COL'TENDANCE
Clarisse Valéri au Cameroun : Wopso Cosmos, 2ème album et retour aux sources
Le séjour de l’artiste Camerounaise dans son pays ne sera pas de tout repos : promotion de son nouvel album, mariage à l’Eglise avec son mari, forte présences dans les télés nationale, et la préparation d’un concert en 2008 au stade Omnisports de Yaoundé. Rencontre.
Cameroun-online Musik Hit/août 2007
Cameroun Online : On l’a annoncé en exclusivité, ta venue au Cameroun, alors tu es au Cameroun depuis le 02 août, la « Soucoupe du Wopso » s’est donc posée chez elle, avec un nouvel album « Wopso Cosmos », le deuxième, c’est quoi Wopso Cosmos » Clarisse Valéri ?
Clarisse Valéri : Ben c’est toi qui l’avait dit depuis Paris, que l’album était « scientifiquement wopso », les étincelles de la résistance, en fait c’est la nouvelle tendance Wopso, je te dirai prochainement pourquoi j’y ai ajouté « Cosmos ».
Cameroun Online : Tu es au Cameroun pour plusieurs semaines, qu’est-ce qui t’attire autant au Cameroun après le succès de ton premier album « Akaupaumaire » ?
Clarisse Valéri : J’aime mon pays, je suis Camerounaise, on ne peut pas voler sans ailes, et pour avoir des ailes, il faut avoir des racines. La base c’est toujours le pays, pour avoir une identité authentique.
Je suis très attachée à mon pays. Vu l’expérience que nous vivons à l’extérieur, il y en a qui ne disent pas la vérité sur leur vie à l’extérieur, on n’est jamais mieux que chez soi qu’ailleurs. La musique camerounaise à beaucoup de problèmes à l’extérieur et je pense que la cause en est la base à l’origine, chacun doit apporter sa contribution. Mon album est 100% camerounais.
C’est une manière de contribuer à la promotion de la musique camerounaise et même du Cameroun à l’extérieur, notre pays est une musique riche dont s’inspire beaucoup de musiciens africains, mais il est inadmissible que les Camerounais copient la musique de l’extérieur qui est en fait à la base notre musique.
Cameroun Online : Tu m’as dit avoir fait une première version de « Wopso Cosmos » qui était très « soukouss » avec des influences de Caën Madoka avec du Ndombolo aussi, mais tu as tout repris à zéro pour revenir aux rythmes typiquement camerounais qui inspirent ces rythmes copiés…
Clarisse Valéri :Le Cameroun est riche en cultures, on a des musiques, mais pas possibles. La première équipe a été superbe, j’ai eu le succès, mais alors, le premier « Wopso Cosmos » était basé sur le 100% soukouss, mais je me suis rendue compte que je ne pouvais pas en tant que Camerounaise, je ne pouvais pas valoriser une musique qui n’avait rien à voir avec la musique de mon pays.
C’est pas du racisme. Le public allait aimer, mais les guitares devaient être zaïroise comme dans le premier album, le public allait aimer, mais au fond, ce ne serait pas de chez moi. J’ai accepté les critiques de plusieurs journalistes qui m’ont fait ce reproches, alors, j’ai changé, je me suis reprise, il est temps que le Cameroun valorise sa culture, il est temps que chaque artiste y apporte sa contribution pour l’élévation de la musique Camerounaise dans la diaspora, comme à l’époque des icônes comme Jean Paul Mondo, Ben Deca, Manulo, Titi Edima, Marthe Zambo, Coco Ateba (qui me soutient beaucoup à Paris).
Il faut arrêter de copier, notre culture se perd, j’ai voulu faire plaisir au Camerounais, et à moi-même en relevant le défi de la culture, de la rythmique, des rythmes de chez moi.
On peut danser le soukouss de chez nous, le valoriser, les prendre ensuite, les amener à la diaspora, aux Kora avec une identité, pour l’instant, tout est bordélique, par ce qu’on ne sait pas où on en est. Il faut arrêter de nous déchirer pour notre culture, on doit être unis comme les Ivoiriens ou les Congolais pour la promotion de notre culture. On est pourtant plus fort que ces gens là !
