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Cameroun : Grande frayeur autour de la disparition de 3 Jeunes à Bamenda

La disparition depuis six mois, de trois des jeunes anglophones arrêtés en octobre dernier, reste jusqu’ici inexpliquée
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12/03/2018 - 12:03
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online
Photo d'illustration (c) AFP

voilà une énième controverse qui risque de raviver la flamme de la crise anglophone alors que le gouvernement a déjà fort à faire avec les groupes armés sécessionnistes qui ont entrepris depuis fin 2017 de prendre les armes pour donner le change aux forces de défense gouvernementales qui jusqu’ici avaient mené une répression impitoyable contre les sécessionnistes d’Ambazonie avec des civils anglophones qui souffrent au milieu, comme on dit chez nous : « quand les éléphants se battent c’est les herbes qui souffrent ».

Quoique la marche n’ait pas prospéré, c’est à une véritable tentative de démonstration de force que l’on a assisté à Bamenda le week-end dernier avec la sortie dans la rue de centaines de femmes qui entendaient non seulement manifester leur solidarité de mères aux parents des trois disparus d’octobre 2017 à Bamenda, mais surtout, protester contre les enlèvements par les forces spéciales de l’armée camerounaise de personnes soupçonnés d’adhérer aux thèses sécessionnistes.  

Il faut dire qu’avant d’en arriver à cette démarche désespérée et suicidaire d’une marche de protestation par ces temps où il ne fait pas bon de montrer qu’on n’est pas d’accord avec le gouvernement dans les zones anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest où tout le monde est presque considéré comme sécessionniste, des familles ont à de nombreuses reprises approché les autorités administratives et sécuritaires, pour savoir quel sort avait été réservé à quelques-uns de leurs enfants arrêtés à Bamenda au lendemain de la proclamation symbolique d’indépendance le 1er octobre 2017 par les sécessionnistes de la "République fédérale d’Ambazonie".  

Ont-ils été eux aussi victimes d’exécutions extrajudiciaires comme le prétendent leurs familles et connaissances ? Se sont-ils évadés comme le prétendent les autorités qui ne cessent depuis de dire à leurs familles que des enquêtes ont été instruites pour faire la lumière sur ces disparitions ? Difficile de dire avec exactitude ce qu’il en est.  

Toujours est-il que depuis leur arrestation à Bamenda par des éléments du Bataillon d’Intervention Rapide de l’armée lors de la manifestation pacifique au rond-point de l’hôpital régional,  nul ne sait ce que sont devenus Shey Lucas,  Tepongmo David, et Ayaba Jonas.  

Certains de leurs compagnons d’infortune rencontrés au Tribunal militaire de Yaoundé à l’occasion des procès des activistes anglophones disent ne pas en savoir plus. Tout au plus, l’un d’eux avoue-t-il à notre reporter qu’après avoir été soumis à des tortures inqualifiables, les trois quidams avaient été emmenés quelques jours après leur arrestation  pour être exploités par un de leurs geôliers, pour être exploités loin des autres, parce qu’ils étaient accusés, en plus d’avoir participé à une manifestation illégale, d’être des agents de renseignements à la solde de l’ennemi sécessionniste, que d’accusations sans preuves.  

Depuis ce jour-là, nous n’avons pas revu Lucas,  David et Jonas. Il est sûr après renseignement que le jeune David avait aussi une vie tranquille avec une femme et deux enfants en bas âge, et ne pouvait pas se laisser aller à une telle aventure, au point de ne pas faire signe de vie depuis plusieurs mois. »   Son opinion est certes battue en brèche par une autorité militaire qui affirme : « Nous n’avons aucun intérêt à tuer des gens aussi dangereux sans les avoir produits devant des tribunaux pour qu’ils dénoncent leurs complices et donneurs d’ordre. Les anglophones voient des exécutions sommaires partout ».  

Qui croire donc dans cette ambiance confuse d’accusations alarmées et de dénégations vives, alors que des manifestations de masse sont en train de se préparer pour exiger que la lumière soit faite sur le sort des trois disparus de Bamenda, et risque d’avoir la même ampleur que celle des 9 disparus de Bépanda à Douala en 2001 ?

Croisons les doigts en espérant que le gouvernement saura intervenir à temps pour désamorcer cette autre bombe, car à ce jour plusieurs personnes fuient les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest pour soit rejoindre les autres zones calmes et paisibles du pays soit fuir dans les pays voisins ou même chercher carrément refuge en occident. Où peut bien être ces trois jeunes ? Ont-ils trouvé refuge hors du pays ? Ces questions nous nous les posons.

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