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Enquête: Entreprises nationales et faiblesse de l'économie.

L’un des moteurs au développement économique d’une nation et clé de voûte de la puissance d’un Etat, est sans aucun doute le facteur entrepreneurial. Les entreprises du secteur privé au Cameroun sont responsables à plus d’un titre, de l’économie fruste du pays et partant, l’échec d’un progrès...
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05/10/2017 - 12:42
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Tobie-Rodrigue Atangana
Journaliste

L’un des moteurs au développement économique d’une nation et clé de voûte de la puissance d’un Etat, est sans aucun doute le facteur entrepreneurial. Les entreprises du secteur privé au Cameroun sont responsables à plus d’un titre, de l’économie fruste du pays et partant, l’échec d’un progrès social souhaité et voulu par tout un peuple. Une enquête réalisée depuis février 2017 chez Express Union Transfert d’Argent, rend-compte des pratiques hors normes, par rapport au fonctionnement général des entreprises. Créée en 1997 par ALBERT KOUINCHE ex-employé du Crédit Foncier du Cameroun et actuellement député à l’Assemblée Nationale, Express Union est dépositaire d’une assise tribale. Complètement aux antipodes des objectifs d’une entreprise dont la vocation première est l’augmentation de son capital, par le truchement des compétences et des moyens de compétitivité, Express Union creuse son lit tel un volcan, sur des perspectives politiques de segmentation et de désagrégation de la nation qui la porte, par la négation de son caractère indivis.

Les nouveaux outils de transfert d’argent connus sous les formes mobiles et qui constituent une menace de mort pour Express Union, est la résultante d’une alchimie organisationnelle, faite à la fois de népotisme et d’exclusions plurielles. Express Union a 23 directions toutes occupées par un personnel dont on a du mal, à circonscrire l’intelligence ayant présidé à son choix, par le fondateur ALBERT KOUINCHE. En tout cas, ce choix n’obéit aucune règle de gouvernance correspondant à la réalité socioculturelle du Cameroun, ni même à aucun indice reflétant le caractère dynamique des entreprises qui intègrent en leur sein, des variables composites de supra étatisme. En un mot, tous les directeurs des 23 directions d’Express Union sont de la seule région de l’Ouest. Aucun ressortissant étranger pour marquer des velléités d’une multi nationalité n’est admis dans la structuration et l’organisation de l’entreprise. Malheureusement, ceux qui occupent ces postes prestigieux n’ont pas pu anticiper la concurrence qui frappe de plein fouet le domaine réservé au transfert d’argent et tente d’opposer une banque route à Express Union, tout comme à d’autres entreprises nationales de même type et conçues sur des fondements d’exclusions sociales.

Le transfert mobile d’argent a pourtant fait l’objet des préoccupations d’Express Union sans que l’on assiste à sa matérialisation concrète. Le népotisme tribalistique a aveuglé l’entreprise au point de s’autodétruire en détruisant par la même occasion, les attentes de tout un peuple. « Il y a deux catégories d’agents à Express Union : ceux qui travaillent beaucoup sans salaire conséquent et ceux qui font partie de la famille du « Big Boss » avec des salaires costauds » lance un agent de l’entreprise voilant à peine son malaise. Pour lui, ceux qu’il appelle les privilégiés de l’entreprise sont tout le temps en mission fictives où ils dépensent impunément les fonds de l’entreprise. Un autre agent mezza voce et plus prolixe du sort réservé à la catégorie du personnel marginalisée de l’entreprise laisse entendre : « il existe ici chez nous, des augmentations de salaires et promotions à tête chercheuse. Des agents chargés de l’administration de l’entreprise qui subitement assurent le nettoyage des latrines, ne sont pas concernés par ces augmentations et promotions. » À l’occasion de la célébration de la fête du travail du 1er Mai 2017, les pagnes prévus pour la circonstance, ont été vendus aux travailleurs comme aux célébrations des années antérieures. Pourtant, ces pagnes sous d’autres sphères professionnelles au Cameroun, sont acquis gratuitement avec pour bonus des frais de couture. Les agents défavorisés de l’entreprise Express Union, sont le parent pauvre des agents dont la vie professionnelle est un long fleuve tranquille. Chaque jour pèse sur eux le risque d’être affecté aux zones les plus enclavées du pays sans aucune forme de compensation, comme si c’est à eux seuls de faire les frais d’une absence presque triade de l’Etat dans ces milieux. Les femmes sont les plus vulnérables. Elles voient leur contrat résilier une fois enceinte. Le motif joint à un tel licenciement est qu’elles retardent le travail dans leur état de grossesse. Toute cette maltraitance en milieu professionnel se déroule sous le nez des pouvoirs publics qui semblent entretenir des rapports occultes avec les chefs d’entreprises. Ces rapports sont parfois le fait de la corruption, ou alors des rapports d’intérêts où ces derniers possèdent des parts dans les entreprises de façon que, les chefs de ces entreprises, ne sont que des faibles maillons de la chaîne ou simplement des prête-noms. Quand on voit d’où est parti ALBERT KOUINCHE on peut s’interroger sur l’origine de son capital au moment de la mise en œuvre de son entreprise. Express Union est l’univers des paradoxes le DG pour des jeux de tombola offre gratuitement des véhicules de luxe aux personnes alors que ses propres employés tirent le diable par la queue. Nos entreprises doivent être à la fois humanisées et rationalisées si on veut sauver notre économie.

Tobie-Rodrigue Atangana

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