Tout se paye ici bas
Cameroun Online : Revenons à « Wopso Cosmos » qui est le titre phare de cet album. Mais il y a aussi « Tout se paie ici bas », pourquoi « Tout se paie ici bas » ?
Clarisse Valéri :Ben, tout se paye ici bas en effet. Vous voyez François, nous vivons une époque où le mal prend de l’ampleur, les injures gratuites, les petites calomnies volontaire, et méchanceté qui ne valent pas la peine. Pourquoi tout cela, puisque en fin de compte, l’homme meurt.
En fin de compte, l’homme c’est quoi ? Je suis croyante, nous devons nous convertir, qu’on arrête de se détruire entre nous, la vie d’un homme dure au maximum 100 ans, il ne faut pas allez trop vite. Arrêtons de faire du mal, je ne suis pas parfaite non plus, il y a déjà des maladies, des gens qui souffrent du Sida, des handicapés.
Il y a beaucoup de personnes qui souffrent. Je prie pour tous ces gens avant de commencer ma propre prière personnelle, je demande au Seigneur de pardonner les péchés de tous ces gens, et de leur envoyer le Saint-Esprit. La vie est difficile, même pour réaliser mon album c’est pas facile, même ton travail, c’est le Wopso, la résistance, faut-il encore y ajouter les coups bas, et surtout que touts se paye ici bas enfin de compte.
Cameroun Online : Clarisse Valéri, ton premier succès a été entravé par la piraterie comme beaucoup d’autres artistes qui ont pignon sur rue, alors comment tu fais la « résistance face à la piraterie » ?
Clarisse Valéri :La piraterie est un fléau négatif, mais moi je crois en Dieu, je positive la vie et rien ne peux m’arrêter, et je vais dominer la piraterie. Je demande au Seigneur de pardonner ceux qui piratent, je sais que les conditions de vie qui font qu’ils sont obligés de tricher pour vivre.
Mais qu’il arrêtent la piraterie, mais moi je n’abandonnerai pas à cause de la piraterie, mon premier album a été piraté et je n’ai pas eue un centime, mais je vais faire encore une plus grosse promotion pour mon deuxième album, plus efficace, le double pour leur montrer qu’on « résiste » à la piraterie.
Ce ne sont pas seulement les pauvres qui piratent, il y en a qui sont derrière qui font des affaires. Je demande au Seigneur de leur pardonner, car s’ils savaient ce qu’ils faisaient, le Seigneur enverrait le feu pour brûler ces gens là, ils ne peuvent pas imaginer des gens comme nous qui sortons des budgets pour faire la promotion et qui n’avons rien en retour. C’est choquant mais en même temps il faut pardonner!
Cameroun Online : La promotion justement, t’en fera beaucoup, à la télévision nationale notamment où tu seras fortement présente jusqu’en 2008, quelles seront tes autres activités au cours de ce séjour ?
Clarisse Valéri :Bon ben, je ne ferais pas dans la dentelle, ça va être saturé, j’ai prévu un grand concert pour la lutte contre le Sida au Stade Omnisports de Yaoundé entre le mois de janvier et mars (2008, Ndlr), et ça c’est personnel, il y aura le mariage à l’Eglise avec évidemment Pascal Valéri (son mari, Ndlr), j’espère qu’on sera tous au mariage, on va danser le Wopso (éclats de rires).
Certains artistes de la diaspora qui m’ont soutenu pour mon album seront là pour ce concert au Cameroun, il y aura le show, on va faire la fête.
Cameroun Online : Ben merci une fois encore pour vous livrer en exclusivité quelques heures après ton arrivée au Cameroun, juste un dernier truc, tu as vraiment mis 70 vêtements pour le tournage de ton clip vidéo « Tout se paye ici bas » ?
Clarisse Valéri :Oui je le confirme, c’est même plus que 70 tenues. C’est la nouvelle tendance créée avec mon premier album, alors je le maintiens. Il faut créer dans la vie, en dehors de la musique, il faut bien apporter autre chose qui plaît au public, la preuve, toute la jeunesse camerounaise mets le bottes, les jupes Wopso, cela me fait plaisir d’apporter un peu de baume à la souffrance du pays, nous le savons tous, c’est dur de s’en sortir. Si la tendance Wopso apporte de la joie de vivre, ben c’est tant mieux !
Propos recueillis par François BIMOGO