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Cameroun : Regain de tension dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest

Depuis ce vendredi 22 Septembre, des marches de protestations, accompagnées d’actes de violence et de vandalisme ont émaillé ce weekend. La crise anglophone prend une tournure plus grave.
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09/25/2017 - 15:26
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

Ils ont été des milliers à descendre dans les rues de Bamenda, Buea, Mutenguene, Kumba etc…Des ressortissants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, des personnes du troisième âge ont pris part à ces marches de protestation pacifique à partir de ce vendredi 22 Septembre. Les uns brandissant « l’arbre de la paix » (une plante considérée au Cameroun comme symbole de paix et de dialogue), les autres arborant des drapeaux ou insignes aux couleurs bleue et blanche de la frange sécessionniste de ces manifestations.

L’objet de leurs revendications est clair pour les uns comme pour les autres. D’une part, ils réclament la libération des leaders des mouvements anglophones encore détenus, ainsi qu’un dialogue national pour une gestion plus inclusive du pays ; d’autre part, on réclame la partition du pays, pour créer la fameuse République d’Ambazonie. « Nous voulons notre indépendance. Trop c’est trop, les anglophones ne sont pas vos esclaves. Nous sommes prêts à mourir pour notre liberté », crient-ils avec emphase et détermination.

Ce vendredi dans les rues des villes et villages de Muyuka, Kumbo, Bamenda, Buea, Les positions sont tranchées, les cortèges sont fleuves, et les forces de sécurité et de défense encadrent les manifestations afin de maitriser la situation. Ce qui n’empêchent tout de même pas quelques heurts, débordements et autres actes de vandalisme.

Bilan provisoire de ces manifestations : deux morts à Buea et Bamenda, ainsi que d’importants dégâts matériels. En attendant la confirmation par un bilan officiel des autorités camerounaises, quelques faits témoignent des débordements. Notamment l’attaque de la résidence du Maire de la commune de Buea, Patrice Ekema. Ce dernier a vu sa résidence et ses véhicules essuyer des jets de pierre de la part de certains manifestants qui ont laissé son domicile dans un piteux état. Dans la localité de Batibo, le sous-préfet aurait également été pris à partie par les manifestants, qui l’ont obligé à déclarer qu’il est pour la création de l’Etat d’Ambazonie.

Plus loin, à Kumba, le palais du chef Fon Mukete encerclé par des manifestants. Dans le même temps, des brigades de Gendarmerie pris d’assaut par des vandales qui ont incendiés et détruit des véhicules de police et de gendarmerie. De leur côté, les forces de l’ordre ont procédé durant tout le weekend à des interpellations. Samedi et Dimanche, des marches pacifiques ont continué dans quelques localités de ces deux régions.

Assurément, la crise anglophone au Cameroun prend une autre tournure. Vivement que des mesures favorisant une désescalade soit prises. En tout état de cause, un cadre national de dialogue concerté semble s’imposer pour déterminer les solutions de sortie de crise.

  

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