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Cameroun : Pénurie dans les banques de sang

De sources médicales, les besoins annuels en poches de sang sur l’ensemble du territoire sont estimés à 400.000. Cependant, seulement 21% de cette demande est satisfaite.
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07/18/2018 - 12:01
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

La problématique de l’indisponibilité des poches de sang sécurisées affecte beaucoup plus les femmes et les enfants. L’insuffisance de sang de qualité à transfuser conduit à de nombreux décès. Le Cameroun compte près de 43 Centres de Transfusion Sanguine (CTS) dont les activités sont reconnues et suivies par le Programme National de Transfusion Sanguine (PNTS). Dans les CTS, on soutient que la pénurie de sang à transfuser est due à la rareté des donneurs.

Chaque année, il y a environ 160.000 candidats au don de sang. On relève une prédominance des candidats au don du sang du genre masculin (82,83 %) par rapport au genre féminin (17,57 %). Les éléments qui semblent jouer un rôle significatif dans la pratique peu fréquente du don de sang chez les femmes sont entre l’anémie, l’allaitement, les réactions physiologiques, les croyances et les coutumes. 

L’homme à la perception d’être plus vigoureux que la femme. Les donneurs de sang se recrutent en fonction de l’âge. La tranche de 18 à 27 ans est la plus représentée dans la chaîne des donneurs (47,24 %). Les promesses de récompense, les pressions sociales externes (perception selon laquelle le don de sang rime avec jeunesse, aspect…) et les standards des Centres de Transfusion Sanguine poussent les jeunes âgés de 18 à 27 ans à donner le sang.

Selon le Professeur Claude Tayou Tagny du Service d’Hématologie et de Transfusion au Centre Hospitalier Universitaire (CHU), la pénurie de sang dans les banques entraîne automatiquement le marché noir du sang à transfuser. Les mauvaises conditions de vie, le faible niveau de scolarisation de la population et le problème culturel font obstacle au don de sang dans l’Extrême-Nord, le Nord, l’Adamaoua et l’Est.

Les Baya dans la région de l’Est pensent que la transfusion de sang véhicule les péchés. Dans le septentrion, les populations se réfèrent aux chefs religieux. La transfusion sanguine aide à sauver des millions de vies chaque année. Dans le contexte camerounais, il est important de vulgariser la pratique du don de sang, de centraliser les collectes, de former les agents de santé en techniques transfusionnelles, de mettre en place un logiciel de collectes de données et d’équiper les CTS.

Lucien Embom   

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