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Grève des médecins : Le Ministre de la Santé André MAMA FOUDA estime que le SYMEC (Syndicat des Médecins) est un syndicat illégal.

André MAMA FOUDA a adressé ce jeudi 13 Avril 2017, une lettre-Circulaire aux directeurs des hôpitaux et Chefs des Centres de santé pour désamorcer la grève des médecins annoncée à partir de ce lundi 17 Avril 2017.
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04/17/2017 - 13:58
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

Le Symec s’est quant à lui fendu d’un communiqué ce samedi 15 Avril pour mettre en garde les autorités contre le risque de radicalisation.

Le Syndicat des Médecins camerounais (SYMEC) avait annoncé une grève générale des médecins du 17 au 19 Avril 2017 dans le but selon son président, le Dr. Pierre Bassong, de « dénoncer l’attitude dilatoire et l’indifférence générale du gouvernement au sujet de leurs différentes revendications ». Revendications au rang desquelles on retrouve la revalorisation des salaires, la suspension des affectations sans salaire, et la mise en place rapide d’une assurance maladie à couverture universelle. L’annonce du mouvement de grève a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, tant et si bien que le Ministre de la Santé publique s’est très vite saisi de l’affaire. Le 27 mars 2017, il a organisé une réunion avec autour de la table les membres du SYMEC, l’Ordre des médecins, le Syndicat national des médecins privés et des représentants du Ministère du travail et de la sécurité sociale, « dans le but de mieux connaitre » le SYMEC, a-t-il expliqué le Ministre dans une correspondance adressée aux directeurs des hôpitaux et Chefs des centres de santé le 13 avril.

« Veillez à ce que tous les médecins soient présents à leurs postes de travail »

Dans cette lettre-circulaire, André MAMA FOUDA a exprimé la disponibilité des pouvoirs publics à dialoguer avec e syndicat et à prendre en compte ses propositions, à condition qu’il apporte les preuves de son existence légale. N’ayant pas reçu de documents officiels prouvant l’existence légale du SYMEC, le ministre a instruit aux directeurs des hôpitaux et Chefs des centres de santé de « bien vouloir veiller à ce que tous les médecins soient présents à leurs postes de travail avec un rendement effectif (…) »

La réaction du Syndicat…

Suite à cette tentative de dissuasion, le SYMEC s’est fendu d’un communiqué le samedi 15 avril 2017. Après avoir rappelé que le syndicat souhaite mener la grève dans le respect des autorités et de l’Etat de droit, le Dr Bassong a évoqué le fondement de la légalité du syndicat. D’après lui, elle repose à la fois sur les dispositions constitutionnelles garantissant la liberté syndicale encadrée par la Loi, mais également sur la Convention No 87 de l’Organisation Internationale du Travail (ratifiée par le Cameroun) qui stipule que « les travailleurs et les employeurs, sans distinction d’aucune sorte, ont le droit, sans autorisation préalable, de constituer des organisations de leur choix, ainsi que celui de s’affilier à ces organisations, à la seule condition de se conformer aux statuts de ces dernières ». Il a donc maintenu le mot d’ordre de grève, en demandant aux médecins d’assurer simplement le service minimum. Enfin, il a mis en garde les autorités sur le risque de radicalisation de la grève, qui se traduirait par une « annulation pure et simple du service minimum », au cas où des violences policières seraient infligées aux grévistes par les forces de l’ordre.

Nous attendons de voir si la grève sera observée dans les hôpitaux publics à partir de ce lundi 17 avril 2017, ou si les médecins s’en tiendront aux injonctions du Ministre de la santé publique.

©Michael BIYA

 

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