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Pourquoi le rapport de l’ONU choque les camerounais

Courant juin 2017, Antonio Gutteres publie le rapport annuel des Nations Unies sur l’Afrique Centrale avec une emphase sur la gestion des flux des réfugiés nigérians par les autorités camerounaises qui selon l’ONU imposent des retours forcés aux migrants et surtout administrent un traitement...
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06/20/2017 - 13:38
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Tobie-Rodrigue Atangana
Journaliste

Courant juin 2017, Antonio Gutteres publie le rapport annuel des Nations Unies sur l’Afrique Centrale avec une emphase sur la gestion des flux des réfugiés nigérians par les autorités camerounaises qui selon l’ONU imposent des retours forcés aux migrants et surtout administrent un traitement inhumain aux extrémistes de la secte islamiste Boko Haram. Evoquant des procédures judiciaires objets de graves incertitudes dans le respect des droits de l’homme, Gutterès s’en insurge contre. Le moins que l’on puisse dire au sujet de ce rapport est qu’il fait l’objet d’un haro au sein de l’opinion qui condamne avec la plus grande fermeté le rapport de l’Organisation des Nations Unies. Joint au téléphone par la rédaction de Cameroun-Oline.com à ce sujet, Ibrahim Baba originaire du Logone et Chari dans la Région de l’Extrême-Nord et actuellement à Poli dans le Département du Faro Région du Nord, a perdu quatre de ses proches parmi lesquels un frère lors d’une incursion meurtrière de la secte islamiste à Fotokol le 4février 2015 au lendemain du secours de l’armée tchadienne apporté au Cameroun.

Plus de quatre-vingt personnes avaient été assassinées et une trentaine abattue dans une mosquée à l’heure de la prière. Pour Ibrahim Baba, le rapport de l’ONU sur le Cameroun traduit le degré le plus élevé de mépris du Secrétaire Général Nations Unies pour les victimes et leurs proches de la violence du terrorisme transfrontalier. « Antonio Gutteres est un homme froid. Son rapport ne prend pas en compte la douleur que nous ressentons avec la disparition tragique de nos frères, amis et connaissances du fait de Boko Haram ». Répond-t-il. Sur place à Yaoundé, le sentiment de Ibrahim Baba est partagé. C’est le cas de Tekoué Bertrand qui pense dit-il : « le rapport de l’ONU semble ouvertement encourager le terrorisme ». Siméon Abé Manga enfonce le clou et accuse sans ambages la Communauté Internationale de tirer les ficèles d’un terrorisme endémique sur les frontières du Cameroun et du Nigéria. Pour lui, la déstabilisation des territoires camerounais et nigérian hypothèque les relations commerciales entre les deux pays. Une situation qui pourrait profiter si ce n’est déjà le cas, aux pays à forte production de moyens de consommation. « Gutteres est un mercenaire à la solde des puissances occidentales » renchérit-il. Les émotions dues à des expériences douloureuses comme la mort brutale provoquée par le terrorisme, font parfois perdre la raison. On oublie que le Cameroun a ratifié le protocole facultatif se rapportant à la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Cette convention oblige les Etats signataires au stricte respect des droits de l’homme. C’est peut-être dans cette perspective que le rapport annuel de l’ONU attire l’’attention des autorités camerounaises sur leur gestion des détenus dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et les flux migratoires.

©Tobie-Rodrigue Atangana  

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