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Franc CFA : Pas de dévaluation en vue, assure le Gouverneur de la BEAC

Abbas Mahamat Tolli l’a martelé au cours d’une conférence de presse tenue ce mardi 11 juillet 2017 à Yaoundé. Le Gouverneur de la BEAC estime qu’au vu de la situation macroéconomique actuelle de la CEMAC, les rumeurs récurrentes sur la dévaluation du Franc CFA sont infondées.
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07/12/2017 - 15:47
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

Au sortir du Comité de politique monétaire de la BEAC tenu ce mardi 11 juillet 2017, les responsables de l’institution étaient face à la presse. Prenant la parole devant les hommes de médias, le Gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli s’est voulu rassurant. « Les rumeurs sur une dévaluation du Franc CFA sont récurrentes et infondées », a-t-il déclaré. Conscients de ce que ces rumeurs surviennent fréquemment depuis la dévaluation de 1994, le Gouverneur s’est appuyé sur quelques chiffres comparatifs pour établir la différence entre la situation conjoncturelle des années 90 et celle actuelle de la zone CEMAC.

Lancé donc dans une étude comparative et se voulant démonstratif, il a sorti quelques chiffres clés. « En 1993, le taux de croissance était de -0,3% dans la zone, alors que les prévisions de 2017 sont de 0,4%. Le taux d’investissement se situerait entre 23,5% contre 18,8% avant la dévaluation. Le déficit budgétaire, base des engagements hors dons, s’établirait à 3,5% contre 9,7% du PIB en 1993 », a-t-il précisé. En outre, le Gouverneur poursuit ses comparaisons avec le taux de couverture extérieure de la monnaie, probablement stabilisé en 2017 autour de 60% contre 14,8% avant la dévaluation de 1994.

Selon les chiffres de la BEAC donc, suivant les indications des données monétaires, économiques et financières actualisées de l’année 2017, l’on table sur une légère hausse de la croissance avec un taux de 0,8% en termes réels. De plus, la BEAC relève une atténuation des tensions inflationnistes, avec un taux de 1,6% à la fin de l’année. Tandis qu’elle observe un recul du déficit budgétaire à -3,5% du PIB en zone CEMAC. Ces données donnant en valeur absolue, une réserve officielle équivalente à 2800 milliards de francs, soit l’équivalent de 2,1 mois d’importations de biens et services. On peut donc observer un réel gap avec les quelques 165 milliards équivalents à 1 mois d’importations en 1993. Surtout que, dans le même temps, le compte d’opération de la BEAC auprès du Trésor français serait excédentaire de 2600 milliards de Francs CFA, tandis qu’à la fin de l’année 1993 il était déficitaire de 76,6 milliards de Francs CFA.

Au demeurant, même si Abbas Mahamat Tolli a reconnu que la conjoncture actuelle n’est pas au beau fixe, il a tout de même tenu à conclure que « sur la base de tout ce qui précède, aucun facteur objectif aujourd’hui ne plaide en faveur d’une dévaluation de la monnaie dans la CEMAC ».

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