COL'TENDANCE
Découverte: Lili C. jeune chanteuse camerounaise de Douala
C'est une bombe a(na)tomique qui voudrait bien exploser musicalement aussi au Cameroun. Reportage.
Cameroun-online/juillet 2006
A peine son tout premier album dans les bacs, la jeune
artiste camerounaise Lili.C, la bombe africaine, fait
déjà des émules dans son pays. A Douala, son album «
ALL » qui est un bon dosage de plusieurs rythmes a été
favorablement accueilli par les mélomanes de la place.
Entre ses origines d’horizons divers, ses rythmes
variés, sa situation familiale qui a dépassé les
frontières, sa rage de défendre la beauté de la femme
africaine, ainsi que la profondeur de ses textes
qu’elle veut limpides et envoûtants, la nouvelle
coqueluche de la musique camerounaise est tout un
symbole, toute une philosophie.
Elle n’est ni une
grenade, ni une bombe nucléaire mais une bombe
africaine qui incarne la beauté, la joie, le charme et
la séduction. Malgré les difficultés qu’elle a
éprouvées pour se frayer une place au soleil, la
filière de la production étant essentiellement truffée
de loups, Lili.C s’accroche dans sa propre roue, en
assurant elle-même sa promo pour le moment.
Après
avoir déposé des explosifs dans la capitale
économique, la bombe de Vimli la ville cruelle, est
prête à sauter sur Yaoundé. Nous sommes allés à la
rencontre de cette dame de Mbalmayo qui a choisi
l’Italie comme deuxième patrie.
Les débuts
Comme la plupart des artistes camerounais, très jeune,
Lili.C voulait déjà faire de la musique. A 12 ans,
elle aimait chanter. Elle chantait par plaisir mais
surtout pour oublier ses problèmes et ses soucis. «
Quand je suis triste, je chante, si j’ai des
problèmes, je n’en parle pas. Je me cache et je
préfère chanter dans mon coin, c’est une sorte
d’antidote pour moi » Son aventure dans le gluant
monde de la musique commence véritablement en juillet
2001, lorsqu’elle rencontre celui qui se présente
comme son père spirituel.
Elle fait la connaissance de
Soukouss Makoul à tout hasard, le lien entre les deux
est facilité grâce aux origines de l’épouse de son ami
Makoul qui est Beti comme Lili.C. Le père de Lili est
un Mvog Beti de Yaoundé, alors que sa mère vient de
Mengueme dans le Sud cameroun. Mais leur aventure va
rapidement tourner au vinaigre. Plusieurs malheurs
sont enregistrés à la fois, le studio de Ndédi Eyango
le Prince des Montagnes qu’ils avaient sollicité était
scellé à l’époque, ensuite toutes les négociations
effectuées sont tombées dans l’eau. Ils ont fait la
programmation de 7 titres mais elle avait fait les
voix pour 4 seulement, alors que le contrat prévoyait
9 titres. Conséquence, 1.5 millions de FCFA engloutis
pour rien.
Sans se décourager, Lili.C La
Bombe Africaine, à l’époque sur maquette, avait opté
pour sa propre production, en allant au studio Aubin
où le produit a finalement été réalisé, les 9 titres à
un coût raisonnable. Après cette phase importante,
Lili s’est retourné vers Maître Emmanuel Essissima le
président de la fédération camerounaise des Savates et
Kick Boxing, pour le travail des supports, de la
communication, de l’organisation de la soirée de
dédicace et du lancement de la promotion du tube.
L'échec, ce stimulant pour les winners
« J’ai sorti beaucoup d’argent pour la production de
cet album mais la promotion na pas suivie, je suis
obligée de faire moi-même ma propre promo. » En dehors
de la promotion, il y a des problèmes de distribution,
pour les mêmes raisons dues à un manque de sérieux
dans le secteur.
Il faut aussi à ce niveau là, faire
des pieds et des mains pour que les choses marchent
dans le meilleur des mondes possibles. Il faut avoir
des moyens pour assurer soi-même sa distribution, elle
reconnaît que les sponsors ne viennent vers les
artistes que lorsque l’album est déjà sorti.
« Vous
pouvez vous balader comme vous voulez avec votre
maquette, personne ne vous regardera, c’est l’album
qui les intéresse. » A ce jour, La Bombe Africaine
affirme quelle a déjà dépensé plus de 4 millions de
FCFA pour cet album. Elle a fait 3000 affiches, de
nombreux spots publicitaires dans les radios et télés,
elle a pressé 1500 CD, 1000 cassettes, la CMC a été
réglée, l’organisation de la soirée dédicace du 19 mai
dernier à Bonapriso à Douala a coûté un prix, en
attendant celle de Yaoundé qui est prévue le 29
juillet prochain.
