoir son look, j’aime changer de temps en temps, parfois c’est la boule à zéro, mais là c’est une amie qui est à Douala qui m’a fait cette coupe depuis plus d’un mois. J’adore quand les gens parlent autour de moi, quand les gens disent que qu’est-ce qu’il a encore fait sur sa tête ? J’aime ça.

COL : COL : Alors ton nouvel album, « Zone de turbulence »…

PZ : L’album même s’appelle « Zone de Turbulence », et le titre phare c’est « Natikiné », ce que les gens ne comprennent pas.

COL : COL : C’est le Lingala?

PZ : Non c’est le Douala, « Natikiné » veut dire je suis coincé. C’est le titre phare.

COL : COL : Pourquoi « Zone de Turbulence » ?

PZ : « Zone de Turbulence » c’est un titre que mon attaché de presse et moi avons choisi à Paris, Roger Dissaké communément appelé El Gazz et aussi avec mon manager Charly Kingué, ils ont choisi ce titre en m’expliquant que comme il y a tellement du désordre au Cameroun en ce qui concerne la musique, cet album viendra créer une turbulence dans les oreilles des gens. Ce ne sera plus ce qu’on a l’habitude d’écouter. Le Papa Zoé qu’on attend, ce ne sera pas celui là, on va plutôt écouter une mélodie avec une voie mélancolique. C’est ça « Natikiné », c’est maintenant que les mélomanes commencent à découvrir le titre. C’est une très belle chanson où je parle d’un jeune homme qui est amoureux, qui va au village de sa dulcinée et quand il arrive à l’entrée du village, les soldats du roi l’arrête. On lui demande jeune homme où vas-tu ? Il dit, c’est le refrain, excusez-moi, je viens dans votre village pour chercher quelque chose de particulier qu’on appelle l’amour. Montrez-moi où je peux la retrouver et je vous en serez tellement reconnaissant (Il chante le refrain en capela).

« Je chante rarement pour moi »

COL : COL : C’est un album sorti en 2005 ?

PZ : Oui l’album est sorti en août 2005 à Paris.

COL : COL : C’est la suite de la promotion en quelque sorte alors?

PZ : Exactement. C’est la suite mais malheureusement c’est maintenant que les Camerounais commencent à le découvrir. J’aime ça, je prends le temps de faire découvrir l’album au public. Ça ne sert à rien de faire un album qui fait boom, puis on oublie rapidement ou une flamme qu’on allume et après ça s’éteint. Moi je prends du temps pour que les gens apprécient, ça me fait plaisir et ça me donne du temps de réfléchir.

COL : COL : Qui produit à présent ?

PZ : Le producteur de ce tube c’est Essaka Stéphane qui est du côté de Paris, c’est un ami qui m’a fait confiance et qui a pris le produit. L’album a été distribué par les éditions PBI au Cameroun.

COL : COL : Comment le tube a-t-il été accueilli au Cameroun et en France, quel est le titre qui marche le mieux « Le feu » ou « Natkiné » ?

PZ : Natikiné n’est pas une chanson qui se danse en boîte de nuit, c’est une chanson à s’écouter tranquille à la maison avec ses enfants. Par contre ce qui marche en boîte de nuit c’est « Le Feu ». C’est qui marche un peu partout au Cameroun, dans les bars et autres.

COL : COL : Quand tu chantes, quels sont les thèmes que tu évoques le plus, ta vie personnelle ou l’actualité ?

PZ : En fait je chante rarement pour moi, je chante pour ce qui se passe autour de moi. Ce qui se passe dans notre vie, je regarde, j’observe et puis j’écris les chansons.

COL : COL : Premier album, 12 titres, le deuxième en a combien ?

PZ : Le deuxième en a 10, je crois que le prochain en aura 6 ou 7, peut-être même 2. J’ai remarqué que les Camerounais n’écoutent pas les albums, alors, pourquoi faire des albums de 10 titres quand ils ne seront pas écoutés ?

« Papa Zoé ne vit que de la musique », « Eva, le single de fin d’année 2006 »

COL : COL : Il faut des single ?

PZ : Il faut faire des Singles, ils veulent écouter le titre phare puis basta. Ils commencent à acheter des CD piratés avec un titre phare de chaque musicien, ce n’est pas encourageant pour nous. Moi je crois que je vais leur offrir un Single en fin d’année, c’est un titre qui va s’appeler « Eva ». C’est une exclusivité que je vous fais, je ne l’ai dis nulle part, ce sera une façon pour moi de dire merci aux femmes et de leur rendre hommage. Eva parce que la première femme de l’humanité s’appelait Eve.

