COL'TENDANCE
Folklore: les pas mystiques du Kungang

Cette danse traditionnelle du grand ouest Cameroun est réservée aux initiés.
Dans la grande cour royale de Fontem, des danseurs se succèdent devant le public qui se régal devant ce spectacle. De nombreux touristes venus prendre part aux festivités marquant les 25 ans de règne du Fon de Fontem laisse crépiter les flashes de leurs appareils photo sur ces danseurs, qui, avec leurs tenues pittoresques, multiplient des gestes spectaculaires chaque fois qu’en guise de « motivations », ils reçoivent des billets de banque. Les danses et les danseurs défilent à tour de rôle devant le roi et ses invités.
Puis, vient le tour d’un groupe de danseurs qui ne laissent personne indifférent. Lorsqu’ils débouchent de la petite colline qui fait face à la cour principale de la chefferie, hommes, femmes et enfants prennent leurs jambes à leur cou comme s’ils avaient vu le diable en personne. C’est la débandade. On entend des enfants crier « Ndjoundjou», du nom d’un croquemitaine assez connu chez les enfants. Les danseurs portent de longs cheveux qui leur tombe pratiquement aux chevilles et qui couvre entièrement leur visage. Les autres portent des masques ornés de perles et autre cauris.
La crainte du public ne tient pas seulement de l’accoutrement bizarre des danseurs de ce rythme traditionnel appelé Kungang. « Les gens ont raison de fuir parce que, si au cours de la danse un de ces danseurs te touche et que tu es sorcier, tu peux en mourir. Même si tu n’es pas sorcier mais non initié cela peut te poser un problème », confie Joseph Tanyi, danseur de Kungang et tradi-praticien. Raison pour laquelle, seuls les expatriés osent s’approcher des danseurs et se laissent même frôler par les long cheveux de ceux-ci. Au grand étonnement des riverains. C’est que le Kungang est une danse uniquement réservée aux « initiés ». Elle ne s’exécute pas à toutes les occasions. « La particularité de cette danse est qu’on l’exécute pour chasser les sorciers. C’est une danse mystique. On la danse également lorsqu’une saison sèche a été trop longue et qu’on veut faire tomber la pluie », affirme Joseph Tanyi. Il ajoute que pour danser le Kungang, il faut être « docteur traditionnel, notable ou fils de ces personnes-là.
Le Kungang de Fontem, selon Joseph Tanyi, est le même que celui qui se danse chez les Bamiléké. Une danse que les populations redoutent alors que les expatriés et les touristes admirent. « It is wounderfull », s’est exclamé un américain en regardant le spectacle à Fontem.
D.N.T.