La jeune artiste dit avoir déjà
vendu 250 CD, ce qui est un signe flatteur. « Je vends
moi-même mon Cd à 5000 FCFA, mais lorsque je dépose
les produits chez quelqu’un, ça coûte 3500 FCFA »
C’est un album de feu pour son auteur mais il faut une
réelle pub pour qu’il marche bien. C’est pour cette
raison que Lili.C à bord de sa petite Peugeot, fouille
les sponsors et ne laisse pas dormir les animateurs
des radios, il faut une communication à outrance.
La Bombe Africaine, c’est quoi au fait ?
Chercher l’explication de La Bombe Africaine c’est
connaître d’abord ce que cache Lili.C. Ce nom
d’artiste lui vient de son nom patronymique Mboé Marie
Liliane, alors que le C vient de Le Conti son mari de
nationalité italienne. Elle reconnaît d’ailleurs que C
c’est le premier promoteur de son album. « Je suis la
seule chose qui ravit son existence, Le Conti n’est
pas tranquille quand je suis stressée », mais entre la
musique et son mari italien, c’est une dualité qui
embarrasse l’artiste elle-même au point où elle finit
par philosopher pour sen sortir.
« Ce qui ravit mon
existence, c’est la musique, lui Le Conti fait partie
de ce qui ravit mon existence. » Quand on lui demande
de choisir entre son mari et la musique, elle dit
qu’il n’y a pas de choix qui tienne.
La Bombe Africaine pour elle, c’est l’incarnation de
la beauté africaine. Les femmes africaines sont toutes
belles, elles n’ont pas besoin de se décaper ou
admirer les européennes pour s’affirmer. La Bombe
Africaine na donc rien à voir, dit-elle, avec le
nucléaire, c’est le sourire, le charme, la beauté.
La
femme africaine renferme tous ces atouts qui font
d’elle une véritable bombe qui peut exploser. « La
Bombe Africaine ou La Bombe C c’est l’explosion de
joie avec des étincelles de bonheur, elle est
différente de des explosions de Bagdad » La Bombe de
Vimli ou la ville cruelle Mbalmayo dans la province du
Centre, son département d’origine, est donc la mère
des explosions douces qui peuvent faire de gros dégâts
dans les coeurs.
La Bombe C se méfie désormais des exploseurs
L comme Lili envisageait une maternité tardive mais
compte tenu de toutes les explosions qui se font
entendre autour d’elle, selon ses propres termes, elle
pense déjà à un petit Conti ou à une Liliette. « Ce
n’est pas bon de se faire exploser par des inconnus,
les exploseurs occasionnels c’est des vampires. C’est
curieux aujourd’hui, lorsque vous dîtes à ces
exploseurs que vous êtes marié, c’est à ce moment
qu’ils sont même plus excités et motivés à vous faire
la cour. Doc pour couper court, il faut déjà un petit
Conti à la maison. »
Lili.C, pour les vendeurs
dillusions, cest une exclusivité du Segnore Conti.
L'album ALL et son contenu
« Ngôma » son titre phare renvoie à une interrogation
sur sa vie privée. Ngol, la pitié en Ewondo, Ngôma
s’interroge sur son sort vis-à-vis de son partenaire
privilégié. Sans lui, Le Conti, elle ne serait rien,
d’où la lamentation Ngôma. Lalbum ALL a 9 titres avec
5 rythmes puisés du folklore culturel camerounais.
Mais Lili.C est également sortie du Cameroun pour
chanter à l’honneur de son mari, puisqu’elle s’exprime
bien en italien.
Dans le titre « Lei » qui veut dire
Elle, Lili qui est une bombe, savoure, croque,
lèche, goûte, mord et l’homme remercie Eros, le Dieu
de l’Amour, d’avoir offert ce corps à la jolie
Bachante qui n’est rien d’autre que La Bombe, la
femme, La Bombe Africaine. « Contrairement à ce qu’on
peut dire, je ne chante pas les dessous de robes ou de
pantalons, je chante pour l’Amour pur. » La musique
pour madame Conti est une passion, « Sans elle je
soupire, avec elle je respire, je remercie Eros, je
savoure cet instant et je prie le seigneur que ça ne
s’arrête pas », Extrait de Lei traduit en Français.
Lili.C prévient toute celle qui n’aime pas faire des
efforts pour être unique, il n’y a pas de possibilité
de photocopier La Bombe. « Si on me stéréotype ça
n’aura pas le même effet, on n’aura pas les mêmes
explosions. »
Un homme averti en vaut quatre, avis
donc aux amateurs, Lili.C La Bombe Africaine est déjà
là, prête à exploser sans tuer.
Jean Charles Jérémie à Douala