COL : COL : Ça va se la couler douce ou ça sera explosif ?

PZ : Ce sera un mélange de rumba, Zook cool mais en même temps chaud.

COL : COL : Comment vis-tu les problèmes de la piraterie et des droits d’auteurs avec l’équipe Sam Mbende après celle de Manu Dibango ?

PZ : Je dirais qu’aujourd’hui Papa Zoé ne vit que de sa musique, vraiment c’est dommage pour la jeune génération qui viendra après nous si les choses continuent à aller comme ça. Parce que les gars vont tous mourir, moi au moins j’ai de la chance d’avoir des amis et des relations. C’est-à-dire que si aujourd’hui, ça ne va plus au Cameroun, je peux prendre un billet d’avion et partir. Mais les jeunes, comment ils vont faire ? Quand ils sont malades, qu’est-ce qu’ils peuvent faire, qu’est-ce qui peut se passer ? C’est grave, c’est très grave, je ne sais pas si moi je pouvais connaître ces pirates. Je ne parle pas des jeunes vendeurs qui sont dans les rues, j’achèterais une arme et je vais les buter tous. Parce que vous vous rendez compte, un producteur qui met 10 à 15 millions de FCFA, à peine l’album est sorti, le pirate a ses machines, il prend l’album et commence à le vendre à 500 ou 1000 balles (500 ou 1000 FCFA). C’est n’importe quoi. En ce qui concerne les droits d’auteurs, je fais confiance à chaque groupe qui est en place. Aujourd’hui c’est Sam Mbende qui dirige les troupes, on fait confiance, on regarde. On attend, je sais quand même qu’il y a beaucoup de choses qui se sont passées depuis qu’il est là en bien.

COL : COL : Combien as-tu déjà touché sous son règne ?

PZ : C’est n’importe quoi mais quand même si le geste est là. Il y a une répartition des droits effective, c’est ce qui compte. La somme, ce n’est pas important, c’est n’importe quoi. Mais il y a des projets en suspens.

COL : COL : Papa Zoé, est-ce que tout jeune tu rêvais déjà d’être musicien ou alors c’était un concours de circonstance, et comment as-tu géré la musique et les études ?

PZ : Sincèrement je le sentais déjà, parce que tout petit j’arrivais à mimer les chansons de ma mère quand elle effectuait ses tâches ménagères. Je l’écoutais à l’époque, elle interprétait Nana Mouskouri, Dénis Rousseau, Ray Charles, moi je l’écoutais et les reprenais. Comment je chante pour la première fois ? J’étais au cours moyen II, c’était à Petit Saker, c’était l’école primaire et le collège, le cours moyen II était à côté d’une 6e, alors les gars faisaient une répétition, je suis allé les regarder. Sur place, je me suis mis à mimer la chanson qu’ils tentaient de répéter, et le chef d’orchestre a trouvé que je la reprenais mieux que le chanteur même. Voilà comment on me propose d’aller faire cette chanson. Je me suis retrouvé entrain de chanter avec les collégiens alors que j’étais encore à l’école primaire. C’était parti de cette manière (Rires).

COL : COL : A quel moment tu dis basta aux études ?

PZ : A un moment de la vie il faut choisir, dans ma tête j’avais déjà cette envie de partir, de sortir, tout jeune j’avais déjà cette envie d’aller voir ce qui se passe ailleurs. C’est de cette manière que je suis parti en 1989 - 1990, j’ai piqué des sous à mon papa et je suis allé en aventure avec des amis, il faut le souligner, on voyageait à la carte. Je suis allé à Abidjan, et puis sur la carte je me suis dit c’est quoi le Togo, et on a dit qu’on va au Togo, je décide qu’on aille au Sénégal ou Nigeria. J’ai fais plus de 18 pays africains. C’est comme cela que je suis parti.

COL : COL : C’était à quel âge ?

PZ : C’était à 21 ou 22 ans je ne sais plus. Quand je partais je faisais la deuxième année en première A4. En fait ça n’allait plus, j’avais la tête ailleurs, j’étais déjà une star. Je me rappelle qu’en 6e au collège Alfred Saker, lorsque tu reprenais la classe on t’envoyait à l’internat de Bona Ndoungué, en 5e j’étais attiré par les filles de la classe de terminale, je chantait seulement avec les filles de terminale. J’avais tous les problèmes avec les professeurs.

« Marié et père de deux enfants »

COL : COL : Tu pars de Patrick Ebanda pour Papa Zoé comment ?

