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Cameroun : Bientôt des postes de péages routiers électroniques

Les pouvoirs publics annoncent la construction de 14 postes de péage automatiques sur la triangulaire Yaoundé – Douala – Bafoussam.
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09/12/2017 - 14:32
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

La volonté affichée du gouvernement camerounais est de stopper, ou tout au moins diminuer les pertes enregistrées par les postes de péages depuis leurs créations en 1994. A 500 FCFA le passage, le ticket du péage routier fait l’objet de malversations financières en tout genre. Les pouvoirs publics veulent donc prescrire un remède définitif à ce mal en construisant 14 postes de péage sur certains axes bitumés du pays.

En effet, comme pour tout ce qui est des finances publiques du pays, la situation est alarmante et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur 45 postes de péages seuls 14 produisent des bénéfices. Les postes de péage routiers du Cameroun, gangrènent les finances et leurs recettes font l’objet de constants détournements de fonds.

L’Etat espère donc trouver une solution par la voie de la technologie. Caméras de surveillance, centralisation des données, contrôle des plaques d’immatriculation, autant de mesures qui seront prises pour rentabiliser nos tronçons routiers.

Selon le Fonds Routier, les pertes enregistrées en 2016 par le péage routier s’élèvent à 4 milliards de FCFA. Rien de bien surprenant quand on sait qu’entre 1995 et 2007, une dizaine de points de péages faisaient gagner à l’Etat 5 milliards de FCFA par an. Seulement, les chiffres des années qui suivent sont plombés par des détournement qui obligent les autorités à prendre des mesures avec le remplacement du Comité Interministériel, jusque-là en charge de péages par le Programme de Sécurisation des Recettes Routières (PSRR). Entre temps, le nombre de postes de péage augmente en même temps que le parc automobile national et l’on est alors en droit d’attendre une hausse des chiffres. Mais en 2012, il est établi que les responsables du PSRR ont détourné plus de 600 millions de FCFA grâce à la vente de tickets parallèles. Naissance de l’affaire de détournement de fonds Guillaume Mankollo Ekomba

Il faut tout de même noter qu’en 2009 déjà, face aux malversations, le Conseil National de La Route (Oui, un autre organisme dédié aux routes au Cameroun), avait attiré l’attention du ministre de transports de l’époque sur l’urgence de la situation. Celui-ci avait alors proposé la construction de postes de péage électronique. Ce n’est donc qu’en 2016 qu’Emmanuel Nganou Djoumessi, Ministre des Travaux publics, lance un avis d’appel d’offre pour répondre à cette demande.

A ce jour, cinq groupements d’entreprises internationaux ont été présélectionnés dans le cadre du financement, la conception, la construction, l’équipement, l’exploitation et la maintenance de 14 péages routiers automatiques au Cameroun. Il s’agit de Vinci des consortium français Highways/Sogea Satom/Vinci Concession et Razel-Bec/Société Egis projects ; des consortiums indien et anglo-saxon Dsc Group/India-Africa-UK-USA ; et le consortium panafricain Groupe Five/Intertoll Africa Limited.

Cette mesure qui sera mise en place par le canal du Partenariat Public-Privé, viendra, on espère clore le chapitre des années noires du péage routier au Cameroun.

©Joël TSANGA

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