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Lutte contre le terrorisme : Idriss Déby « Si rien n’est fait, le Tchad sera malheureusement dans l’obligation de se retirer »

Le président tchadien a accordé un entretien aux médias RFI, TV5 et le journal Le Monde. Terrorisme au Sahel, G5 Sahel, Boko Haram, Françafrique, Franc CFA, Idriss Déby Itno a abordé un large éventail de sujets. Extraits d'un entretien sans détours...
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06/26/2017 - 12:42
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

Alors que son pays fait face à une « situation économique et financière dramatique », liée à la chute des cours du pétrole, le président tchadien met en garde la communauté internationale. « Le Tchad est un petit pays qui n’a pas de moyens (…) ; il est donc du devoir de tous ceux qui ont plus de moyens de l’aider sur le plan militaire, matériel, logistique, financier », a-t-il déploré. Car en effet, le président Déby estime que son pays a fourni suffisamment d’effort, quasiment tout seul, dans la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne. Il indique que « le Tchad a déboursé sur ses propres ressources, plus de 300 milliards de FCFA pour la lutte contre le terrorisme sans un soutien quelconque de l’extérieur ». En effet, les troupes tchadiennes sont déployées au Mali (dans le cadre de la Mission des Nations Unies, soit 1400 hommes), au Cameroun, au Nigéria et au Niger (dans le cadre de la Force Multinationale Mixte chargée de lutter contre Boko Haram). A cela s’ajoute les troupes qui ont été déployées en Centrafrique, et celles chargées de surveiller les 1400 km de frontière avec la Lybie en pleine instabilité sécuritaire. « Nous sommes arrivés au bout de nos limites (…) tout ceci coute excessivement cher, et si rien n’est fait, le Tchad sera dans l’obligation de se retirer », conclut-il laconiquement.  

« Depuis notre intervention au Mali, au Cameroun, au Nigéria et au Niger, personne ne nous a soutenu sur le plan financier », regrette-t-il. Appelant ainsi les bailleurs de fond à contribuer au financement de ces opérations. D’autant plus que l’ONU vient de voter une résolution autorisant le déploiement d’une force anti-terroriste baptisée G5 Sahel et regroupant le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Idriss Déby ne voit justement pas comment son pays, qui traverse une grave crise économique, pourra financer le déploiement de 2000 hommes dans cette Force, en plus des missions où ses troupes interviennent déjà, notamment au Mali où ils sont 1400 hommes sur le terrain. « Même si les financements arrivaient, il y’a un choix à faire », estime le dirigeant. Interrogé sur un probable planning de retrait de ses troupes, le président tchadien évoque la période fin 2017 – début 2018.

Outre les questions sécuritaires, les journalistes ont également interrogé l’homme fort de Ndjamena sur les questions liées à la Françafrique et au Franc CFA. Le moins que l’on puisse dire, ‘est qu’il a des positions plutôt claires et tranchées.

Sur la question de la Françafrique, le président tchadien a dit vouloir que les relations avec la France soient toujours excellentes.  Avant de préciser la nécessité de couper ce cordon qui lie toujours l’ancienne Métropole à ses anciennes colonies d’antan. « Nous estimons que les questions de "pré carré", de "Françafrique" doivent être arrêtées. Nous ne pouvons plus avoir des relations de maitre à élève ou de maitre à sujet », a-t-il dit aux journalistes français.

Concernant le Franc CFA, il s’exprime avec la même verve : « Il faut que les 14 pays restent regroupés et qu’ils renégocient pour que le trésor français ne nous gère plus. C’est à nous de gérer notre monnaie, avec notre banque centrale », a déclaré le président tchadien Idriss Déby Itno.

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