PZ : Je vais vous dire, après Patrick Ebanda, il y a eu Patrick Mangando, après c’était Djo Ballar, après il y a eu Patrick Zouk et après c’était Papa Zoé. Après il y a même eu Zoé Lingomba aussi. Papa Zoé, ce nom il vient comment ? Pépé Kallé est en concert au Cameroun, on est au concert, comme j’écoutais beaucoup ses chansons, j’ai remarqué que son animateur était souffrant et qu’il allait s’asseoir à tous les coups, je l’ai calculé quand il est allé s’asseoir je suis monté sur le podium. J’ai pris le micro j’ai commencé à animer, Pépé Kallé était assis dans un coin et il a vu que tout le public criait que voilà un petit camerounais qui est entrain d’animer. Quand j’ai fini j’ai filé, on a arrêté la musique, Pépé Kallé a pris le micro et a dit « ça c’est un vrai Papa Zoé ». C’est comme ça que mes amis ont commencé à m’appeler. En fait, il appelait tous ceux qui sont dynamiques « Papa Zoé ». C’est son manager un papa qui vit à Bruxelles, qu’on appelait Papa Zoé.

COL : COL : Sur ta main, on remarque des tatouages, c’est quoi ?

PZ : C’est une flamme avec des ailes, vous savez que la flamme s’envole, mais quand elle a encore des ailes ça devient autre chose. A côté c’est une balance, puis une femme et d’autres images fortes.

COL : COL : Papa Zoé marié ?

PZ : Oui Papa Zoé est marié avec deux enfants.

COL : COL : La rencontre avec ta femme remonte à quand ?

PZ : La rencontre c’était toujours dans mes folies de jeunesse, voilà 12 ans qu’on est ensemble.

COL : COL : Tu as quel âge aujourd’hui ?

PZ : ce n’est pas la peine de le dire, parce que même si je donne mon âge, on ne va pas le croire. J’ai une trentaine, ça va.

COL : COL : Papa Zoé nous a dit qu’il vivait de son art, ça veut dire qu’il a un compte en banque bien fourni ?

PZ : Quand je dis que je vis bien ça veut dire que je suis pauvre mais je n’ai pas faim. Je me débrouille, je fais ma vie pour mettre ma famille à l’aise, je vais là où je veux c’est important pour moi. Et tout ce que j’ai de plus riche au monde c’est mes relations, c’est mes amis.

COL : COL : Ta famille vit où ?

PZ : Elle au Cameroun bien sûr. Elle supporte mes allés et venus, avant que je ne sois Papa Zoé en discographie, je vivais déjà comme ça. J’ai commencé à faire mes tournées en 1986 avec International Ngoissiri, donc ma famille est habituée avec ce rythme.

COL : COL : Le programme immédiat de Papa Zoé, c’est quoi ?

PZ : J’ai un concert festival à Libreville qui commence le 2 septembre, après j’irai à Paris.

COL : COL : Ton plus gros cachet avec un producteur c’est combien ?

PZ : Je n’ai jamais eu de cachet avec mes producteurs, mes relations avec les producteurs jusqu’ici c’était des relations d’amis. Mai je me rappelle un soir dans un cabaret à Yaoundé, je jouait dans une salle vide. Les autres musiciens ne mettaient pas du sérieux dans leurs prestations parce qu’il n’y avait que trois spectateurs…à la fin, ils m’ont remis une enveloppe et sont partis. Quand je l’ai ouverte, il y avait pour un million 700 mille F CFA. Je n’en revenais pas, en fait il s’agissait d’hommes d’affaires et d’un ministre Gabonais…J’ai distribué des coupures de 10 000 F CFA aux autres musiciens, j’étais devenu insolent (rires) !

COL : COL : Ton pire souvenir dans la musique ?

PZ : C’était il y a quelques années, on était encore à l’école, un artiste de renom monsieur Kangué Emile nous a emmené jouer à Kumbo après Bamenda (dans le Nord-Ouest), nos parents ne savaient même pas où on était, et on est rentré de là, on était 7, on nous a tendu 5000 FCFA. Je me rappelle qu’avec ces 5000, on s’est acheté du pain et de la sardine au Round Point Deido, et chacun a perçu 300 ou 500FCFA. Arrivés à la maison, on a été bien bastonné par les parents. C’est un très mauvais souvenir que je garde.

COL : COL : On va faire un petit coucou à Emile Kangué…

PZ : C’est ça la vie, on est passé par des voies difficiles c’est pour cela que sommes là debout aujourd’hui et murs.

Propos recueillis par François BIMOGO
Transcription :Jean Charles Jérémie

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