Onglets principaux

Société

Cameroun : bastonné par des gendarmes, un taximan décède peu après

Le conducteur de taxi Mvondo Nga Charles, est décédé à son domicile, dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 mars 2018, à Yaoundé. L’infortuné venait alors d’être libéré de la cellule de la Brigade de Gendarmerie de Ngousso, où il a été molesté par des gendarmes. Bavure ?
3 lectures aujourd'hui
4,822 vues
03/20/2018 - 16:06
0
Mike Biya
Rédacteur cameroun-online

Dans la matinée de ce mardi 29 mars 2017, la circulation a été interrompue au lieu-dit, stade Omnisports à Yaoundé, juste devant la Brigade de gendarmerie de Ngousso. L’émeute a été évitée de justesse. Et pour cause, des membres de syndicats des taximen sont venus manifester leur indignation devant les locaux de ladite brigade. L’obejt de leur colère : Le décès, dans la nuit, de leur camarade, Mvondo Nga Charles (d'après le badge retrouvé dans le taxi), chauffeur de taxi dans la ville de Yaoundé.

Sur place, les témoignages indiquent que l’affaire remonte à la veille, lundi. Aux environs de 10h30, le chauffeur de taxi aurait été victime d’une panne non loin de l’entrée de la Brigade de Gendarmerie de Ngousso. Voyant son véhicule immobilisé, le chauffeur a tenté tant bien que mal de faire quelques réparations. Cependant, mal lui en prendra lorsque deux gendarmes de la brigade vont le sommer de déplacer son véhicule.

N’étant pas en mesure de déplacer son taxi, du fait de la panne, le sieur Mvondo va provoquer la colère des hommes en tenue qui vont commencer à le rouer de coups, au grand dam des riverains. « Vous allez me tuer aujourd’hui », s’écriait-il, selon les témoignages des riverains.

La bastonnade se poursuivra jusqu’à ce qu’il soit trainé dans les locaux de brigade où il a été placé enfermé dans une cellule. Libéré vraisemblablement aux encablures d’une heure du matin, l’infortuné décèdera à son domicile quelques heures plus tard.

Alertés par la famille, les membres des syndicats des chauffeurs de taxi ont organisé une descente massive à la Brigade de gendarmerie de Ngousso pour réclamer la justice face à cet incident aux allures de bavures policières.

Ce mardi matin donc, difficile, même pour les forces de l’ordre, de maitriser la foule en colère devant les locaux de la brigade. Même l’arrivée des enquêteurs (dont un colonel) de la Légion de Gendarmerie du Secrétariat d’Etat à la Défense ne va pas calmer les badauds, survoltés.

Sur place, le commandant de la Légion a tenté à son tour de calmer la foule en colère. A l'évaluation sommaire, au moins un millier de badauds étaient massés devant la brigade. Les tentatives de dispersion ont été infructueuses, tant la foule est bruyante et incontrôlable.

La situation s’envenime avec l’arrivée de la dépouille du défunt sur les lieux. L’émotion est vive, et l’indignation se fait plus grande. Au forcing, les camarades du taximan transportent son corps sans vie, et le dépose dans les locaux de la brigade. Çà et là, on s'exclame : « Quelqu'un tombe en panne, on le tue ?! »

Puis, instruction est donnée aux enquêteurs de conduire le corps dans un hôpital, afin de procéder à une autopsie, pour déterminer les causes du décès. Opposition virulente de la foule. Les tentatives de dispersion ne font qu’exacerber les tensions. « Tirez ! On ne bouge pas », lance la foule, survoltée. On est au bord de l'émeute.

Tant bien que mal, la dépouille sera acheminée vers un hôpital de la place.

Descendu sur les lieux, le sous-préfet de l’Arrondissement de Yaoundé 5, Mamadi MAHAMAT, tient un discours d'apaisement. Il prononce officiellement une garde à vue administrative des gendarmes mis en cause, le temps de diligenter une enquête. Ce qui a pour effet de calmer la foule. Place au dialogue. L’autorité administrative échange avec les représentants des syndicats, et promets que l’enquête suivra son cours normal, et que justice sera faite.

Étiquettes: