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Crise anglophone : Très critique, Chief Victor Mukete livre sa part de vérité

Le très respecté Chief Victor Mukete a, dans une interview accordée au Magazine Jeune Afrique, fustigé la marginalisation des anglophones, la mauvaise gestion de la crise anglophone, en même temps qu’il prône, comme solution, un fédéralisme à 10 Etats. Morceaux choisis…
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02/19/2018 - 21:18
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

Au Cameroun, le Doyen du Sénat, Chief Victor Mukete, est une voix qui compte. Doyen d’âge du Sénat, il est membre du Comité Central du RDPC (parti au pouvoir), mais aussi chef traditionnel très respecté dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. 

Grand artisan de la Réunification du Cameroun sous administration française, avec une partie du Cameroun anglophone, au lendemain des indépendances, c’est avec une certaine autorité qu’il aborde la question sensible de la crise socio-politique que traverse le pays, avec des relents sécessionnistes.

Marginalisation des anglophones…

Le Fon Mukete est un richissime homme d’affaires prospère. Président du Conseil d’Administration de la Cameroon Telecommunications (CAMTEL), il est aussi membre du Conseil Economique et Social, entre autres. Cependant, l’ancien militant de la réunification du Cameroun estime que la population anglophone est très mal lotie dans la redistribution des richesses et la répartition des responsabilités au sein de l’appareil étatique.

« La marginalisation des anglophones est extrême », confie-t-il au média français. « A peine 10 anglophones sur 60 membres du Gouvernement…Nul ne peut prétendre être à l’aise avec ça », déplore-t-il. Ce qui, selon lui, à contribuer à exacerber les clivages, qui ont conduit à cette crise latente qui dure depuis longtemps, et qui a atteint aujourd’hui, un pic déplorable.

« Aucun des différents Premiers ministres anglophones qu’a connu le pays ne s’est jamais montré suffisamment honnête ou courageux pour tirer la sonnette d’alarme et tenter de limiter les frustrations », affirme le sénateur. 

La gestion de la crise anglophone…

Sur la question de la gestion de la crise anglophone, le chef suprême du peuple Bafaw dans le Sud-Ouest estime que cette crise qui a éclaté en octobre 2016, aurait pu être évitée si à une époque, il avait été écouté. Surtout, « si l’on s’était abstenu d’emprisonner des leaders modérés qui n’avaient en définitive que des revendications sociales », lance-t-il, très critique. « Si l’on s’était abstenu aussi de brider la parole des deux protagonistes, celui des modérés comme celui des sécessionnistes », ajoute-t-il, dans la même veine.  

« Seul le fédéralisme peut régler la crise anglophone »…

Tandis que certains protagonistes de la crise socio-politique réclament la partition du pays, pour créer l’Ambazonie, d’autres, plus modérés, prônent l’instauration du fédéralisme. Le sénateur anglophone semble plus proche de cette seconde tendance. Et il le dit sans équivoque : un fédéralisme à 10 Etats est pour lui, la solution indiquée pour sortir de la crise anglophone. Il affirme même que « seul le fédéralisme peut régler la crise anglophone » ! « Dès qu’on sera en mesure de le financer », tempère-t-il toute de même.

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