Primary tabs

Politique

Brigitte Edibi Voundi parle du bilinguisme au Cameroun

Brigitte Edibi Voundi la directrice du Centre linguistique pilote de Yaoundé a donné son avis sur la Commission Nationale de Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme créee par le Président de la République
4 lectures aujourd'hui
1,765 vues
05/08/2017 - 20:38
0
Tobie-Rodrigue Atangana
Journaliste

 

Comment appréciez-vous l’avènement de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme ?
Je dois à la vérité de dire que la surprise, les questions et les spéculations suscitées au lendemain de la création de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme continuaient de tarauder les esprits des Camerounais quand on a annoncé l'installation des membres de cette commission dont l'une des missions sera de toute évidence la codification de l'usage de nos deux langues officielles dans les sphères administratives et politiques de la vie de la nation. La Commission se chargera aussi de travailler pour la promotion de nos langues, cultures et traditions en brisant les barrières qui pourraient exister entre elles et en montrant aux Camerounais qu'elles constituent des sources intarrissables pour un enrichissement mutuel nécessaire à l'intégration des Camerounais dans le train de la mondialisation.
En tant que citoyenne et directrice du CLPY, quel regard jetez-vous sur la pratique du bilinguisme au sein de notre société ?
La pratique du bilinguisme au sein de notre société actuelle se fait à plusieurs vitesses. Il existe certes une politique nationale du bilinguisme définie par le chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya, avec des instruments de mise en œuvre de cette politique à tous les niveaux de notre système éducatif. Le programme de formation linguistique bilingue et l'Ecole de traduction et d'interprétariat de Buea l'un des instruments les plus visibles de cette mise en œuvre de la politique du bilinguisme. Mais je dois ajouter qu'il existe des cellules de traduction dans les ministères, que la journée nationale du bilinguisme est célébrée chaque année au Cameroun au mois de février, et que certaines grandes personnalités de la République s'expriment indifféremment en français et en anglais lors de leurs prises de parole à la radio et à la télévision. Il manquait une institution de la nation pour réguler cette pratique du bilinguisme et le chef de l’Etat l'a compris.
La Constitution camerounaise fait du français et de l’anglais deux langues d’égale valeur. Que faut-il faire pour amener les Camerounais vers une réelle pratique du bilinguisme au sein de notre société ?
Il y a un travail d'explication des atouts du bilinguisme qu'il faut abattre à la base. La maîtrise de nos langues officielles permet non seulement d'avoir accès aux connaissances et aux savoirs, mais aussi de se positionner dans le monde socio-professionnel. La motivation instrumentale peut aussi renforcer la pratique du bilinguisme : si certains postes de responsabilité sont réservés aux cadres bilingues avérés, notre administration gagnera en célérité, en objectivité et en confidentialité dans le traitement des dossiers.
                                                                                   Propos recueillis par Jean François Belibi de Cameroon Tribune

Étiquettes: