Onglets principaux

Politique

Bombardement par erreur au Nigéria : une justification de convenance.

Le haro des secours humanitaires après le bombardement dit par erreur de l’armée nigériane d’un camp de déplacés dans le Nord- Est de l’Etat de Borno, QG du groupe terroriste Boko Haram, semble s’inscrire en faux contre le caractère erroné des frappes du 17 janvier 2016 au matin.
1 lectures aujourd'hui
1,798 vues
01/18/2017 - 11:07
0
Tobie-Rodrigue Atangana
Journaliste
Bombardement par erreur au Nigéria : une justification de convenance.

Les bombardements des installations humanitaires par les forces régulières des armées deviennent monnaie courante et attirent l’attention.

Le 03octobre2016 à Kunduz en Afghanistan, un hôpital tenu par Médecins sans frontières est frappé par l’armée américaine. Le bilan est de 42 personnes tuées et 37bléssés. Le gouvernement américain parle d’erreur. Un peu plutôt le 15 février de la même année, un hôpital des MSF en Syrie est la cible des frappes de la coalition Syro-Russe.  

Ce bombardement est caractérisé par la notion d’erreur. Au Nigeria, la même et unique raison revient comme un balancier. Le camp de déplacés du Nord-Est du pays a été frappé par erreur. Au-delà des soupçons qui commencent à peser sur la justification unique des frappes sur les dispositifs humanitaires, le caractère neutre de ces structures qui ne transigent pas avec le droit humanitaire, devient tout aussi suspect.

Cette position tranchée, rend improbable la collaboration entre les armées et les secours humanitaires dans la lutte contre le terrorisme. Les secours humanitaires sont enclins à la mise en accusation durable des forces de sécurité pour violation des droits  de l’homme, tandis que les armées sont tentées de voir dans les camps de secours humanitaires, des abris privilégiés des délinquants qui ne courent aucun risque de dénonciation. Cette démarche méthodologique d’interprétation des rapports entre les forces humanitaires et les forces  armées des nations, invalide la thèse du bombardement par erreur des installations humanitaires.En temps de guerre, la seule justification d'un acte susceptible d'être qualifié de crime de guerre est l'erreur ou l'évocation à décharge de la notion de dégâts collatéraux.

Étiquettes: