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Manifestations du 1er Octobre : Controverse autour du bilan de la répression

Alors que les autorités camerounaises avancent un bilan provisoire de 10 morts, Amnesty International et d’autres ONG locales avancent le chiffre de 17 morts et plusieurs personnes blessées.
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10/03/2017 - 14:15
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

La journée du Dimanche 1er Octobre a cristallisé toutes les attentions au Cameroun. A distance, la communauté internationale et les médias internationaux observaient également le déroulement des événements macabres de cette journée sous tension. Les autorités étatiques, fermement déterminées à contrecarrer le projet sécessionniste du Southern Cameroon National Council, avait renforcé le dispositif sécuritaire.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest étaient ce weekend sous forte militarisation pour contrôler les manifestants. Les Gouverneurs respectifs des deux régions avaient instauré un couvre-feu durant tout le weekend. Les populations étaient invitées à rester chez elles le 1er Octobre.

Seulement, le jour venu, même si les forces de l’ordre ont globalement maitrisé la situation et freiné les manifestations, cela ne s’est pas fait sans des heurts qui ont entrainé des victimes civiles. Ikiliwindi, près de Kumba, a été le théâtre de l’attaque d’un poste de gendarmerie. Les gendarmes en sous-effectifs ont ouvert le feu sur les insurgés faisant trois morts avant de prendre la fuite.

Non loin de là, à Kumba, un moto taximan a été victime des balles de la Police après avoir tenté de braver le couvre-feu et l’interdiction de la circulation des motocycles. A Buea, chef-lieu de la Région du Sud-Ouest, les témoignages ont dénombré au moins trois autres victimes civiles tuées par balles. Interviewé sur la radio nationale, le Gouverneur de la Région du Nord-Ouest a dénombré onze morts dans son unité de commandement. Par ailleurs, au moins cinq prisonniers sont morts en tentant de s’évader de la prison de Kumbo. Les 135 autres détenus ont été transférés à la Prison Centrale de Bamenda. Plusieurs blessés sont également à déplorer.

Du coté des forces de l’ordre on compte au moins cinq blessés. Un militaire aurait été battu par des manifestants, avant que son arme ne soit arrachée. Des postes de police et de gendarmerie, des bâtiments publics, ont été vandalisés et mis à sac.

Si le bilan officiel annoncé est de 10 morts, l’ONG Amnesty International parle elle d’au moins 17 personnes tombées sous les balles des forces de l’ordre. Un bilan qu’auraient confirmé, sous anonymat, des sources sécuritaires locales à l’AFP.

Au lendemain des heurts, les activités reprennent timidement dans ces régions. Des voix continuent à s’élever pour appeler à l’apaisement et au dialogue. Ce lundi 02 Octobre, la Secrétaire Générale de LA Francophonie, Mickaelle Jean a elle aussi appelé au calme et au dialogue. Tandis que dans un communiqué ce mardi 03 Octobre, Antonio Guterres, le S.G de l’ONU, qui avait appelé au dialogue le 28 Septembre, a « invité les autorités camerounaises à mener une enquête sur les incidents » qui se sont produits le 1er octobre dernier dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

 

 

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