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Phatal EBODÉ : "J'ai regardé l'émission “100% PRÉSIDENTIELLE” Sur la CRTV."

Phatal EBODÉ, chroniqueur Socioculturel, partage avec cameroun-online, son avis sur l'émission "100% Présidentielle" diffusée le 21 Août 2018 sur la CRTV. Débat animé par Aimé Robert Bihina et qui opposait Cabral LIBII (candidat du parti UNIVERS) à Benoît NDONG SOUMHET (réprésentant du Président...
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08/23/2018 - 08:19
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Christine MBENGONO
rédactrice Cameroun-online
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D’entrée de jeu, le candidat à l’élection présidentielle 2018 du parti UNIVERS, Cabral LIBII fait montre d’une fermeté  et d’une autorité face à Benoît NDONG SOUMHET, secrétaire d’État auprès du ministre de l’éducation de base et conseiller du secrétaire général du R.D.P.C, le débat promet d’être vif. 
 
M. LIBII aurait souhaité débattre avec Paul BIYA président sortant et candidat à sa propre succession, malheureusement en vacances en pleine période électorale (j’y reviendrais). 
 
M. le Ministre reste imperturbable dans une sérénité ecclésiastique, le débat commence avec les grands axes des problématiques qui minent le Cameroun dans une convivialité et d'une élégance intellectuelle.
 
M. SOUMHET se surprend même à faire les éloges de son débatteur du jour en le qualifiant de brillant. Pour démontrer sa maîtrise du terrain et du fonctionnement de l’État, le candidat évoquera des descentes sur le terrain, des chiffres, des dates, des articles de droit et des chiffres des sondages que le conseiller balaie d’un revers de la main, les qualifiant de fantaisistes et qualifiant le candidat par la même occasion "d'inexpérimenté et trompeur". Au tour du candidat de rétorquer en accusant le parti au pouvoir d’immobile et lent face aux questions d’applications de la loi sur la régionalisation adoptée depuis 1996 ce qui, selon lui serait l’une des causes majeures de la crise anglophone, il parlera également de la négligence et la surexploitation de l’armée. Il accusera le président du parti au pouvoir de laxisme en ces termes : « Président de tout mais responsable de rien. » Ce jeu d’accusation va se poursuivre tout au long du débat, la sérénité et l’élégance du début vont s'estomper peu à peu, l’ancien directeur de l’ANAM dira qu’on ne sort de nul part pour diriger un pays et que l’alternance serait programmée 40 ans à l’avance en France. Accusé de lenteur sur le problème de la régionalisation, il dira que même les États Unis en ont toujours plus de 300 ans après la loi sur la fédération de ses États. Il parlera également de politique comme étant un exercice de force. Au tour du candidat d'évoquer trois pays Africains qui en ont appliqué les leurs en moins de 20 ans, néanmoins les deux Hommes politiques s’accordent sur le non désarmement de l'État. L’émission tire à sa fin et c’est le moment pour le journaliste et modérateur du jour R. BIHINA de demander le mot de fin en commençant par le candidat ; à celui-ci de demander à avoir le mot de fin en tant qu’unique candidat présentsur le plateau plateau, ce qui lui sera refusé. Il conclura par les grands axes de son programme et son inenvisageable défaite le 07 Octobre prochain. Au tour du conseiller ; ce denier insistera sur l'inexpérience du candidat en évoquant son "ingérence de l’épicerie du CAMPUS qui aurait fait faillite moins d’un an après sa nomination à la tête de celle-ci", le candidat réfute cette accusation en évoquant les raisons de son licenciement dûes plutôt au fait de son affectation de l’Université de Yaoundé-2 (Soa) pour l’IRIC, il affirme même avoir reçu un prix pour sa bonne gérance.
Fin du débat. 
 
MON AVIS.
 
Tout d’abord, je pense que ce débat n'avait vraiment pas lieu d'être à la mesure où l’un des candidats était absent, ensuite, j’ai observé l’incapacité du représentant de ce dernier à défendre le moindre bilan, il n’a, en aucun moment évoqué un projet de société ce qui ne joue pas beaucoup en sa faveur, il était question ici de défendre un bilan et d'y présenter un projet de société allant sur la durée du septennat, il a plutôt sombré dans l’arrogance et le mépris frisant l’invective vis-à-vis de son interlocuteur, laissant paraître un zeste de confiscation du pouvoir et l’exercice du pouvoir central. Quant à M.LIBII, je pense qu’il devrait davantage travailler sa communication politique, et son sang froid, il devrait aussi définitivement quitter du statut de bon élève à celui de leader politique. Je peux comprendre que tout ceci lui soit tombé sur la tête de manière improbable et que du fait qu’il bénéficie du soutien d’une certaine jeunesse lui met beaucoup de pression sur les épaules, mais il est question ici de la destinée de tout un pays et pour en être à la hauteur, il faut savoir faire preuve de sérénité et de beaucoup de hauteur. Il devrait revoir ses postures et son langage à chacune de ses sorties publiques, il faudrait également qu’il soit plus ferme et convaincant sur ses prises de position et de paroles et non juste dans la démonstration de son savoir, tous ces éléments sont très importants en communication. Qu’il sache que son audimat n’est pas toujours académicien il y'a aussi la masse et c’est cette masse qui vote. OK! Candidat suivant, point final !
 
©Phatal EBODÉ, chroniqueur socioculturel