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Quand les camerounais soupçonnent l’endettement de leur pays

Les soutiens financiers apportés au Cameroun depuis les années 70 par les Institutions de Breton Wood, les clubs de Paris de Londres, de Rome et j’en oublie, ne l’ont pas empêché de rester durablement dans l’ornière économique. 
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07/04/2017 - 17:03
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Tobie-Rodrigue Atangana
Journaliste

Le récent prêt accordé par le Fonds Monétaire International à l’Etat du Cameroun peut-il relancer l’économie du pays dans le sens de la croissance ? La réponse évidente à cette question est affirmative à la fois sur un plan théorique et pratique ; l’apport des fonds étant traditionnellement source de mobilisation sur différents théâtres d’une part et de l’autre sur le plan pratique, le plan Marshall a permit aux économies des pays européens de s’affirmer comme des partenaires égaux aux Etats Unis d’Amérique. Dans le cas spécifique du Cameroun, la facilité qu’on aurait à répondre à cette question par l’affirmative ou non, pose un autre problème : celui de la rationalité ou du moins du sérieux que l’on a, lorsqu’on est amené à résoudre une équation d’importance ; le Cameroun n’étant pas à sa première expérience d’endettement auprès des différents clubs financiers d’Europe, d’Amérique voir d’Asie. Les soutiens financiers à lui apportés par les Institutions de Breton Wood, les clubs de Paris de Londres, de Rome et j’en oublie, ne l’ont pas empêché de rester durablement dans l’ornière économique. Pourtant, cette triste réalité ne doit pas nous amener à conclure sur une implacable économie fruste au sujet du Cameroun à peine d’être fataliste. La créativité, le goût des initiatives et la quête permanente de l’expansion trouvés chez les individus et les multinationales, demeure un atout majeur pour modifier le paysage économique des Etats à court, moyen ou à long terme.

Toutefois, le Cameroun ne développe pas son économie pour deux raisons à mon sens : l’élite nationale ne connait pas son économie et par conséquent, elle se méprend sur sa structuration en se constituant par la même occasion, comme le nec plus ultra de la menace qui pèse sur elle. La deuxième raison du marasme économique camerounais est la qualité de sa structure sociale encore en situation. Les hommes et les femmes qui composent le tissu social camerounais manquent cruellement d’orientation symbolique et ignorent le rôle que doit jouer chaque individu à l’intérieur d’une communauté vivante. Avant les financements internationaux, il faut retravailler les hommes et les femmes camerounais en s’interrogeant sur l’esprit de l’avant-garde. Avant-garde qui dès 1971 a endetté le Cameroun à plus de 260,3 millions de dollars. Une dette qui a augmenté jusqu’aux années 2000.

En septembre 2000, la dette extérieure du Cameroun s’élevait à 7802 millions de dollars. Force est de constater que cet endettement massif a servit très peu à booster la croissance. L’écrasante majorité des camerounais vivant perpétuellement avec moins d’un dollar par jour. L’une des pistes explorées et attestant de la fantaisie dans le système de l’endettement des pays en voie de développement est que, pour lutter contre l’expansion Russe des années du communisme, les américains ont prêté aux dirigeants africains d’énormes sommes d’argent dont la destination n’avait rien à avoir avec l’investissement, mais a contrario de simples récompenses aux individus dont le remboursement allait être fait par les contribuables, c’est-à-dire les caisses publiques. Dans cette perspective on peut comprendre pourquoi les dettes des pays africains n’ont jamais servi la cause de développement.

 ©Tobie-Rodrigue Atangana

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