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Cameroun – Catastrophe d’Eseka : la surcharge du train n’a pas pu être à l’origine de l’accident ferroviaire, selon l’expert de Camrail

Au cours de son audition au tribunal le 11 mars 2018, l’expert de CAMRAIL, Jean Louis Salviat, a rejeté la possibilité que la surcharge des wagons ait pu être à l’origine de l’accident ferroviaire du 21 octobre 2016, qui avait fait 79 morts et 600 blessés. 
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04/13/2018 - 13:47
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Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

Accusé d’être le principal responsable de la catastrophe ferroviaire d’Eseka, l’entreprise en charge du chemin de fer camerounais, CAMRAIL, avait demandé une contre-expertise internationale. A cet effet, l’expert Jean Louis Salviat a été commis par la filiale du groupe Bolloré. Auditionné au tribunal le 11 mars 2018, dans le cadre du procès en correctionnelle, il a livré ses conclusions.

A en croire cet expert commis par le transporteur ferroviaire camerounais, « en aucun cas, la surcharge, si surcharge il y en avait, ne pouvait être à l’origine de l’accident », a-t-il déclaré au tribunal. D’après lui, la principale cause de la catastrophe pourrait être l’épuisement des freins au moment de l’accident.

Suivant ses conclusions, l’épuisement des freins ayant entrainé la défaillance du système de freinage, la responsabilité devrait être attribuée au constructeur des wagons et de la locomotive. Exemptant ainsi CAMRAIL, qui, d’après lui, a pris toutes les mesures de sécurité prévues.

L’expert Jean Louis Salviat impute donc au constructeur chinois CSR Nanjing, un « vice caché de fabrication », que ne pouvaient détecter ni le conducteur du train, ni la Cameroon Railways.

Pourtant, le 21 Novembre 2016, l’expert ferroviaire Benoît Assiga avait produit un rapport à charges contre la compagnie ferroviaire. Sollicité par les enquêteurs, cet expert avait constaté « la responsabilité totale et entière de la CAMRAIL » dans la catastrophe ferroviaire du 21 octobre 2016.

L’expert camerounais avait alors identifié comme principales causes, la « formation d’un convoi surchargé, en violation du tonnage et des capacités prescrites », « le freinage défaillant de 13 voitures de voyageurs, sur un total de 17 », ou encore la « non prise en compte, par la direction technique de CAMRAIL, des réserves émises par les conducteurs sur les défaillances du matériel roulant ».

Pour rappel, la catastrophe ferroviaire survenue le 21 octobre 2016, dans la localité d’Eseka, dans la région du Centre, avait fait un bilan officiel de 79 morts et 600 blessés.

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