FEMMES
Histoires d'amour, histoire d'époque?

Faut-il y croire encore?
cameroun-online / Jeudi 01 Juillet 2010
Petite histoire (un peu triste) de notre époque Ahmed et Emmanuela s'aiment d'amour tendre… Ils s'aiment même tellement qu'ils décident de se marier…
En attendant le jour J, ils vivent ensemble. Ils sont adultes, majeurs et vaccinés, indépendants financièrement. Qui donc peut s'opposer à ce choix, et surtout pourquoi ?
On suppose, étant donné qu'ils sont intelligents et bien élevés, qu'ils ont suffisamment réfléchi avant de faire ce pas ! Alors, où est le problème ? D'ailleurs, y en a-t-il un ? (Peut-être que quelques vieilles pimbêches vont grincer des dents, mais qu'importe…)
Quelque temps plus tard, leur cousin Alexandre tombe amoureux et se fiance avec Ingrid.
En attendant le mariage, pourquoi ne pas faire comme Ahmed et Emmanuela, ils ont l'air si heureux ! Les voilà qui s'installent à deux…
Le mariage approche, et Alexandre a des doutes de plus en plus sérieux quant au choix de sa future épouse. Ne se serait-il pas trompé ? Mais il ne peut plus faire marche arrière car il était clair, pour tous les deux, que la cohabitation signifiait que leur engagement était définitif.
Il avait oublié (l'a-t-il jamais su, d'ailleurs ?) que les fiançailles sont " le dernier temps de discernement " avant l'engagement le plus risqué que l'humain soit capable de prendre : s'engager à vivre tout le reste de sa vie ( !!) avec la même personne, fonder une famille et conduire des enfants à l'âge adulte, dans les conditions optimales pour leur épanouissement…
Les fiançailles, temps difficile mais crucial où l'on peut encore -normalement- faire marche arrière… Mais plus on a été " loin " dans la relation, plus les liens sont douloureux à rompre, le cas échéant.
Honnête homme, Alexandre décide de se marier tout de même, ne pouvant rejeter celle qui a cru à sa parole " privée ". Mais le jour J, son cœur est lourd… même si personne ne le remarque.
Quelques mois plus tard, leur cousin Antoine tombe amoureux de Néka.
Pourquoi se marier, au fond ? On voit bien que pour Ahmed et Emmanuela , Alexandre et Alexandra / Ingrid, le mariage n'était qu'une formalité dans leur parcours de couple. Il n'a rien changé fondamentalement à leur vie. Alors, pourquoi se compliquer la vie par des démarches inutiles et coûteuses ? Exit le mariage.
Le temps passe (et oui, l'histoire s'étale sur plusieurs années, mais pour évaluer les fruits d'un comportement, il faut un peu de recul !)
Alexandre se sépare de son épouse...
Coup de tonnerre dans le ciel bleu. Qui aurait cru ? (Mais qui savait ses réticences le jour de son mariage ?)
Se faisant, il ne fait que confirmer les statistiques qui montrent que ceux qui cohabitent avant de se marier divorcent 2 fois plus que ceux qui n'ont pas cohabité…
Antoine et Néka se séparent aussi... confirmant eux-aussi les chiffres : 9 couples de cohabitants sur 10 ne passent pas la barrière des 10 ans de vie commune.
Ils ne savaient pas que, pour durer, l'amour a besoin de la force de l'engagement, explicitement exprimé dans le mariage. Ce mariage, justement " utile " pour aider le couple à passer les caps difficiles. Mariage qui montrent que les conjoints sont conscients de leurs limites et de leurs faiblesses… et reconnaissent que la construction d'une vie de couple épanouie est un défi. Comme le montagnard s'appuie sur sa détermination à vaincre le sommet quand la montée devient trop dure et que l'envie de redescendre le tenaille…les gens mariés s'appuient sur leur mariage quand l'envie d'aller voir ailleurs les secouent parfois durement !
Revenons à Antoine et Néka; l'entourage se dit : " ouf… ils n'étaient pas mariés ! " . Mais la souffrance de la séparation est-elle moins grande, surtout pour le plus amoureux des deux ? .
En plus, le temps a passé… Néka a pris quelques rides, et son " temps de fécondité " a diminué… Trouvera-t-elle encore un mari, au milieu de toutes ces petites " jeunesses " bien plus " appétissantes " ? Et quand elle l'aura trouvé, pourra-t-elle encore avoir des enfants ? (Le célibat définitif - et non choisi - des femmes est en augmentation alarmante ces dernières années ; la " stérilité " pour cause de 1° " essai de maternité " trop tardif aussi…)
Devant un tel désastre, la " petite cousine " a beaucoup réfléchi : c'est clair, il ne faut pas se marier, ça apporte beaucoup trop d'ennuis. Alors, elle vit ses amours au jour le jour, se croyant réellement " libre " : " Je reste avec toi tant que tu me plais, on se sépare relax quand on ne s'aime plus… ".
Mais elle a oublié une chose , cette chère " petite " L'humain recherche la stabilité, surtout quand le désir d'enfant se fait plus pressant.
Mais comment trouver un mari quand on ne croit pas au mariage ? Et la voilà qui a un bébé, hors mariage…
Malheureusement, les cohabitations avec enfants ne sont pas plus solides que celles sans enfant. Tout au plus tiennent-elles un peu plus longtemps… La " petite " cousine quittera sans doute le père de ses enfants. Malheureuse d'être parent seule, elle se retrouvera un compagnon pour quelques mois ou même quelques années… mais a toutes les chances de terminer sa vie dans la solitude.
Quand époque Ahmed et Emmanuela se sont " mis ensemble ", ils se sont dit : " notre amour ne regarde que nous, notre vie privée ne regarde personne. " Et les adultes ont acquiescé : puisqu'ils étaient fiancés….
Devant cette évolution des mœurs, les anciens sont étonnés. " Comme ça a été vite… " Et oui, comme ça a été vite. Mais qui a envie de jouer la vieille pimbêche qui va rouspéter et dire qu'elle n'est pas d'accord ? Mais n'est-il pas grand temps de tirer la sonnette d'alarme ?
S'il est vrai que toutes ses histoires amoureuses ne sont pas des plus gaies, elles reflètent malheureusement une réalité qui existe et semble devenir une norme de notre société.
Liberté, ambition, peur de s'engager ont pour conséquence une mutation des relations.
A se demander si l'amour, LE VRAI, celui qui dure pour toujours, comme celui de nos grands parents, existe t-il toujours?
Tant de questions à méditer... mais une chose est sûre, chez NOIRAUFEMIN on y croit encore dur comme fer!
Myriam Terlinden, Concubinage