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Cameroun : Coopération avec la Suisse pour la promotion du bilinguisme

La déléguée fédérale au plurilinguisme en Suisse, Nicoletta Mariolini, séjourne au Cameroun depuis le 21 Janvier 2018.           Durant son séjour de cinq jours, elle partagera avec la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme, l’expérience de son pays en matière...
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01/23/2018 - 17:02
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

Au Cameroun, la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme (CNPBM) bénéficie depuis ce 21 janvier, de l’expérience de la Suisse, pour promouvoir l’harmonie et la coexistence de ses langues nationales. Notamment, l’anglais et le français, érigés en langues officielles par la Constitution. Et à ce titre, Le Cameroun et la Suisse sont deux pays ayant au moins deux langues officielles en partage. C’est dans ce cadre que Nicoletta Mariolini, déléguée fédérale suisse au plurilinguisme, est arrivée à Yaoundé, ce lundi, à l’invitation de la CNPBM.

Son séjour de cinq jours en terre camerounaise, a pour principal objectif de partager son pays. En effet, la Suisse est un pays composé de quatre aires linguistiques. En effet, 64% de germanophones, 23% de francophones, 8% d’italophones et 0,6% de romanches, cohabitent pacifiquement dans ce pays d’Europe de l’Ouest. Ce qui donne une indication claire sur l’expérience à partager par l’émissaire suisse, déléguée fédérale au plurilinguisme depuis le 1er août 2013.

Pour celle que l’on présente comme "l’Ambassadrice des minorités", « la langue est d’abord une question d’attitude et d’ouverture envers les autres et envers soi-même. Cela demande notamment de fournir des efforts supplémentaires et de réfléchir à son degré de tolérance, par rapport à ses propres fautes de langue et à celles que l’on accepte des autres ». Mieux, pour Nicoletta Mariolini, « les langues sont aussi un véhicule de la culture. Il ne faut donc pas les considérer que pour elles-mêmes mais également avec tout ce qui se cache derrière elles ».

Une vision qu’elle a pu partager avec le Président de la commission, Peter Mafany Musonguè, au cours de l’audience qu’il lui a accordé ce mardi 22 janvier. « On a évoqué la question de la responsabilité partagée qui demande un effort de la part de tous les niveaux institutionnels, ainsi que de la société civile. Nous avons également mis l’accent sur la nécessité de rééquilibrer certaines différences avec des mesures qui sont permises par la décentralisation de certains services ou tâches de différents niveaux », a-t-elle confiée.

Ajoutant que « Cet échange d’expérience nous a permis d’identifier des points communs et des points différents. Du point de vue institutionnel, c’est clair qu’on est deux pays différents. Mais, du point de vue de l’unité dans la diversité, on a une analogie très importante », a relevé Mme Mariolini, au sortir de l’audience.

Assurément, le Cameroun à fort à gagner dans ce partage d’expérience. Surtout dans un contexte de crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, dû, en partie, à quelques revendications sur fond d’appartenance à l’aire linguistique anglophone. Certains anglophones (environ 20% de la population) s’estimant marginalisés, au profit des francophones, plus nombreux.

C’est d’ailleurs pour consolider l’harmonie entre les camerounais d’expression anglophone et francophone, que le Président Paul Biya a créé la Commission Nationale Pour la Promotion du Bilinguisme et du Multicularisme, qui est actuellement à pied d’œuvre. Avec pour missions principales de soumettre des rapports et des avis au président de la République et au gouvernement sur les questions se rapportant à la protection et à la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme ; assurer le suivi et la mise en œuvre des dispositions constitutionnelles  faisant de l’anglais et du français deux langues officielles d’égale valeur ; ou encore élaborer et soumettre au président de la République, des projets de textes sur le bilinguisme, le multiculturalisme et le vivre-ensemble etc.

C’est donc dans ce cadre que la commission fait appel à l’expérience de la Suisse, et, bien avant, du Canada. Deux pays qui présentent une diversité linguistique à peu près similaires.

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