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29ème Sommet de l’Union Africaine : l’autofinancement au menu des échanges

Le 29ème sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement s’ouvre ce lundi 3 juillet 2017 à Addis-Abeba. Au menu des échanges, la très cruciale question de l’autofinancement, gage de son entière indépendance.
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07/03/2017 - 16:05
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

C’est une question essentielle pour l’Union Africaine. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement souhaitent parvenir à financer eux-mêmes l’organisation afin de rompre enfin avec cet assistanat venu des bailleurs de fonds chinois et occidentaux. Parvenir à cet objectif permettrait à l’U.A d’être véritablement autonome et indépendante. Car, comme le dit fort à propos le Président Ivoirien Alassane Ouattara, « Nous ne pouvons pas dire aux bailleurs de fonds non africains, nous sommes autonomes et leur dire dans le même temps, donnez-nous votre argent ».

En fait, la question avait déjà été officiellement soulevée et examinée en juillet 2016 lors du Sommet de Kigali. L’idée avait alors été impulsée par le Président en exercice de l’UA, le Guinéen Alpha Condé, et examinée par le Comité pour la Réforme de l’UA, présidée par le Président Rwandais Paul Kagamé. La nécessité d’une telle réforme n’est plus à démontrer, car, la dépendance financière pose un véritable problème de fond. « Le problème actuel, c’est que nous avons un financement qui, si vous me le permettez, fait honte à nous africains », a confié à RFI le ministre togolais des affaires étrangères, Robert Dussey. « Plus de 80% de nos financements viennent des bailleurs de fonds non africains. Ce n’est pas normal quand on veut prendre en main son propre destin, de se faire financer par les autres. Ce qui fait que dans les décisions la plupart du temps, les décisions sont influencées par les donneurs, ceux qui nous financent », poursuit le ministre.

C’est donc pour remédier à cette situation embarrassante qu’il a été proposé il y’a un an, au sommet de Kigali, une solution de financement. Il s’agit de la mise en place d’une nouvelle taxe de 0.2 % à prélever sur tous les produits non africains qui sont importés sur le continent. Une mesure qui pourrait permettre à terme, et si elle était définitivement adoptée de financer 80 % des activités de l’Union Africaine. Mais encore faudrait-il qu’elle fasse consensus. C’est la raison pour laquelle elle a été programmée à l’ordre du jour du sommet qui s’ouvre ce lundi.

En effet, tandis que 15 d’Afrique de l’Ouest prélèvent déjà cette taxe à l’importation au profit de la CEDEAO, l’organisation sous-régionale, d’autres pays y sont encore réticents. C’est le cas notamment de l’Afrique du Sud, du Nigéria, de l’Egypte ou encore de la Tunisie. La mesure doit donc à nouveau être discutée afin d’en présenter tous les contours.

A côté de ce point, d’autres sujets tout aussi cruciaux sont à l’ordre du jour de ce 29ème sommet. Placé sous le thème « Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse », la jeunesse sera évidemment au centre des échanges. Au lendemain de la réunion du G5 Sahel, la sécurité au Sahel et partout en Afrique sera également au menu des discussions, et plus globalement, la réforme de l’Union Africaine.

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